MISE A JOUR DU MOIS DE JANVIER/FEVRIER 2004

(les chroniques sont listées par ordre alphabétique...)

 

ABSENT SOCIETY "Self titled" CD démo 80/100
Metal
USA

Originaires de la Bay Area, on se rend vite compte que Absent Society a été bercé par la scène locale : la touche Machine Head (première époque) est immanquable : passages lourds, courtes envolées mélodieuses du chant menées avec talent et riffs 100% métal comme on les aime. La démo s'ouvre sur "Wasted Lives" où le groupe annonce la couleur d'entrée de jeu, au plus grand plaisir des headbangers : les influences sont bien gérées, le groupe utilise à bon escient les clichés du gros son US sans pour autant tomber dans le plagiat. Les moments calmes et mélo sont aussi très bien en place, les enchaînements sont fluides et l'ensemble fait preuve d'une cohésion sans faille. Pour couronner le tout, la production est très pro, un début encourageant ; qu'ils continuent à mettre du cœur à l'ouvrage comme ils le font et on réentendra très vite parler de Absent Society sur le vieux continent !

MattH

catalyst5150@aol.com


ABSURD CONFLICT "Promo 2003" MCD76/100
Death Metal
République tchèque

Absurd Conflict est un de ces groupe comme on a l'impression qu'il en existe des milliers de l'autre côté de l'ancien rideau de fer. Rarement, ces groupes parviennent à s'extirper des circuits locaux et à se retrouver dans les bacs de nos disquaires. A l'exception des productions Metal Age, vous en rencontrez souvent vous des CDs enregistrés par des groupes tchèques ? Absurd Conflict est bon sans vraiment être transcendent. Les quatre titres enregistrés sur cette promo nous proposent un Death basique agrémenté de quelques influences plus Thrash. Les parties de guitare apportent la contrepartie mélodique et technique à une rythmique basique mais bien en place. Le point le plus faible (hormis un certain manque d'originalité) se situe au niveau des parties vocales. Pas assez gutturales que pour accrocher les fans de Death et trop peu déjantées que pour plaire aux Thrashers actuels... un peu entre deux eaux et pas vraiment à la hauteur de la musique proposée. Une bonne promo mais peut-être encore un rien trop 'amateur' que pour déjà attirer l'attention d'un label.

Georges

Louda@payo.cz


BIOSYSTEM 55 "Fifty-Five" MCD 53/100
Hardcore/Neo Metal
Italie

Formé à l'origine en 1997, ce groupe méditerranéen n'en est ici qu'à son deuxième méfait. Ce "Fifty-Five" - sorti en 2002 - suit de très près la parution de leur premier enregistrement "EDT". Après une introduction purement synthétique et humblement minimaliste (presque ennuyeuse et hors propos), Biosystem 55 nous attaque de front avec le titre "Aura" aux riffs simples, nous ramenant ainsi à quelques formations Neo-Metal des plus brutales (tout est relatif, bien entendu…), tel Slipknot pour exemple. Associée à une alternance entre chant clair et vocaux plus gutturaux, la musique de ces quatre italiens respire à plein nez le Metal perpétré par des combos tels Korn (l'incontournable, bien évidemment), Staind… voire même Fear Factory (en bien moins technique et bien moins riche...), tout en étant imprégnée par le Hardcore de l'ancienne génération. Il en résulte un amas sonore qui n'est malheureusement pas toujours bien maîtrisé et peu personnel (des passages entiers rappellent en effet du pur Slipknot), n'étant pas de plus pas particulièrement mis en valeur par la production musicale. Restons vigilants et attendons la suite… Sait-on jamais.

Ph.

http://www.biosystem55.com / MKM Promotion


BURDEN OF GRIEF "Fields Of Salvation" CD 79/100
Melodic Death Metal
Allemagne

Après une dizaine d'années d'existence, Burden Of Grief nous revient avec un troisième album. Le groupe allemand a toujours pris son temps... particulièrement après la sortie du second opus et ce troisième enregistrement nous arrive alors qu'on n'en avait même oublié l'existence du groupe. Grand adorateur de Death Metal mélodique, Burden Of Grief, à bien des aspects me rappelle un autre groupe germanique: Night In Gales. Le même penchant pour le Death suédois, la même difficulté à s'imposer dans une scène ultra saturée par des sorties quasi-photocopies les unes des autres et la même impression de tourner en rond album après album. Pourtant, "Fields Of Salvation" est un bon album, neuf titres de Death mélodique créés à partir d'une solide rythmique, d'un bon duo de guitaristes qui maîtrisent à la fois technique et sens de l'arrangement ("The Nightmare Within" par exemple) et un bon chanteur quelque part entre Thomas Lindburg et Michael Andersson. Je ne sais pas si Burden Of Grief réussira là où Night In Gales a (partiellement) échoué…mais il est certain qu'avec ce "Fields Of Salvation", le groupe allemand a mis tous les arguments de son côté afin de s'imposer comme la valeur incontournable du Death Metal mélodique dans son pays.

Georges

http://www.remedyrecords.de / Rock Inc.


COLOURFAST "The Art Of One" CD 73/100
Indus/Heavy/Metal
Japon

Colourfast est l'œuvre d'un seul homme (composée, écrite, enregistrée, produite, mixée, mastérisée par…), Akira Naito, justifiant ainsi le libellé de cet album "The Art Of One" aux sept titres très personnels combinant des influences et des éléments assez disparates. Rock, Heavy Metal, Progressif, Industriel, Electro ou bien même quelques ajouts de solos dignes de guitar-hero en pleine crise de sentimentalisme primaire sont les ingrédients essentiels qui permettent à cet individu de nous servir un plat assez inaccoutumé. On connaît en occident la capacité des japonais à tenter l'expérimentation. Ici, les riffs de guitares au son saturé et acéré mènent la danse, sur lesquels viennent se greffer un chant se voulant parfois lyrique, mais qui reste malgré tout hystérique. Le côté électronique provient principalement de l'utilisation de nappes synthétiques présentes au premier plan. Colourfast peut finalement être regardé comme une bête musicale curieuse, car sans choquer, elle interpelle et nous pousse à écouter chacune des compositions avec attention. Loin de la folie et du génie de Zeni Geva ou encore de Merzbow, cet Akira Naito peut tenter l'exportation et connaître un franc succès auprès de ces quelques fans des musiques hors-norme et underground.

Ph.

http://www.the-colourfast.com


CRYSTALIUM "Diktat Omega" CD 80/100
Black Metal
France

C'est ce qu'on peut appeler un album de Black Metal extrême, et on a presque envie de dire un album de Black Metal totalitaire. Tout ici, des paroles à la musique en passant par les photos du groupe, reflète une certaine mentalité nihiliste. Passons sur le concept qui est loin d'être novateur pour nous attacher à l'aspect musical de Crystalium. C'est du Black Metal carré, dévastateur... et incroyablement efficace. "Diktat Omega" est un summum de haine divulgué par l'entremise d'une musique ultra rapide. Les parties rythmiques créent un véritable mur de son et les rares solos de guitare vont scotcher plus d'un auditeur. J'aime assez bien la manière dont le groupe utilise les claviers…loin de rendre les titres plus accrocheurs et plus accessibles, ceux-ci renforcent l'atmosphère claustrophobique créée par Crystalium. Malheureusement et aux dernières nouvelles, il semble que Crystalium se soit séparé de son claviériste et il ne rentre pas dans les intentions du groupe d'en chercher un nouveau. Les vocaux sont extrêmes et s'harmonisent parfaitement aux compositions. Un album à ne pas mettre entre toutes les oreilles mais qui peut sans l'ombre d'un problème rivaliser avec les Marduk, Gorgoroth et autres grosses pointures scandinaves du genre.

Georges

http://www.adipocere.fr


DARK ASSAULT "Insanity In Sanity" DEMO CDR 75 /100
Old shool Thrash Death Metal
Germany

Serait ce une nouvelle mode ? il y a déjà eu le "In No Sense Innocence" de Fallen Yggdrasil, voici le "Insanity In Sanity" de Dark Assault (remarquez les Allemands ne sont ni les seuls, ni les premiers, Ted Nugent avait déjà sorti un intelligent "Intensity In Ten Cities" il y a une bonne vingtaine d'année). Même s'il ne faut pas remonter aussi loin pour retrouver les origines musicales de Dark Assault, il faut bien dire que le groupe est plus tourné vers le passé que vers le futur. Les huit titres de cet album sont franchement valables mais on en ressort avec le sentiment d'avoir déjà entendu tout cela des dizaines et des dizaines de fois auparavant. L'écoute d'"Insanity In Sanity" me laisse un sentiment mitigé, le Thrash à gros relents Death Metal (surtout au niveau des vocaux) proposé ici n'offre vraiment rien ni d'original ni même de recherché, mais il faut reconnaître à Dark Assault un certain savoir-faire. C'est bien foutu et assez agréable à écouter. Si le cocktail Thrash des années quatre-vingts jumelé avec un environnement Death Metal vous réussit alors "Insanity In Sanity" vous fera passer un agréable moment, sinon c'est l'indigestion assurée. A vous de voir.

Georges

http://www.darkassault.de


DARK DECEPTION "Path Of Damnation" DEMO MCD 82/100
Black Death Metal
Autriche

Un très bon groupe autrichien qui nous prouve une nouvelle fois que l'Autriche ce n'est pas seulement Hollenthon et que c'est aussi et surtout bien plus que la multitude de groupes folk celtic atmosphérique du catalogue de Napalm Records. Dark Deception est une excellente surprise, les trois titres de "Path Of Damnation" se développent à partir d'un Black Metal adouci par de bonnes parties de synthé et par la présence de multiples références Death Metal. Une sorte de croisement entre Dissection et Old Man's Child. Les vocaux sont ultra accrocheurs et renforcent l'appartenance à la scène Death. Ce qui permet à Dark Deception de s'échapper de la multitude des groupes évoluant dans le même environnement Black/Death, c'est la qualité de ses longues compositions. Les passages plus atmosphériques s'enchaînent aux accélérations de la manière la plus naturelle et la plus efficace qu'il soit. Ne vous laissez pas rebuter par un nom somme toute très conventionnel, Dark Deception est un très bon groupe et les trois plages de ce MCD vous feront passer un excellent moment.

Georges

http://www.darkdeception.at


DECAPITATED "The Negation" CD 82/100
Death Metal
Pologne

Plus agressif, plus rapide, plus violent et plus accrocheur tout en restant très technique, "The Negation" marquera un tournant dans la discographie de Decapitated. "Nihility" avait fait forte impression lors de sa sortie (je n'ai jamais entendu le premier album 'Winds Of Creation') et la barre était haut placée pour ce nouvel album. Surprendre est une chose et confirmer s'avère souvent bien plus compliqué. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Polonais de Decapitated y sont superbement arrivés avec ce génial troisième album. "The Negation" conserve la veine technique de "Nihility" (si vous en doutez, écoutez la plage "Sensual Sickness" pour vous en convaincre) et y ajoute un environnement plus brutal et plus violent tout en y accentuant l'aspect mélodique. C'est assez génial et si Earache se basait davantage sur le résultat final que sur la notoriété, c'est sans aucun doute autour de cet album et non sur le nouveau Deicide que le label anglais devrait axer sa campagne promo. Mais bon, faut pas rêver, "The Negation" fera moins de bruit (et donc se vendra bien moins) que "Scars Of The Crucifix"…même s'il lui est largement supérieur. Business is business.

Georges

http://www.earache.com / Zomba


DeCeMBeR "Praying Hoping Nothing" CD 70/100
Metalcore
Grande Bretagne

Il y a des groupes qui font parler la poudre dès leur premier album, c'est le cas de DeCeMBeR ! Le disque commence en trombe par un bon vieux passage à tabac du batteur qui aime nous rappeler qu'il sait taper vite, fort et bien, hurlements, blasts beats et gros riffs Thrash/Death sont les armes choisies par nos quatre gaillards. Bon, d'un autre côté les groupes signés chez Earache (le label de The BERZERKER) ne sont généralement pas coutumiers de la délicatesse mais là ils n'ont pas de main morte, servi par un son d'excellente qualité. L'efficacité des mosh parts excusant le manque flagrant d'inspiration l'auditeur est vite charmé par l'agressivité et le côté caustique du chant. On retrouve à la fin de l'album une reprise plutôt réussie de Motorhead et une de Skunk Anansie où le groupe passe à la moulinette (et au coup de moulinet dans le pit) les styles desdits groupes. Reste que les quatorze titres du disque sont très linéaires, que les structures des compos sont très basiques, mais comme il est coutume dans les franges les plus extrêmes du HxC ça envoie tellement fort qu'on prend un malin plaisir à se passer cet album en boucle, jusqu'à notre prochaine découverte qui renvoiera ce disque dans la tour à CD…

MattH

http://www.earache.com / Zomba


DEICIDE "Scars Of The Crucifix" CD 79/100
Death Metal
U.S.A.

Si on m'avait dit, il y a une bonne dizaine d'années que Deicide serait toujours actif en 2004, je ne l'aurais jamais cru. Deicide sans Glen Benton, ce n'est plus Deicide et comme le brave Glen affirmait haut et fort et un peu partout qu'il se suiciderait avant 33 ans (l'age du Christ et d'où peut-être aussi le patronyme du groupe), je ne pensais jamais pouvoir écouter un nouvel album de Deicide en 2004…et pourtant, nous y voici avec ce "Scars Of The Crucifix" (sorti pour la première fois depuis les débuts en 1990 sur un autre label que Roadrunner). Le problème avec "Scars Of The Crucifix", c'est qu'on ne peut le comparer avec les autres sorties de l'année. Un album de la bande à Benton ne peut se comparer qu'à ses prédécesseurs et à rien d'autres. La question n'est donc pas de savoir si "Scars Of The Crucifix" est un bon album mais plus simplement si ce nouvel opus est un bon album de Deicide. A mon avis, il y a du pour et du contre. La plupart des titres sont franchement meilleurs que ceux que l'on retrouvent sur "In Torment In Hell" ou "Insineratehymn" mais ne peuvent quasi jamais rivaliser (sauf peut-être durant certains solos particulièrement bien foutus) avec les pièces maîtresses qu'étaient (et que sont toujours) "Deicide", "Legion" ou "Once Upon The Cross". De toute façon, les fans ne se poseront pas ce genre de question et achèteront cette nouvelle livraison les yeux fermés.

Georges

http://www.earache.com / Zomba


DEIVOS "Hostile Blood" CD 70/100
Brutal Death Metal
Poland

Le nouveau millénaire semble ne pas avoir touché ce trio polonais qui semble se complaire dans son trip Death Metal années '90. En effet, "Hostile Blood" est un album qui sait dégager des ambiances super furax, mais il reste manifestement ancré dans un style qui a été déjà exploré maintes fois de long en large par les plus (ou moins) grands du genre, je pense notamment à Morbid Angel dont l'influence est ici plus que flagrante. Cela dit, si Vader et Decapitated ont pu acquérir une certaine notoriété avec du remâché, il n'y a pas de raison pour que Deivos n'arrive pas à se faire apprécier à son tour, surtout qu'au niveau technique, il faut reconnaître qu'ils assurent pas mal du tout... Dommage qu'il n'y ait que 5 morceaux bien enregistrés sur cet album (les 2 restants sont des versions démo)... Et puis 28 minutes, ça passe un peu vite...

RNO

http://www.butchery-music.com


DIVINITY "Les Fleurs Du Mal" CD 78/100
Black Metal mélodique
Canada

Enième groupe de Metal extrême dont les membres sont manifestement restés coincés durant leur adolescence dans un traumatisant trip baudelairien, Divinity nous fourgue ici un six titres d'une qualité remarquable, en dépit du look quelque peu austère - limite cheap - du produit. Question originalité, on préférera rester coi. En revanche, si l'on prête attention à la facture des compositions, on s'apercevra illico de l'effort qui a été fourni afin d'obtenir en définitive des morceaux étoffés, heureusement jamais à outrance. Certaines envolées mélodiques me rappellent d'ailleurs les furieux arpèges que l'on retrouvait sur les premiers albums de Eucharist et Dark Tranquillity (par exemple), où vélocité et élégance s'entremêlaient dans une sphère rythmique des plus endiablées. On reconnaîtra également l'influence de toute une série de groupes qui ont marqué la fin des années '90, scandinaves pour la plupart, ainsi qu'une touche plus classique, plus Heavy/Thrash dans le riffing de certains morceaux, comme "Succubes", où les guitares se font plus tranchantes et où toute trace de lancinant a été volontairement écartée dans le but de faire place à l'agression sonore pure et dure. D'autres ambiances, plus froides, limite Doomy, nous renverront vers le sound de groupes tels que Carpathian Forest ou encore Burzum (en moins basique quand-même...), pour le plus grand plaisir des adeptes du Black Metal nordique. Somme toute, dans le genre patchwork, cet album me semble être drôlement réussi. Il n'y a plus qu'à attendre que nos amis québécois y mettre un peu du leur et l'affaire pourra être considérée dans le sac.

RNO

divinitygod@hotmail.com


FALLING ELBOW "Démo" demo CD-R 75/100
HC/Metal
Belgique

Mes amis de plus en plus de groupes autoproduits parviennent à mettre en boîte des disques qui peuvent rivaliser avec les plus grosses prod US et tant mieux ! Avec ce MCD les Belges de Falling Elbow nous balancent un métal bien gras et efficace comme on l'aime, les grognements sont terribles, les guitares sortent agressives comme en live et les rythmes font mouche ! Pas de révolution dans le style mais les compositions sont faites de façon à ce que le groupe s'en tire avec les honneurs. Durant les quatre titres de qualité égale la rage et la fureur du combo sont assez communicatives, c'est avec une recette qui a fait ses preuves et sans grande prétention que Falling Elbow parvient à retenir notre attention…en sachant le groupe prépare un nouveau MCD on attend la suite !

MattH

http://www.fallingelbow.be.tf


FOUR SEATS FOR INVALIDES "Defy" CD 68/100
Industrial Grindcore
Czech Republic

Voilà encore un groupe qui ne date pas de la dernière pluie ! Cela dit, comme je n'avais plus entendu parler d'eux depuis quelques temps déjà, c'est un peu comme si je découvrais un nouveau groupe... Je ne me souviens d'ailleurs pas qu'ils employaient tant de sonorités électroniques (samples et programmations diverses) dans le passé... Peut-être est-ce là le témoignage de leur évolution ?... Je dois maintenant avouer que dans l'ensemble, je ne suis pas plus convaincu que ça par la prestation de nos amis tchèques. Leur musique est basique, la production est trop bon marché par rapport à ce qui se fait à l'heure actuelle et je n'ai pas l'impression que ce CD fera la joie des amateurs du style. Certes, à volume élevé, on y retrouve un haut degré de dynamisme, mais je crois que ce dont FSFI a réellement besoin pour se démarquer, c'est d'entièrement se renouveler afin de pouvoir rivaliser avec les plus grosses pointures. "Defy" n'est donc pas mauvais, mais j'ai un peu peur qu'il se perde dans la jungle des productions qui sont balancées par tonnes chaque mois sur le marché du Metal extrême.

RNO

plazzma@centrum.cz


GASPANIC "Gaspanic" MCD 80/100
Rock/Metal
Japon

Deuxième projet d'Akira Naito pour lequel ce dernier s'est joint à un guitariste et vocaliste de sexe féminin au doux nom de Minako Shimazaki pour mener à bien ses élucubrations et ses fantasmes sonores les plus fous. Ce premier mini-CD présente une musique un peu moins originale que Colourfast, mais en garde en tous les cas l'essentiel : gros son de guitares Metal, compositions mid-tempos, batterie lourde, chant nasillard similaire. Mais le côté Rock est beaucoup plus mis en avant, les mélodies et les harmonies ayant été travaillées plus soigneusement (les solos sont en tous les cas plus supportables). L'on pense par instants à du pur Static X ou encore du White/Rob Zombie, en particulier dans les arrangements (pour exemple le titre "She Is…"). Le tout reste de la musique expérimentale, dite standardisée (dans le sens où elle n'est pas purement et simplement expérimentale). Les nappes électroniques sont discrètes et seuls quelques rares samples viennent s'ajouter discrètement à l'ensemble. A ceux qui restent convaincus du talent artistique de ce japonais mélomane, tentez d'acquérir cet enregistrement, vous ne serez pas déçus.

Ph.

http://www.the-colourfast.com


GUERNICA "Senza Censure"
Italian Rock
Italie

Le massacre de Guernica, en Espagne, avait déjà son tableau, peint par l'illustre Pablo Picasso. Il a maintenant son groupe éponyme qui nous vient, non pas d'Espagne, mais bien d'Italie. Beaucoup moins torturé que son homologue pictural, Guernica, le groupe, nous propose deux CD aux concepts différents : l'un électrique et l'autre acoustique. Le premier "Senza Censure" est un six titres plutôt rock, aux accents parfois grunge. L'atmosphère est, de façon générale, assez mélancolique et les compositions sont très mélodiques; c'est une certitude, les latins sont des charmeurs, voir des esthètes. La quasi totalité des titres est soit des mid-tempos, soit carrément des ballades agrémentées parfois de guitares sèches mais aussi de piano, de cordes, … Tous les textes sont en italien et la musicalité des mots fonctionne bien. Une très bonne production et de très beaux arrangements. Le premier titre, "Nudo", impose direct le style de Guernica : tempo lent, guitare électrique mélodiques sans être pour autant démonstratives et un chant lancinant, parfois lassant, qui fait difficilement passer des émotions. Le second titre, "IOD", est toujours dans le même trip… assez calme et là, je commence à attendre un truc un peu plus énervé mais ce titre, comme le précédent, reste très sage. Le troisième titre, "Agrado" démarre par une intro un rien plus rapide et plus rauque mais le rythme retombe assez vite… Ca restera du rock, tout du long, à la limite de la variété… enfin, selon nos critères francophones, bien sur… Les trois derniers titres sont des ballades qui clôturent joliment cet album sage mais cohérent. Un petit mot sur les pochettes… On est bien loin de Picasso : le visuel explore un univers aux frontières du kitch et du surréalisme. Il y a des gros yeux partout et sur "Senza Censure", le côté face nous montre une femme nue avec un œil à la place de la tête et des cheveux… comment dire "montypythoniens" et, lorsqu'on déplie le livre, sur le côté pile, apparaissent des énormes sexes males fumant des cigarettes… Ces délires graphiques, violents et barrés sont tout à fait à l'antipode de la musique de Guernica.

Frank Blague

http://www.guernicaband.it / MKM


GUERNICA "Senza Suadare"
Acoustic Dark Rock
Italie

Le second CD de Guernica se nomme "Senza Suadare" et comporte cinq titres tous en acoustiques. On reprend un peu ou on en était dans le précédent… Tout commence par une ballade, "Une dubbio irrilevante" avec une de ces guitares italiennes servant à jouer la sérénade aux filles. Le second, "Insostituibile", est un peu plus rapide et là on dérape un peu vers l'Eros R, en plus triste et en plus mou… Le troisième titre, "Post-X", est plus mystérieux et un peu plus original… La suite fonctionne toujours sur le même schéma acoustique, mélangeant plusieurs instruments… avec toujours la même mélancolie, la même nostalgie… et, pour moi, la même lassitude… En bref : Si vous êtes fans de ballades italiennes et que vous voulez faire une petite incursion dans l'underground, Guernica est pour vous.

Frank Blague

http://www.guernicaband.it / MKM


IMMORTAL SOULS "Ice Upon The Night" CD 76/100
Death Metal mélodique
Finlande

Immortal Souls... rejeton suédois ? Non, finlandais. Bon, ça reste malgré tout en Scandinavie (le contraire m'eût étonné). Aucune exhalaison d'originalité ici, vous l'aurez compris. Cela dit, "Ice Upon The Night" fait partie de ces plaques que l'on écoute avec plaisir car dans l'ensemble, le produit est tout de même drôlement bien fichu. Au menu : des guitares mélodiques en veux-tu en voilà, une production parfaitement équilibrée avec un son à la fois chaud et tranchant, des figures mélodiques bien incisives... un régal pour les amateurs du genre ! Nul ne pourra dire que Immortal Souls est un groupe novateur, mais je pense qu'il faille savoir en reconnaître la qualité... Espérons que Fear Dark, leur jeune label hollandais, saura faire valoir ce produit dans leur catalogue... Car à mon avis, il a un sérieux potentiel !

RNO

http://www.fear-dark.com


INDESINENCE "Ecstatic Lethargy" demo CD-R 78/100
Doom Metal
England

A déconseiller aux dépressifs et même aux pessimistes, Indesinence, c'est un puits de désespoir et de mal-être. Le quatuor nous vient du pays de sa Gracieuse( ?) Majesté et premier bon point ne ressemble ni à Anathema, ni à My Dying Bride (quoiqu'il y ait plus de similitudes avec ce dernier qu'avec le reste de la scène Doom anglaise). Trois titres : plus de vingt-deux minutes (et encore la première plage n'est qu'une intro d'une cinquantaine de secondes), c'est vous dire ! ! ! "Ecstatic Lethargy" ne plaira qu'au fans de Doom pur et dur : une rythmique d'une lourdeur pachydermique, des vocaux dignes d'un cancéreux en phase terminale et quelques passages un poil plus accrocheurs tel est le menu proposé tout au long de ce "Ecstatic Lethargy". Les fans se délecteront, les autres seront tombés endormis depuis longtemps. Le taux de suicide en Grande Bretagne est un des plus élevé d'Europe, "Ecstatic Lethargy" ne fera qu'accentuer la tendance. Proche d'un Forest Stream couplé avec Trouble.

Georges

Indesinence@hotmail.com


INFERNAL ANGELS "Vigilia Secunda" 75/100
Melodic Death Black Metal
Italie

Ca ne se présentait pas trop bien ! Infernal Angels commence par remercier Theatres Des Vampires (les clowns italiens de Cradle Of Filth, le talent en moins), les photos des membres du groupe nous font comprendre qu'on a affaire aux versions locales de G. Simmons… Musicalement, par contre, on peut trouver un certain charme à "Vigilia Secunda". Bien sur, il n'y a pas de quoi crier au génie, les trois titres (couplés à une intro) proposés sur cette démo ne vont sûrement pas révolutionner le marché du black Death mélodique, mais l'ensemble sonne finalement assez sympathique. Les vocaux féminins sont vite énervants et je ne vois pas très bien ou le groupe se réclame de la mouvance de Dissection, mais des titres tels que "Vigilia Secunda" ou "Aboroth, The Mountain Of Temptation" ne sont pas désagréables à l'oreille. Pas original, parfois même assez cliché et pollué par des vocaux féminins qui n'apportent vraiment pas grand chose, mais tout cela est largement compensé par de bons changements de rythmes, d'intéressantes combinaisons synthé guitare et des vocaux gutturaux convaincants. Une démo honnête sans plus d'un groupe qui sonne encore fort amateur mais qui n'est pas dénué de qualités.

Georges

http://www.infernalangels.com


KEKAL "1000 Thoughts Of Violence" CD 88/100
Black Metal progressif
Indonesia

Quatrième full-length pour Kekal (sans compter le split-CD avec Slechtvalk sorti en 2002) qui continue de faire valoir sa maestria sans aucunement se soucier des modes, aussi séduisantes et gratifiantes soient-elles. En ces temps malheureusement chargés et pas toujours cléments envers l'industrie du disque, "1000 Thoughts Of Violence" vient nous plomber le cul avec sa panoplie de riffs ultra robustes et son incontournable accent progressif. On ne peut annoncer la couleur plus clairement, je pense... A l'écoute de ce petit bijou - car ceci en est bien un, n'en doutez pas ! - on pense inévitablement à Klimt 1918, Arcturus, Room With A View et bien d'autres groupes issus de la catégorie "excentriques et Cie.", mais jamais la sensation de déjà-entendu ne perdure dans le temps. L'autre atout du groupe, c'est qu'il a su créer une musique mélodique. Oh, oui : de la mélodie, vous en aurez par vagues ! Que dis-je ? Par raz-de-marée ! Pourtant, aucune trace de mollesse, aucun moment guimauve, pas la moindre effluve de miel dans cette galette... Même les chants clairs gardent à tout instant un caractère viril, tout en permettant d'amples modulations au niveau de l'intensité et, plus généralement, de l'expression. En voilà apparemment qui ont trouvé un style parfaitement équilibré sans devoir passer par de honteux compromis ; compromis qui dans le cas présent dénatureraient sans nul doute l'essence même de cet art dramatique - quasi-théâtral - qu'est celui de Kekal. Quel gâchis que ce serait ! Et dire qu'ils ne sont que deux pour assurer toute l'instrumentation... Ils me tuent ces mecs !

RNO

http://www.fear-dark.com


KERPLUNK "Brotherhood" CD-R 85/100
Electro-Punk/Hardcore
France

Partant d'un riff moteur à dominante électronique, le titre instrumental "Disease#1" - qui s'étire sur plus de trois minutes - ouvre les hostilités et annonce la couleur : c'est au travers d'un mélange entre samples et guitares aiguisées aux relents Punk/Hardcore que ce combo français s'exprime et nous livre toute sa rage pour ce premier album "Brotherhood" (sorti en février 2003). Ce brassage entre les styles peut surprendre à la première écoute, mais reste un atout majeur faisant la force sonore des onze titres présentés. Les influences Hardcore Old-School sont bien digérées et les éléments électroniques (présents tout le long des presque 60 minutes) viennent se greffer de manières judicieuse et subtile. Kerplunk ayant déjà fait ses preuves sur scène (première partie de System Of A Down d'une part, et de Kickback d'autre part…), il lui reste alors à convaincre l'auditeur qui n'a pas eu la chance de voir ce groupe s'épancher en live. Grâce à une production plus que correcte et ces compositions dynamiques et rentre-dedans, c'est chose faite… "Flashback", "Bothers" ou encore "The Flex" restent des titres phares parlant d'eux-mêmes : agressivité, groove, chant hargneux, tout en restant mélodique… Tout y est.

Ph.

http://www.kerplunk.com


KRONOS "Colossal Titan Strife" CD 84/100
Death Metal
France

Assez incroyable cette faculté qu'a le label espagnol Xtreem Music de dénicher les talents en provenance de l'Hexagone. C'est vrai que les deux pays sont voisins, mais au rythme ou vont les choses, on trouvera bientôt plus de bons groupes français sur le nouveau label de Dave Rotten que sur Adipocere, Holy Rec, Season Of Mist et Osmose réunis. Assez incroyable et même plutôt incompréhensible qu'un tel groupe, qui n'était quand même plus un inconnu de la scène Death française puisqu'il avait déjà pondu un assez bon "Titan's Awakening" sur Warpath Records, ne se retrouve pas parmi les signatures d'un des principaux labels français. Pour ceux qui n'ont jamais entendu "Titan's Awakening", Kronos c'est du Death Metal solide, carré et pourtant jamais ennuyeux. "Colossal Titan Strife" se décline sous formes de tempos ultra rapides, de rythmiques lourdes, de vocaux ultra gutturaux et de breaks et accélérations jubilatoires. Une sorte de croisement entre God Dethroned, The Monolith Deathcult et Immolation. Le genre de musique que l'on peut écouter en boucle sans jamais se lasser. Génial, "Colossal Titan Strife" est un album que vous vous devez d'écouter !

Georges

http://www.xtreemmusic.com


LAST DAYS OF HUMANITY "The Xtc Of Swallowing L.D.O.H. Feaces" CD 70/100
Gore/Grind
France

Le troisième opus de Last Days Of Humanity ne se présente guère comme étant plus sage que ses deux prédécesseurs. Bien au contraire... Par moments, j'ai l'impression que même la chasse d'eau de mes chiottes émet des sons plus propres que ce que j'ai le grand honneur d'entendre ici... C'est pour vous dire ! Vingt-sept morceaux de Grind bien sale et bordélique à souhait. Pas idéal comme fond sonore quand on est à table en famille, mais bien fun quand-même lorsqu'on a envie de se matraquer les tympans...

RNO

http://www.bonesbrigaderecords.com


LEIDEN "Empty" CD 85/100
Dark Death Metal
France

Vous vous souvenez peut être des trois titres de la première démo du groupe "Songs In The Key Of Dark" enregistrés en 2000. On en est, trois ans plus tard et avec ce premier vrai album, finalement très loin et fort proche. Très loin car Leiden a su évoluer, il a diversifié son style et enrichi son environnement musical. Loin de se laisser enfermer comme beaucoup dans une accumulation de clichés (ce que l'insertion de samplers et la présence d'une chanteuse pouvaient laisser craindre), Leiden a peaufiné son approche musicale, amalgamant des ambiances Dark, un arrière fond Death et des sonorités proches de l'Electro pour en faire une musique finalement très personnelle. Très proche car l'écoute des titres "Leiden" ou "Le Mort Joyeux" laissaient déjà transparaître une impressionnante volonté créatrice. Proche aussi parce que la voix très particulière de Bérengère reste un des éléments incontournables du concept de Leiden et que son timbre (plus proche d'Anneke de Gathering que des habituelles divas soprano) renforce un certain éloignement à la scène métal. Très proche encore parce que Leiden conserve cette fascination pour les textes de Baudelaire, "Le Possédé" faisant écho à "Spleen". Un excellent album à la fois original et efficace (ce qui est finalement assez rare).

Georges

http://www.adipocere.fr


MACHINA DEUS EX "Waited Hopes" demo MCD 70/100
Atmospheric Gothic Metal
France

Issu du paysage musical de l'hexagone français, Machina Deus Ex nous propose ici son troisième et dernier enregistrement en date (autoproduction deux titres sortie fraîchement, en 2003). Les toutes premières notes du titre "Last Scene", jouées par des nappes électroniques sombres et nostalgiques, sont rapidement harmonisées par l'ajout de l'ensemble orchestral (guitares, basse et batterie) et lyrique (alternance et superposition de vocaux féminin/masculin). On se laisse facilement et agréablement prendre par la musique obscure et mélodique de ce sextet français… Les arrangements semblent en effet avoir été travaillés et surtout bien pensés. Distillant un Gothic Metal aux consonances atmosphériques proche d'un Paradise Lost ou d'un Anathema d'une époque lointaine et même révolue, ce "Waited Hopes" reste un pur plaisir auditif, même si l'originalité n'est pas au rendez-vous. Cependant, les quelques 10 minutes de son ne laissent présager que du meilleur pour la suite. Il reste à ce groupe le passage à une échelle supérieure, mais cela semble être programmé pour 2004. Restons à l'affût…

Ph.

http://machinadeusex.free.fr


MARIA BLONDE "Hearts Always Bleed" MCD 86/100
Noïse/Rock
France

Mini album d'une demi-heure pour six titres, "Hearts Always Bleed" est une hymne aux harmonies savamment pensées et aux atmosphères nostalgiques propres à la Noïse. Dès les premières notes de la plage "It's Time to Know", l'on pense rapidement à Blonde Redhead - que le groupe cite lui-même comme principale influence (ou tout du moins l'une des majeures) -, mais pas uniquement... Mogwaï, Slint, et bien d'autres ont été des sources d'inspiration pour ce trio bordelais, qui non content de nous hypnotiser du début à la fin, tente de nous bercer par des mélodies pures et simples (et non pas simplistes, ne vous méprenez pas). Les moments d'accalmie sont le plus souvent accompagnés de montées en puissance nous laissant pantois d'admiration. Les compostions sont en effet maîtrisées, les arrangements - nous pouvons l'affirmer - presque parfaits (quelques samples viennent à de rares moments agrémenter le tissu sonore noïsy), tandis qu'en matière de production, rien n'a été négligé : un son de guitare appréciable et audible (en clair et en saturé !), qui ne masque en rien le jeu de basse dynamique et inspiré. Une réussite pour ces mélomanes qui ne devraient pas attendre bien longtemps avant de connaître un succès mérité.

Ph.

http://www.odetteprod.com


MELKOR "Echoes Of Solitude" demo mcd 76/100
Black Metal
Italie

Un énième projet solitaire en ce début de millénaire. Melkor nous vient tout droit d'Italie et le Rémy Bricka local s'occupe absolument de tout. De la composition à l'enregistrement en passant par l'ensemble des instruments utilisés pour la réalisation de cette démo, tout est imaginé, créé et ficelé par Marco Garegnani. Très peu d'infos à vous donner car la démo m'est arrivée sans bio., ni aucune autre précision. Je reste toujours assez sceptique à l'écoute de ce genre de concept solitaire mais ici force est de reconnaître que "Echoes Of Solitude" est assez intéressant. Le concept général n'est pas trop original. S'il ne partage rien, M. Garegnani a pour sa part piqué pas mal d'idées à Varg Vikernes. La plupart des titres semblent être composés par un esprit froid et torturé (et donc finalement violent), venant de passer de longues heures de solitude dans le cimetière local. Si on fait abstraction du manque d'originalité, "Echoes Of Solitude" peut être considéré comme une œuvre à la fois lugubre et violente dans la lignée d'albums comme "Det Som Engang Var" ou "Filosofem" avec qui il partage une grosse inclinaison pour les passages plus lents et plus atmosphériques. Pas mauvais du tout finalement.

Georges

Heresnogod@hotmail.com


OVERSELF "Tre" MCD 86/100
PostHardcore/Metal/Hardcore…
Italie

Par ce "Tre" - fraîchement mis en boîte, Overself surprend par son approche hors norme et originale, au point qu'il m'est difficile d'associer un style bien défini à leur tout premier mini-CD. C'est au travers d'alternances entre passages dynamiques, violents - la brutalité étant plutôt envisagée par l'utilisation de mesures mid-tempos - et une multitude de notes et mélodies beaucoup plus parlantes et chantantes que ces cinq titres surprennent agréablement l'auditeur (que je suis moi-même) en manque de sensations purement sonores. Les harmonies basse/guitares et les ambiances créées restent le point fort de cet opus composée dans la plus grande des innocences. Tout en gardant une touche bien personnelle, Overself empunte les éléments majeurs qui font la force des formations aujourd'hui les plus novatrices : Cult Of Luna, Converge… et j'ose même citer Isis (attention, pour quelques très rares passages, seulement…). Comment allier douceur, hypnose et force musicale ? Une chose qui n'est effectivement pas aisée et dont nombre de groupes a du mal à réaliser, en particulier dans le Neo Metal qui produit le plus souvent une alchimie tout bonnement ratée. Les titres "Flow Outside" et "A Better Place" témoignent du bel exploit emmené par ce quintet italien, qui, je l'espère, nous fera profiter prochainement de ses talents de compositeur. Prometteur…

Ph.

http://www.overself.it / MKM Promotion


PUNISH YOURSELF "Disco Flesh : Warp 99" CD 80/100
Electro Indus Metal
France

Qu'on les considère comme des troubadours excentriques de l'âge nouveau ou tout simplement comme une bande de déjantés en manque de sensations fortes, une chose est sûre : ces mecs n'ont pas froid aux yeux ! Lancer un tel produit s'est effectivement souvent révélé être un casse-gueule au niveau commercial. Ici pourtant, rien ne présage le bide. On ne rigole pas. On s'intéresse. On enchaîne les morceaux. On déguste... Et en définitive, on en prend plein la face ! Marilyn Manson et Steve Sylvester s'étaient déjà aventurés dans ces eaux glauques, mais ils avaient soit le nom soit le pognon qui courrait derrière. Punish Yourself, groupe indé, n'hésite pas à suivre les traces de leurs (supposés) idoles par leurs propres moyens et se retrouve sur la même ligne de départ. Seront-ils sur la même ligne d'arrivée ? Le potentiel y est ; nous l'espérons donc pour eux...

RNO

http://punishyourself.free.fr


SEPSISM "Purulent Decomposition" CD 79/100
Death Metal
USA

A peine un an après avoir sorti le second album de Sepsism, Displeased Records via son sub-label From Beyond nous ressort le premier album enregistré par le trio…à l'époque sous contrat avec Repulse Record (le précédent label de Dave Rotten). Je dois avouer que je ne comprends pas trop bien pourquoi Sepsism serait devenu un groupe culte…bien sur ce premier album (ainsi que son successeur d'ailleurs) est assez bien foutu, mais très franchement, il n'y a vraiment pas de quoi crier au génie. C'est du Death Metal à gros relents américain. Bien sur, c'est bien écrit, bien arrangé et "Purulent Decomposition" vous fera à coup sur passer un bon moment mais d'un autre coté Sepsism est un groupe de Death américain ultra conventionnel (presque même une caricature) : des solos de guitare assez techniques, une rythmique écrasante et des vocaux trés caverneux. A classer aux cotés des Malevolent Creation, Immolation, Incantation et Nile mais pas au-dessus. D'un autre côté et après m'être relu (oui, ça m'arrive) je m'en voudrais de vous induire en erreur, "Purulent Decomposition" est un bon album qui ne peut que ravir des fans de Death Metal ricain…c'est juste qu'il n'est pas franchement supérieur aux habituelles sorties du genre.

Georges

http://www.displeasedrecords.com


SHADOWSPHERE "Dark Lands" CD 84/100
Death Metal
Portugal

Le premier constat que l'on peut faire à l'écoute de ce "Dark Lands" (qui est le premier album de Shadowsphere) c'est que la Suède a maintenant envahit l'Europe entière. Quelques siècles après le débarquement de hordes de vikings, c'est via la musique et plus particulièrement le classieux N.W.O.S.D.M. que la déferlante suédoise se fait ressentir et ce même dans les coins les plus ensoleillés de notre vieille Europe (entre les deux invasions, les Suédois ont quand même fait quelques incursions meurtrières principalement au moyen de groupes paillettes et plate form boots allant de Abba, à A-Ha en passant par Europe). Vous l'aurez compris, bien que Shadowsphere nous vienne du Portugal, sa musique est plus suédoise que celles composées par les At The Gates, Dark Tranquility et In Flames réunis. C'est ultra mélodique, puissant, rapide, accompagné d'hurlements ultra gutturaux et continuellement rehaussé de breaks et de changements de rythmes. Certains titres sont même parfois tellement réussis qu'on a l'impression d 'écouter un vieux Maiden qui aurait tourné Death Metal (ce en fait à quoi tous les groupes scandinaves de Death mélodique aspirent). Pas original pour un sou, mais tellement bien torché qu'on n'a plus trop envie de se pencher sur l'aspect éculé ou novateur du produit... pour une fois, on s'en fout, c'est bon et ça suffit largement.

Georges

http://www.floydestudios.pt.vu


SPARZANZA "Into The Sewers" CD 88/100
Stoner Rock
Suède

Un pur concentré Rock'n Roll pimenté d'un Stoner/Heavy nouvelle génération, voilà ce que propose ici Sparzanza. Ce quintet - formé initialement il y a quelques années, en 1996 - prouve par ce nouvel album que la Scandinavie n'a plus rien à prouver aujourd'hui, puisque excellent nombre de formations dans ce style parfaitement maîtrisé. Oui, car c'est bien aux côtés de certains enregistrements déjà cultes à la musique fortement imprégnée par des sonorités seventies, que ce "Into The Sewers" se positionne. Spiritual Beggars, Entombed ou encore Hellacopters doivent désormais compter dans leurs rangs de toutes nouvelles têtes pensantes et créatives. Alliant des mélodies planantes et un certain nombre de riffs aussi efficaces que rentre-dedans (au son des guitare et basse bien gras, comme on peut l'apprécier dans ce genre adulé), les dix compositions s'écoutent sans mal et avec un plaisir (si) naturel… Certains solos joués à l'Orgamon (comme par exemple, le titre "Pay The Price") viennent définitivement enfoncer le clou et renforcer le côté hypnotique et apaisant de l'enregistrement. Certaines lignes vocales peuvent être directement comparées à celles bien inspirées de Chris Cornell à l'époque (la meilleure) de Soundgarden. Une belle réussite auditive…

Ph.

http://www.waterdragonrecords.com / Rock Inc.


STIGMA "Metamorphosis" Demo CD 78/100
Brutal Death core metal
Italie

Affilié originalement à la scène Hardcore italienne, Stigma a enregistré en 2002 un important changement de line-up (qui avait d'ailleurs dans un premier temps débouché sur le split du groupe) et par voie de conséquence un changement radical d'orientation musicale. Stigma délivre actuellement une musique au croisement de différents genres musicaux allant du Hardcore au Brutal Death avec même quelques influences Grind assez agréables. L'alchimie entre les différents registres musicaux et entre les nouveaux et anciens membres est particulièrement réussie. Le groupe a su trouver un son qui lui est propre et propose cinq titres de Death core à la fois varié et compact. Malgré les différents registres exploités, Stigma conserve une certaine structure et une certaine unité qui se retrouve de la première à la dernière plage de cette démo. Tout amateur de musique violente ne peut que se réjouir à l'écoute de titres aussi bien foutus que "Metamorphosis", "Shadows Of Dust" ou "Self Consciousness". Une bonne démo qui ne devrait pas rester sans lendemain.

Georges

http://www.stigmahc.com / Hardebaran


SUMMONER "Winter Solstice" CD 87/100
Black Death Metal
Italie

On finissait par ne plus trop y croire, deux longues années qu'il a fallut patienter pour entendre le successeur de "Summoner' Sign". Et franchement cela vallait la peine. "Summoner'Sign" était une démo assez géniale (avec quelques faiblesses) mais vraiment une des bonnes surprises de 2001. "Winter Solstice" lui est pourtant en tous points supérieur. Le groupe qui s'est enrichi de deux membres supplémentaires a maintenant atteint une certaine maturité. Plus aucun temps morts, aucun titre moins accrocheur, rien à jeter, tout est quasi parfait (même les vocaux féminins sont assez bien foutus). Summoner délivre ce que l'on peut qualifier de Death / Black Metal à la fois puissant et mélodique. Une bonne rythmique, un excellent chanteur (assez fabuleux même), un amalgame parties de guitare / environnement synthé des plus réussi… et un petit quelque chose qui fait toute la différence : un véritable talent d'écriture et d'arrangement. Aux dernières nouvelles, Nadia (qui est également active dans le groupe de prog metal Secret Sphere) a été remplacée par Dalia. Même pas besoin de signaler la présence d'invités tels que Dhilorz (Ancient) ou Daniel Botti de Node (dont on attend le second album chez Scarlet Records)…"Winter Solstice" est un excellent album.

Georges

http://www.btod.com / Masterpiece Distribution


SUPREMACY "Through Endless Torment" CD 82/100
Death Metal
Slovenie

Le meilleur album enregistré par un groupe slovène. Dans un élan de modestie, les membres de Supremacy me confirment que j'ai entre les mains le meilleur de ce qui peut se faire en Slovénie. Très franchement, ce n'est pas moi qui vais les contredire. Tout d'abord parce que ma connaissance de la scène slovène avoisine le néant absolu (je me rappelle bien un groupe qui s'appelait Weeping Willow, mais la démo que j'avais reçue il y a quelques années ne m'avait pas vraiment impressionné) ensuite et surtout parce que ce "Through Endless Torment" est foutrement bon. C'est du Death basique (façon Einstein, mais plutôt Franck qu'Albert), les huit titres ne brillent pas par leur originalité mais plutôt par l'implacable interprétation que les cinq (très jeunes) membres de Supremacy en font. Il y a cette petite touche qui caractérise les productions de l'Est couplée avec une vision très directe et compacte de ce quoi le Death Metal doit ressembler. Je suis certain que live, Supremacy doit faire un malheur et puisque sur cd, le résultat est particulièrement (d)étonnant, "Through Endless Torment" est donc une découverte à faire de toute urgence. Entre les valeurs sures américaines (Immolation ou Malevolent Creation) et les assoiffés de l'Est (Behemoth, Vader), avec un minimum de promotion, Supremacy va très vite s'affirmer comme une future référence incontournable.

Georges

http://www.supremacyband.tk


TAGADA JONES "L'Envers Du Décor" CD 84/100
Punk/Hardcore/Rock Alternatif
France

Avec ses textes enragés et engagés, à forte tendance politico-anarcho-antimondialisation et ses riffs de guitares Punk/Hardcore bien placés, ce neuvième album de Tagada Jones (pour ceux qui ne le savent pas encore, le combo a tout de même dix années d'existence…) est une petite bombe qui peut faire mal à une époque où tout part vraiment beaucoup trop en vrille. Comment militer et comment exprimer son mécontentement, sa rage et sa colère de manière intelligente ? Ce combo a peut-être trouvé le moyen le plus efficace. En effet, après plus de 600 concerts à travers l'Europe et au Québec, le groupe mené par ces cinq acolytes continue de propager quelques vérités balancées à nos figures encore trop lisses (en tournée fin 2003 et début 2004). Personne n'est plus à l'abri, de véritables revendications et diatribes étant délivrées : des médias aux guerres menées par des enjeux financiers, ou encore ce titre si explicite (et peut être critiquable…) "A Gauche Comme A Droite". Musicalement, le tempo ne varie que très peu, la puissance et le groove étant présents tout le long des treize plages (contenant une reprise Dub de l'un des titres). Et pour jouer, ça joue, je vous le promets. Entre le Hardcore/Fusion de Lofofora et le côté électronique de One Eyed Jack (Gus au chant est également aux samples), les compositions plairont à de nombreux d'entre nous.

Ph.

http://www.enrageprod.com


THE BRONX "The Bronx" CD 75/100
Punk/Hardcore
USA

Quartet officiant dans un créneau Punk/Hardcore dans la pure veine, The Bronx nous balance dans les tympans déjà meurtris, notre dose mensuelle de décibels et de notes jouées plein pot… Ce sont onze titres concis - pour un peu plus de trente minutes -, dont huit enregistrés à la "méthode live" (consistant en une capture sonore de tous les instruments ainsi que de la voix dans le même temps, avec au plus trois prises), qui nous replongent dans nos plus belles années de rébellion type "Anarchy in the USA", version Rock'n Roll ricain. La production est baveuse, mais reste parfaite pour ce premier album. Les compositions ne présentent rien de très original, ne transcendant aucunement ni ne révolutionnant le style. Mais d'un bout à l'autre de l'enregistrement, on se surprend tout de même à prendre son pied lors de l'écoute. Pour les inconditionnels du genre, cela peut même devenir jouissif… Cependant, cela risque de lasser expressément les autres, ceux qui ne sont pas adeptes des riffs de guitares simples et rentre-dedans, des rythmes binaires (mais efficaces), le tout associé à un chant gueulard au possible.

Ph.

http://www.wichita-recordings.com /V2 Music


THE DUSKFALL "Source" CD 83/100
Swedish Death Metal
Sweden

Pas besoin d'être un grand devin pour imaginer la musique composée et interprétée par les cinq suédois de The Duskfall. "Source" ne sort jamais des sentiers battus et les huit titres de ce second album ne pourront que ravir les fans du premier opus qui avait lui-même ravi les fans de Death Metal suédois façon N.W.O.S.D.M. du début des années nonante. Légèrement différent des nouvelles productions suédoises, The Duskfall tire son inspiration des premiers géants de la swedish mania. Bercé par les albums de Edge Of Sanity ("Unorthodox", "Purgatory Afterglow"…), Sacrilege ("Lost In The Beauty You Slay", "The Fifth Season") ou autres Desultory, Merciless, Centinex, Dark Tranquility, Evocation…le quintet originaire du Nord de la Suède nous offre un album sans aucune originalité et pourtant d'excellente facture. Si The Duskfall n'offre aucune idée nouvelle tout au long des huit plages de "Source", il faut par contre leur reconnaître un immense talent d'écriture et d'arrangement. En résumé un excellent album que les amateurs du genre ne pourront qu'idolâtrer et que les autres s'empresseront d'oublier.

Georges

http://www.black-lotus-recs.com / Rock Inc.


THE END "Within Dividia" CD 92/100
Metal/Hardcore Technique/PostHardcore
Canada

Certaines formations toutes récentes (et déjà moins jeunes pour d'autres) ont d'ores et déjà marqué l'histoire de la musique extrême grâce à une approche hors-norme, sincère et entière… Citons par exemple Neurosis, Isis, Cult Of Luna, Converge, Burnt By The Sun, Knut, Dillinger Escape Plan… Moins clinique que ce dernier à qui de nombreux d'entre nous accusaient le jeune quintet canadien The End (formé en 1999) d'avoir puisé toute la philosophie musicale Dillinger à l'écoute de leur premier album (qui je vous le rappelle a tout de même reçu le prix de l'album de l'année en 2001 lors des Music Awards relatifs à la scène indépendante canadienne), ce combo assure par ce deuxième opus "Within Dividia" son passage à la postérité. Respirant la maturité, ces huit titres allient en effet brutalité, violence sonore, mélodies dissonantes et ambiances uniques. Les arrangements alambiqués à souhait - propres au Hardcore de la nouvelle génération - associées aux atmosphères contrôlées dégagent une puissance telle qu'il est impossible d'imaginer pouvoir en réchapper totalement indemne. Nos pulsions les plus malsaines retrouvent leur raison d'être à l'écoute des titres tels que "These Walls" - opposant des passages sauvages à la Burnt By The Sun et un unique break, si intense, accalmie pouvant être attribuée à du pur Cult Of Luna dans ses divagations les plus poétiques - et "The Sense Of Reverence", influencé par les formations duales Neurosis/Tribes Of Neurot. Les riffs des deux guitares emmenées par Steve Watson et Andrew Hercules sont imprégnées d'une originalité et d'un feeling admirable. Et comme toujours chez Relapse, l'artwork et la production sont tout simplement à la hauteur de l'enregistrement. A écouter absolument en cette nouvelle année…

Ph.

http://www.relapse.com / Petting Zoo Propaganda


T.O.O.H. "Pod Vládou Bice" CD 77/100
Grind enfumé
République Tchèque

Décrit comme un mélange de C.S.S.O., Cephalic Carnage, Gorguts, Macabre et Rupture, T.O.O.H. n'est ni plus ni moins le produit d'une génération qui a roulé trop de pétards. En effet, si le Grindcore avait des limites à proprement parler, on pourrait dire que T.O.O.H. les a sérieusement outrepassées. Nonobstant leurs délires (quasi free) jazz, leur infernal matraquage rythmique et leurs innombrables escapades au pays de l'humour, les deux auteurs de cet hallucinant tintamarre sont arrivés à se faire signer sur un label (Plazzma/Snuff). Ce n'est pas un major, mais il faut un début à tout... Le "pire", c'est que dans toute leur bizarrerie, le groupe a même réussi à incorporer des mélodies drôlement intelligentes. Le cinquième morceau, "Aura & Ziata", en est la preuve la plus déroutante. Par moments, je ne sais pas très bien où T.O.O.H. veut en arriver, mais je suis sûr qu'ils doivent prendre leur pied ! Il faut dire qu'ils ne sont pas les seuls...

RNO

schizoid@volny.cz


UNHEALTHY DREAMS "Nightmares Give Way To Apocalypse" CD 83/100
Black Metal
France

Bien qu'il atteigne aisément le quota "standard" d'agressivité, le Black Metal des français de Unhealthy Dreams n'est pas du genre à vous faire faire caca culotte après une simple écoute. Afin que cela ne soit pas perçu comme une tare par certains arriérés, il est important de souligner que tout ce que le groupe n'a pas en méchanceté, il l'a en bravoure musicale. "Nightmares Give Way To Apocalypse" est en effet un album d'une maturité étonnante, avec son lot d'arrangements théâtraux et un sens de la musicalité fort développé. Au travers de subtils - parfois même simples - fignolages çà et là, Unhealthy Dreams parvient à tout moment à rehausser les atmosphères, souvent à l'aide de grosses nappes de synthés bien épaisses, mais jamais réellement exagérées. Dans l'ensemble, les mélodies rappelleront donc plus facilement un Cradle Of Filth qu'un Immortal ou un Dark Funeral. Cela dit, rien chez Unhealthy Dreams ne fait penser à une démarche explicitement commerciale. Ils jouent comme ils sentent et le résultat est là ; drôlement bon ! Dommage que l'artwork soit si naze...

RNO

http://membres.lycos.fr/unhealthydreams / Hardebaran


VARIOUS "Metal Mine 2" CD 72/100
Compilation CD
Italie

C'est une sorte de tradition nationale (un peu comme la présence d'Adamo ou de feu Joe d'Amato aux génériques des meilleures productions cinématographiques italiennes). Depuis de nombreuses années, apparaissent des compilations underground composées exclusivement de groupes italiens. Aussi loin que je me souvienne, il y eu les "Screams From Italy", la série des "Black Tears Of Death" et les compils distribuées avec le Pluvia Metalli zine. On est passé du format K7 au format cd, mais sur le fond rien n'a vraiment changé. Tout est dans le titre "100 % Italian Underground". Il n'y a que des groupes italiens et le son est vraiment underground. Vingt et un groupes proposant chacun un titre de leur répertoire, on passe du bon au moyen voir au très moyen et on oscille entre le Thrash, le Death et le black avec parfois des groupes aux sonorités plus modernes. Chacun y trouvera donc à boire et à manger. On peut retenir Deforge (du bon Thrash avec un extrait de "Freedom Release), Abiura (avec un titre qui est présenté comme inédit et qui pourtant se trouve sur le "Nursery Rhymes For The Unborn" sorti en 2001), The Tombers, Valak (black cacophonique), Void Essence (old school Death Metal), Harmony Dies (sans aucun doute le meilleur titre de la compil.), Disguise (avec un titre de "Human Primordial Instinct"), Entirety (à la recherche d'un deal après l'arrêt de la collaboration avec Northern Darkness Rec. Au vu des trois titres de "To Fuck…" cela ne devrait pas trop poser de problèmes), Infernal Angel (du black mélodique qui a déjà fait l'objet d'une chronique dans Beyond), Icon Of Hyemes (avec un excellent titre dans la lignée de la démo "Gift"), Throne Of Decadence et The Krushers (avec un vieux titre inférieur à ce qu'ils ont fait sur "Mégaloi Theoi"). Un choix totalement subjectif et qui diffèrera d'un auditeur à l'autre. Le prix de ce genre de production étant souvent dérisoire, il s'agit donc d'un bon moyen de s'immerger dans les productions transalpines.

Georges.

http://www.metalmine.cjb.net


VARIOUS "Noisy Hours - Indigestible Sounds" CD 77/100
Metal compilation
Italy

Qui dit compil underground dit bon, moins bon et souvent mauvais. Heureusement, dans le cas de cette compil italienne, première de la série à venir, le mauvais est réduit à quelques pistes seulement. De plus, le produit est pressé pro et livré avec une jaquette couleur avec à l'intérieur photo, logo, line-up, et contact pour chaque groupe. Le panorama métallique italien est ici exploré de long en large puisque aucune restriction de style n'est réellement imposée. Ainsi, nous retrouvons de bons groupes de Heavy, Thrash, Hardcore, etc. Bref, y'en a pour tous les goûts... Certains se sont même payé le luxe d'inclure des morceaux inédits (qui ? Agabus, Lab 01, Cold Void, Bloody Tears, Holy Martyr, Crenshaw et SKW). Personnellement, j'ai vraiment bien aimé le Death Metal super efficace de Last Rites, le son lourdingue de Agabus, l'originalité de Anna Void... et Maledicta pour l'atmosphère et les compositions top classe. Le deuxième volume de la compil comportera 2 CDs avec encore plus de surprises... N'hésitez pas à garder un oeil sur leur site !

RNO

http://www.noisyhours.it


VARIOUS "Shock From The Underground" CD 76/100
Compilation
Greece

Difficile de donner une côte à une compilation. Les meilleures sont les moins intéressantes puisqu'elles ne reprennent que des groupes signés et ne servent que de support publicitaire aux labels. Les autres sont souvent réalisées sans grands moyens financiers et servent principalement à faire connaître des groupes moins réputés. Le niveau y est généralement inégal et il est souvent difficile de comprendre la présence de certains groupes. "Schock From The Underground" fait partie de la seconde catégorie et le niveau d'ensemble est plus que satisfaisant. Une grosse (première) partie des groupes proposés proviennent de la scène Death Metal (certains poussant jusqu'au black), la seconde s'oriente plus vers le power nu Death core metal (je pense n'avoir oublié personne en chemin). Les contributions les plus intéressantes ont été enregistrées par Lagrimas Negras (un titre de la promo "Inertia"), Deviser ( à la recherche d'un deal depuis la disparition de LSP Records), Suffering Down (le groupe basque de black le plus intéressant du moment), Ravencult (un extrait du génial "Supreme Chaos"), Overgarven (la bonne surprise de la compil.), Calmsite (avec un extrait de leur précédente démo, la toute nouvelle "Bite The Powerline" est plus convaincante), l'excellent Scent Of Death, Incendium (un groupe finlandais dans la lignée de Sentenced) et Ciborium (Death mélodique et parfois un peu trop). Les autres groupes participants sont Machine Called Man, Couragous, Drunkard, Ephen Rian, Eat The Gun, Black Fate, Torman Maxt, Without End et Crossover. Quasiment quatre-vingt minutes de Metal sous différentes formes...une initiative à saluer.

Georges

Sirrahprod@mail.gr


WURM "Würm" CD-R 62/100
Electro/Neo-Metal/Rock
France

Avec sa première démo autoproduite neuf titres à la frontière entre Electro, Rock et Neo-Metal, ce groupe de la région parisienne se place volontairement dans un créneau encore peu prisé et peu exploré. Remarquons que la musique créée par ces quatre compères reste à dominante Rock et en particulier Neo-Metal : alternance de passages son clair/son saturé pour la guitare, riffs typiques et classiques pour ce style (entre Korn et les Deftones… "Sweet As A Bitch", "). Cependant quelques samples - intelligemment placés - et rythmes chirurgicaux font appel à des formations telles que Download, Black Lung (le morceau "Entering In Myself" pour exemple), ou encore Front Line Assembly, c'est-à-dire dans le pur style Electro d'antan. C'est cette touche particulière et quelque peu originale qui permet à ce jeune combo (formé en décembre 2002) de faire la différence avec la majorité des formations actuelles qui ne sont, pour beaucoup, que des pâles copies des groupes de la scène effervescente US. Partant de ce constat, il reste à acquérir une certaine maturité sonore permettant une meilleure maîtrise des compositions pour permettre à Würm une percée hors du petit monde de l'Underground. Les arrangements sont en effet parfois maladroits (notons la dissonance certainement non désirée entre le chant et la musique pour la composition "Somewhere Else" qui choque spontanément) et basiques et la concentration pour l'auditeur reste difficile à garder sur la longueur. Reste un travail de fond essentiel à effectuer.

Ph.

http://www.wurm.clan.st


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