MISE A JOUR HIVER 2003
(les chroniques sont listées par ordre alphabétique...)
ADAGIO
" Underworld "
CD 85/100
Progressive/Symphonic Metal
France
Il se peut que les musiciens d'Adagio exècrent qu'on les compare sans cesse à Symphony X, mais il faut avouer qu'ils l'ont un peu cherché La grande chance qu'ils ont, c'est d'être de très bons copieurs ; comme le public est (dans sa majeure en tout cas) partie très friand de bonne musique - peu importe qu'elle soit originale ou pas - c'était quasiment gagné d'avance. Il suffisait finalement de peu de choses au niveau créatif Ce qui - soulignons-le - ne veut pas dire que les Français n'ont pas fourni un travail des plus élaborés, car si le son et le style sont dans la pure veine Symphony X, les compositions n'en sont pas moins originales et personnelles dans leurs structures et leurs arrangements. Ceci dit, c'est surtout au niveau de la musicalité qu'Adagio a fait très fort. Pour autant que je me souvienne, le dernier opus aussi accessible dans le genre, c'était l'agréabilissime " The Kingdom " de Wizards. Ou était-ce l'excellent " V " de Symphony X ? Ce n'est pas si important Le fait est qu'Adagio n'a rien à envier aux grands groupes de Metal Prog/Sympho et je pense qu'avec un album de la trempe de " Underworld ", ils réussiront à se tailler leur part du lion et ce, pratiquement sans embûche aucune. Il reste juste à voir si le groupe sera soutenu comme il se doit, afin qu'il acquière une réputation solide et finalement bien méritée
RNO
NTS / Rock Inc.
AKERCOCKE
"Choronzon"
CD 72/100
Death/Black Metal Satanique
Angleterre
Bien qu'associé à une image à la fois satanique (les membres de ce groupe disent tous agir selon un code strict), fétichiste et érotico-pornographique, Akercocke ne dupera personne (sauf peut-être quelques-uns de ces fans primaires ne sachant faire la différence entre le virtuel et ce monde terne qui nous entoure) quant à ses convictions et ses ambitions musicales. Mais passons sur ce point de détail, digne d'adolescents prépubères en mal de vivre. Après une introduction presque inquiétante pouvant rappeler un de ces films d'horreur de la vieille génération, commence enfin ce "Praise Of The Name Of Satan" pour lequel des structures typiquement Death/Black Metal s'enchaînent : blast à tout va, alternance des chants rauque et crié et nappes à la Cradle Of Filth. Rien de bien original, en somme. L'entrée en matière de la deuxième plage reste inquiétante et appelle le morceau le plus intéressant de l'album. Mid-tempo, "Prince Of North" est effectivement le morceau le plus abouti, et plaira aux puristes : riffs à la Morbid Angel, batterie des plus dynamiques, solos frénétiques et montée en puissance finale. Le reste n'attire l'attention que de façon discrète pour exemple, le titre phare "Choronzon" est une belle réussite sonore de par sa simplicité. Certains courts passages de par leur arrangement peuvent capter notre attention, et c'est en particulier quand Akercocke tente de greffer des éléments autres que Death ou Black à sa musique (parfois Gothic ou même encore Electro).
Ph.
http://www.earache.com / Zomba
A
LIFE ONCE LOST "A Great Artist"
CD 84/100
Hardcore/Death Metal
USA
Musicalement, A Life Once Lost se positionne avec ce "A Great Artist" entre la hargne d'un Nostromo dans sa grande forme et la technique (rythmes cassés, dissonances particulières, arrangements caractéristiques ) d'un Meshuggah période "Chaosphere/Nothing". Et c'est d'autant plus flagrant pour cette dernière comparaison dès l'écoute de la première plage "Surreal Atrocities", pour laquelle des mesures impaires (auxquelles le jeu de batterie est greffée à sa manière ) peuvent agresser certaines des oreilles trop éduquées aux tempos binaires. Ceci se confirme par la suite, certains solos languissants et hors harmonies "classiques" (les titres "Nevermore Will I Have An Understanding " et "Pious", par exemple) et certaines tonalités vocales sont en effet fortement imprégnées de la fibre de ce groupe suédois des plus novateurs de ces dernières années. Le son se rapproche cependant des productions Hardcore à l'ancienne - brutes et quelque peu baveuses - donnant un côté moins chirurgical et moins Metal que Meshuggah. Si l'on tient compte cependant que cet opus n'est que le deuxième enregistrement de ces cinq jeunes américains ("The Fourth Plagues :Flies", premier EP, est sorti en 2002), la place qu'occupe alors ce combo sur la scène Hardcore Brutale actuelle n'est plus à justifier. Deathwish (le label de J. Bannon, chanteur du cultissime quintet Converge) garde alors son caractère marginal et son goût pour les musiques extrêmes, puisqu'il compte désormais dans ses rangs A Life Once Lost (Notons également que Bannon s'est chargé de l'Artwork de ce nouvel EP). Un conseil, dès lors: à écouter des heures et des heures durant
Ph.
ALL
OUT WAR "Condemned To Suffer"
CD 80/100
Hardcore Metal
USA
Rythmiques en béton armé et structures Metal imparables, "Condemned To Suffer" - troisième album en date - représente ce qu'attendaient depuis fort longtemps les aficionados d'une violence et d'une brutalité sonores toutes deux conjuguées au pluriel. Sublimant le plus agressif du Hardcore Old-School et actuel (Cro-Mags, Agnostic Front, Madball, Hatebreed ) allié à une base Death/Thrash Metal des plus solides (Slayer, Napalm Death, Morbid Angel ), les New-Yorkais de All Out War partent en croisade pour convertir à leur musique de gré ou de force les indécis et très peu de formations pourront suivre (je n'ose imaginer la puissance se dégageant sur scène lors de l'interprétation de ces titres ). "Straight Towards Extinction" ouvre les hostilités et ce sera selon la même cadence pendant presque 40 minutes à vous de tenir. Les riffs sont plus que jamais directs et efficaces, les tempos ne descendant presque jamais en dessous de 120, la batterie aussi riche que peut le demander ce style (double grosse caisse en veux-tu, en voilà ), la voix criarde au possible, les solos dissonants et expéditifs, les breaks radicaux De la pure jouissance mesure après mesure.
Ph.
http://www.victoryrecords.com / Hard Life Promotion
ARENA
" Contagion "
CD 80/100
Prog Heavy Rock
UK
Enième skeud pour les British de Arena qui ont - une fois de plus - frappé très fort. Prenant soin de dignement exhiber cette étonnante facette à la fois sombre et flegmatique qui les caractérise maintenant depuis belle lurette, le quintette s'est pour l'occasion lancé dans l'écriture de bien seize nouveaux morceaux parmi lesquels on retrouvera quelques petites perles, je pense à " Spectre At The Feast " ou " Salamander " par exemple, où l'on reconnaît quelques lignes de chant rappelant étrangement celles écrites par leurs collègues du groupe Threshold qui, eux aussi, arborent cet étrange côté élégant et impassible dans quasiment toutes les compositions qu'ils nous livrent. Il est un fait que les Anglais - qu'ils jouent de la Pop, du Rock ou du Metal - ont toujours su retenir leurs ardeurs avec une grâce presque contradictoire, du moins si l'on connaît leurs féroces instincts Mais revenons à nos moutons. Ce qui est vraiment intéressant sur " Contagion ", c'est la manière dont l'album a été produit et mixé. On y découvre en effet une effarante multitude de sonorités, d'effets, d'overdubs en tous genres et ce n'est donc pas l'ambiance qui manque ; surtout que tout a été savamment dosé ! Clive Nolan et John Mitchell peuvent être fiers de leur boulot, c'est certain Un album suave, à l'attaque souple mais au retour fruité, comme un bon vin !
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
B-CODE
" B-Code "
demo MCD 85/100
Grunge Metal
Italie
Je ne sais pas combien de groupes italiens officiant dans le Neo Metal j'ai pu chroniquer ces derniers mois, mais le nombre est impressionnant (3?!), enfin presque Je m'attendais à un nouveau clone du genre, ce qui finalement, vaut mieux que toute cette scène Power Metal dont nos amis sont si friands. Pour en revenir à ce qui nous concerne, B-Code nous propose plutôt un mélange très intéressant de Metal et de Rock alternatif, espèce de Pearl Jam ou Soundgarden version Metal, avec la puissance du Metal et la mélodie de l'alternatif/Grunge. Mais ce qui surprend le plus, c'est la variété (et la qualité) du chant, principalement mélodique mais aux accents souvent agressifs et parfois hurlés façon Neo-Metal (sans exagération). A de nombreuses reprises, ce chanteur m'a rappelé John Bush, époque Armored Saint (actuellement chanteur d'Anthrax), avec ce ton unique (enfin, plus maintenant!) qui faisait d'Armored Saint une exception du genre. Une démo très mature donc, et un groupe qui pourrait bien se faire connaître sur le plan international dans un avenir relativement proche.
Steph
BETWEEN
THE BURIED AND ME "The Silent Circus"
CD 80/100
Hardcore/Death Mélodique/Rock Metal
USA
Certains disques étonnent par leur originalité, leur approche hors norme "The Silent Circus" est l'un d'eux. Ce deuxième opus du groupe américain Between The Buried and Me surprend en effet dès la première plage "Lost Perfection", et ceci au travers de la combinaison d'éléments issus du Hardcore Old-School aussi bien que celui de la nouvelle génération (Dillinger Escape Plan pour le côté technique), du Death Mélodique (In Flames ou Soilwork) ou encore par insertion de phrasés tout simplement Rock ou Metal (on croirait même entendre du Pantera par moments !!), tendant à produire un ensemble pouvant paraître quelque peu disparate (certains puristes seront bien certainement spontanément choqués ), mais attractif. En effet, l'ensemble séduit, et l'on en vient à passer outre la brutalité primaire (mais toutefois efficace et radicale) de certains titres ("Camilla Rhodes", "Mordecai" ) pour s'oublier en écoutant les titres les plus planants et les plus mélodiques de l'album ("Reaction", "(Shevanel Take 2)"), preuve que les atmosphères et les styles sont très bien contrôlés. La production est de plus irréprochable (le son est propre et agressif) et est signée Matthew Ellard (ayant travaillé sur l'époustouflant "Jane Doe" de Converge). A noter enfin, la belle performance de Tommy Rogers au chant, capable de passer d'un registre Death ou Black Brutal à un répertoire plus Rock ou Pop.
Ph.
http://www.victoryrecords.com / hard Life Promotion
BLACK
BLEEDING " Worship "
demo MCD 88/100
Death Metal
Belgique
Génial ! ! ! Une des meilleures démos de cette année 2003. Sans parti pris, indépendamment du fait que Black Bleeding est originaire de la partie francophone de notre pays (d'ailleurs je pense ne jamais les avoir vu en concert)... bref, sans aucun patriotisme stupide, je puis clamer que " Worship " est une putain de bonne démo. Cinq titres de Death Metal comme on l'aime. C'est brutal, carré, guttural, bourré de changements de rythmes et parsemé de multiples breaks. Le batteur (derrière un pseudo un rien rébarbatif " Balmuzette ") est tout à fait génial. Il a la réputation de pouvoir passer du rock au Grind et à la musique de bal de village sans aucune difficulté .mais je ne m'attendais pas à une telle déferlante de breaks et d'accélérations. Depuis " Necroblasphemy ", le groupe a énormément mûri et si cette première démo était déjà très bonne, ce nouvel opus surpasse ce que le groupe a pu enregistrer précédemment et surpasse d'ailleurs la quasi-totalité des démos de death qui nous sont passées entre les mains ces douze derniers mois. Je dois approcher de ma deux centième chronique pour Beyond et " Worship " doit être une des notes les plus élevées que j'ai pu attribuer. Emptiness, Never Light Horizon et Black Bleeding s'ils étaient de Tampa ou Boston, on crierait au génie
Georges
http://www.listen.to/blackbleeding
BLOODLINE
"
Werewolf Training "
CD
Black Metal
International
Mais que c'est bon ! Loin de la flopée d'albums fades et insignifiants qui nous submergent en ce moment, ce " Werewolf Training " apparaît comme un petit bijoux. Nous sommes littéralement plongés dans un monde froid, haineux et terriblement malsain, avec aux commandes les plus grands spécialistes du genre. En effet, Bloodline n'est, en fait, que le fruit de l'union de Sieur Sasrof de Diabolicum et de Sieur Teitan d'Aborym, épaulés par messire Nättefrost (Carpathian Forest) qui vient supplanter le tout avec sa voix d'outre-tombe... Comme on pouvait s'y attendre, les compos sont structurées, avec pleins de samples et de sonorités Electro. Quant aux vocaux, ils sont, bien évidement, sublimement exécutés - hurlés mais très compréhensibles. Même les lyrics ont été soigneusement travaillés (c'est rare...), même si le concept reste assez commun, c'est très bien écrit, la plupart du temps en vers, et ça colle parfaitement à l'atmosphère générale dégagée par la musique et l'artwork. En somme, du grand art, mené de main de maître par 3 grands messieurs, qui, pour moi, signent vraiment ici une oeuvre magistrale !
Ilann
http://www.selbstmord.nu / Masterpiece Distribution
BLUTCH
"Fra Diavolo"
CD 85/100
Doom Hardcore Metal
Belgique
Lourd, ultralourd, éléphantesque Les premières notes de ce "Fra Diavolo" tombent sans avertissement et écrasent douloureusement tout espoir d'échapper au malaise musical perpétré par ce trio ravageur. Les titres aux structures alambiquées, dans une veine pachydermique (les compositions sont plus lentes et plus imposantes que celles d'un Crowbar vieillissant), et à forte tendance Doom, resteront des pièces majeures de la scène underground actuelle. Citons comme principales influences pour ce deuxième album (après "Enjoy Your Flight"), Khanate (en moins sale et plus Metal), SunnO))) (pour les haltes tirant vers des fréquences infrabasses), Cathedral (dans son époque la plus Doom), Teeths Of The Lions (avec pour ce dernier, le très respectable Lee Dorian au chant), Halo et Neurosis. Ce combo montre ici qu'il a su distiller le meilleur de ces formations pour n'en garder que l'essentiel et le plus morbide. Les dissonances et larsens semés ça et là n'enlèvent en rien le côté hypnotique que n'auraient en aucun cas renié un Godflesh dans sa période la plus Industrielle. La basse ronflante au son énorme et la batterie au jeu mesuré et pondéré laissent parfois libre cours à une guitare aux riffs déstructurés. Autant dire que Blutch a d'ores et déjà réussi à s'imposer Europe comme chef de file du Metal oppressant à tendance Doom.
Ph.
http://www.delboyrecords.net / Conspiracy Records
BURIAL
GROUND " Promo ? "
demo MCD 76/100
Heavy Tribal Death Metal
U.S.A.
" Like tribal drums of yesteryear, Modesto's Burial Ground provides a thunderous metal sound of fast-paced rhythms and hard-edged vocals in maintaining this legacy as the original purveyors of metal ". Il n'y a pas à dire, rien ne vaut l'avis éclairé du groupe concerné pour décrire sa musique. C'est parfois un rien impartial (à dire le moins) mais pour ce qui est de définir le style, il n'y a pas mieux et je n'ai d'ailleurs pas trouvé mieux (je n'ai pas beaucoup cherché non plus mais je me doutais que ce serait de toute façon en pure perte). Pourtant, si je suis d'accord avec le groupe sur le style musical, je serai un poil moins enthousiaste à propos du résultat final. N'allez pas vous imaginer que la musique de Burial Ground manque de qualité loin de là, mais je ne trouve pas le concept si original que ça ! C'est du Death basique avec un gros penchant pour les rythmes saccadés et les changements de tempos. On y a ajouté quelques passages plus Thrash pour faire bonne figure et on a agrémenté le tout avec une grosse dose Heavy pour un résultat finalement assez réussi. Les vocaux sont accrocheurs et ils s'associent parfaitement avec l'aspect 'syncopé' de l'ensemble. Trois titres seulement et pas de bio pour me permettre de vous en dire plus (et en plus je me sens trop fade que pour passer jeter un il sur le site du groupe) on va donc en rester là.
Georges
BURNT
BY THE SUN "The Perfect Is The Enemy Of The Good"
CD 90/100
PostHardcore/Metal
USA
Pour leur deuxième album que l'on peut situer entre Neurosis (au tempo plus rapide), Dillinger Escape Plan (en moins technique et bien moins clinique), et Mastodon (dans le meilleur de sa forme), Burnt By The Sun a placé la barre très haute Tout d'abord, le choix du producteur est d'ores et déjà un gage de qualité, puisque c'est Matt Bayles qui a été sollicité pour la réalisation sonore de cet opus. Celui-ci, ayant travaillé ces dernières années avec les plus grands en PostHardcore et de façon plus générale en Metal (Botch, Isis, Mastodon, These Arms Are Snakes la liste est longue), n'a de toute façon plus rien à prouver - sa renommée étant établie depuis quelque temps déjà. Le son est tout simplement énorme, parfaitement adapté à Burnt By The Sun et répondant aux attentes du quatuor (le groupe s'étant débarrassé ici de son second guitariste). La première plage "Abril Los Ojos" - composée essentiellement de samples et nappes malsaines - nous prépare malgré nous au déluge de riffs brutaux qui va suivre tout le long des treize morceaux restant. La guitare, plus incisive que jamais, est épaulée par une batterie au jeu hors norme et extraordinairement riche, certains breaks étant tout simplement époustouflants. Le chant de Michael Olender - plus hargneux que jamais - et la basse ronflante apportent également leur contribution à la violence musicale perpétrée. Certains interludes bruitistes viennent de plus agrémenter l'ambiance sonore aux côtés de compositions mid-tempos délibérément plus hypnotiques (toutes proportions gardées), tel que "Arrivial Of Niburu". Rien ne peut plus contenir la férocité et l'avidité de ce combo US, qui n'en est pas assurément à son dernier méfait.
Ph.
http://www.relapse.com / Petting Zoo Propaganda
CENTRIFUGE
"Visions Old, Feelings Cold"
demo MCD 55/100
Stoner Doom Metal
U.S.A.
J'ai essayé par différents moyens et à différentes reprises de me pencher sur le sort de ce " Visions Old, Feelings Cold ", mais rien n'y fait. Depuis maintenant plus d'une semaine, je me bats avec les cinq titres de la démo et j'ai le sentiment que je n'y arriverai jamais. Autant dire les choses simplement, je n'aime pas la musique de Centrifuge, mais quand je dis que je n'aime pas, c'est vraiment pas du tout ! C'est tout bêtement une question de goût, mais rien n'y fait : c'est du Doom, d'accord, et si des groupes comme Trouble, Candlemass ou Witchfinder General m'ont toujours bien branché, je n'ai par contre jamais pu accrocher à la musique des Cathedral, Anathema et autres pachydermes en pattes de mammouth et rouflaquettes garanties Woodstock. C'est lent, c'est lourd et c'est surtout très mou. Rien à faire : j'aime pas... Les vocaux, comment dire, il faut aider ce type, ne plus le laisser se lamenter comme ça il faut faire quelque chose et vite !!! La rythmique, ben faudra peut-être trouver un autre terme parce que c'est tout sauf rythmé. Quant aux parties de guitares, je préfère ne pas en parler. Encore une fois, c'est sûrement une question de goût, j'ai des copains qui s'extasient sur les films d'Ovidie et de Julia Channel donc il doit se trouver des gens de par le monde qui aiment Centrifuge au-delà de tout et qui dorment peut être avec " Visions Old, Feelings Cold " sous leur oreiller pas moi.
Georges.
http://centrifugemusic.tripod.com
CORROSIF
" Join Us "
digipack CD autoproduit 80/100
Heavy Thrashcore
Suisse
Les Suisses ne débarquent jamais sans en mettre plein la vue à tout le monde. Si ça continue, on finira bientôt par ne plus être étonnés par le hype de nos amis helvètes Il serait cependant difficile de feindre l'indifférence avec un exemplaire de " Join Us " entre les mains. Rien que pour l'objet, je vous jure qu'on apprête déjà sa carte bancaire ! Mais venons-en à la musique. Epaisse, brutale, aux relents tant Néo que Thrashcore, ses mélodies s'esquissant sur des grooves souvent empruntés au Néo, elle a tout pour plaire au niveau originalité. Côté chant, le sextette s'est adjoint les services de ce que j'appellerais un homme à tout faire. Le Fab n'hésite en effet pas à opérer un amalgame de vocaux clairs, gutturaux et - plus rarement, je vous rassure - rappés, parfois carrément au sein d'un même morceau. Voilà une façon assez subtile de réconcilier Hip-hop, Metal et Core sans perdre de vue que c'est bien le Metal qui est au centre de nos principales préoccupations... Ce que les auditeurs apprécieront sans nul doute, ce sont tous ces gros refrains mélodiques qui vous restent scotchés en tête jusqu'à la tombée de la nuit. Voire même après Un réel must pour ceux qui n'ont aucune appréhension vis-à-vis du métissage.
RNO
http://www.corrosif.ch / Hardebaran
Dai Lo, formé en 1999 à Nottingam, officie dans un style oscillant entre le Neo-Metal - incomparable avec la vague déferlante Linkin Park et consorts mais plutôt, s'il est nécessaire de comparer, un Metal à la Sevendust - et le Rock dynamique et mélodique de ces dernières années. L'Angleterre sait en effet par-dessus tout générer ce genre de combo efficace, aux compositions plutôt énergiques. Le premier aspect qui charme spontanément est ce chant aux fréquences féminines, mis fortement en avant et présent tout le long des 40 minutes, sachant se faire doux, conciliant et agressif selon l'humeur des titres. Mais, je vous rassure, ce dernier ne masque en rien le jeu rythmique de nos trois autres musiciens (basse, batterie et guitare), qui ne cessent de produire un groove et une certaine force musicale Un cocktail détonnant est ainsi obtenu, et certains plages retiennent tout particulièrement notre attention : "House Of Cards", avec son refrain entêtant et son côté mélancolique (au regard du reste des morceaux), "Close", axé principalement sur la mélodie de Shaun Bailey - la vocaliste, "The Push", au riff moteur presque envoûtant Les arrangements sont de plus assez novateurs, des samples et scratches particulièrement discrets étant disséminés de façon judicieuse. Un bon premier album, assez prometteur
Ph.
D.BASSER
"Blind In The Sun"
MCD 78/100
Hardcore/Noise
France
Si l'on exclut d'emblée le son de cette autoproduction (la troisième à ce jour), un peu trop léger à mon goût (manque de fréquences basses et plus gênant, manque de dynamique guitare trop en retrait, batterie un peu faiblarde), D.Basser étonne par l'originalité de ses cinq compositions proposées. Le titre "Blind In The Sun" ouvre les hostilités, ne pouvant manquer de nous rappeler (sans en invoquer le plagiat) le combo US Quicksand (les sonorités et les mises en place étant très proches). D'autres formations peuvent être également citées : Helmet (pour certaines périodes), Orange 9mm, et quelques autres. Une bonne digestion de ces influences permet à D.Basser d'en faire ressortir l'essentiel : les mélodies et harmonies propres à la Noïse (jeu entre la guitare et la basse), le format court des compositions pour lesquelles l'essentiel tient dans la succession des riffs (montée en puissance, moments d'accalmie), rythmes mid-tempos Autant affirmer que ce combo français est d'ores et déjà mûr pour l'enregistrement d'un album, et je l'avoue personnellement, c'est avec une curiosité mêlée à une impatience nerveuse que l'attente d'une nouvelle écoute se fera.
Ph.
DEATH
BY DESIGN " Promo cd "
demo MCD 80/100
Death Metal
France
Un bon et j'ai presque envie de dire un tout bon groupe français. Death By Design n'est pas un inconnu de la scène hexagonale. Peut-être vous souvenez-vous d'un groupe répondant au doux patronyme de No Sobriety ? Suite à un changement de line-up assez radical (3 membres sur 5), ils nous reviennent sous un nouveau nom et surtout avec une nouvelle maquette qui préfigure un premier album qui sortira en 2004 sur Thundering Rec. Les trois titres repris sur cette promo ne pourront que ravir les fans de Death Metal. Tout est bon ! Des vocaux caverneux à souhait, des parties de guitare bien ficelées qui apportent un brin de mélodie à un ensemble particulièrement percutant et efficace sans oublier une rythmique à la fois lourde et puissante. Rien à jeter, c'est du Death Metal de qualité supérieure qui pourra à n'en pas douter directement sortir des frontières françaises et rivaliser avec de nombreuses pointures européennes. Ce n'est pas tous les jours que je dis du bien de nos voisins d'en bas mais ici, il n'y a pas à ergoter, c'est du tout bon.
Georges
DEREK
SHERINIAN " Black Utopia "
CD 77/100
Prog Metal
USA
Compagnons audiophiles, oyez ! Le nouveau Derek Sherinian est arrivé ! Fort de son impressionnante liste d'invités, ce disque vous rendra très rapidement dingo tant il pète le feu. Visez-moi ça : Yngwie Malmsteen, Al DiMeola, Zakk Wylde, Steve Lukather, Tony Franklin, Billy Sheehan, Jerry Goodman, Simon Phillips et - last but not least - Brian Tichy. Si maintenant vous avez mieux à nous proposer, notre adresse se trouve dans la rubrique contacts J'attends vos suggestions avec impatience ! Le plus intéressant est que " Black Utopia " est - contrairement à ce que certains pourraient s'imaginer - un disque fort différent de ce que notre " Magic Derek " a l'habitude de nous fourguer dans le cadre de son autre projet-branlette, j'ai nommé Planet X. Déjà, les morceaux sont beaucoup plus différenciés les uns des autres. Ce qui n'est pas un moins De plus, entre également en compte le fait que Derek n'occupe pas ici une place aussi prépondérante, aussi étrange que cela puisse paraître. Ecoutez " Nightmares Cinema " par exemple Qui est-ce qui domine au niveau instrumental ? Personne Pourtant le morceau est canon ! Mais chacun ici a sa place et le groove qui fait vivre les mélodies ci présentes nous entraîne à chaque coup à travers de sombres et passionnantes atmosphères. Fabuleux également le title-track " Black Utopia ", étrangement positionné en fin de parcours, possédant pourtant toutes les qualités requises pour en faire un morceau parfait, accrocheur et " evil ". De la balle !!!
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
DREADLOCK
PUSSY " Jacob's Ladder "
Maxi CD 75/100
Rock
Belgique
Voici donc le dernier single tiré de l'album " Tsumi " des Hollandais de Dreadlock Pussy : le maxi s'ouvre sur la chanson " Jacob's Ladder ", nous sommes ici gratifiés d'un Rock puissant et planant, rythmé de backing vocals criés du plus bel effet. On a ensuite le droit à une jolie piste instrumentale, puis à " T Minus " en version acoustique. On en retiendra la très belle voix du front man, toute en nuance. Le quatrième et dernier titre est " Slipped ", très reposant et doux relevé de sons électroniques, où le groupe déploie toute sa cohérence et une approche qui rappellera (toute proportion gardée) Morcheeba avec une voix masculine. Un bon groupe donc qui mériterait une reconnaissance européenne à l'écoute de ce sympathique maxi cd.
MattH
http://www.seamiewrecords.nl / Zomba
DYING
TEARS " Spleen And Hope "
CD 76/100
Metal Atmo
France
Parler de Dying Tears, c'est un peu comme parler d'un bon hochepot. On sait que ça nous goûte, mais on a du mal à distinguer lequel des ingrédients de la préparation est le plus orgasmique. Loin de cette image culinaire, nous remarquerons avec aisance que sous la tignasse (hé non, pas toujours chevelue) de nos huit métalleux parisiens sommeillent des bêtes de créativité qui bravent les lois de la composition avec audace et assurance. Fort de plusieurs présences féminines (chant, cello et synthé), le groupe parvient sans aucune difficulté à créer des ambiances pleines et nuancées, sans jamais alourdir l'ensemble avec d'inutiles interventions. Notons que la remplaçante de Rose Vignat - qui chantait comme une casserole sur le précédent album (" Amnesia ") - apporte un plus, bien qu'elle ne soit pas toujours top au niveau de la justesse non plus, comme sur " Nothing To Lose " ou " The Doors Of Heaven " où elle part dans des figures harmoniques légèrement inadaptées à son registre, ce qui a pour conséquence qu'elle se retrouve out de quelques commas. Cela dit, rien d'inécoutable ! Les amateurs de tensions étranges pourront même trouver dans ces écarts mineurs un côté expressif très appréciable Au niveau de l'atmosphère, on nage pour la plupart du temps dans des climats mélancoliques dont l'intrinsèque sentiment de tristesse se voit ennoblit par d'élégantes rythmiques aux tempi moyens, voire carrément lents. Les moments culminants sont, sans hésitation aucune, " Spleen " et " Grey'volution ", bien que dans l'ensemble, " Spleen And Hope " est un disque qui se laisse écouter et réécouter dans son entièreté avec finalement beaucoup de plaisir
RNO
http://www.thundering-records.com
ELIGOR
" In Nomine "
CD 72/100
Symphonic Black Metal
Italie
C'est en terminant la chronique que je me suis donné la peine de lire la bio. Beaucoup trop tard comme d'habitude et c'est là que j'ai appris qu'un membre du groupe s'était donné la mort après l'enregistrement de cet album. Je n'ai pas envie de recommencer parce que cette chronique reflète assez bien ce que je pense de " In Nomine ", mais d'un autre côté, je ne veux pas me montrer irrespectueux envers la mémoire de Alessandro Nesci. Si c'est de mauvais goût, je m'en excuse d'avance.
Autant vous le dire tout de suite, je suis d'une mauvaise fois à toute épreuve ! " In Nomine " est le genre d'album qui me permet d'assouvir ma jalousie vis à vis de nos amis italiens. Comprenez-moi bien, dés mes premiers émois sexuels, j'ai été profondément affecté par les acteurs/étalons du style Roberto Malone et Rocco Siffredi. Il m'est impossible de m'intéresser à un sport, sans que ceux-ci soient outrageusement dominés par les champions azzurri. Des Alpes à la Méditerranée en passant par Rome et Venise, L'Italie offre ce que l'on peut rêver de mieux et pour couronner le tout, il y fait beau onze mois par an (faut vous dire que de part chez nous, on est assez content quand on reste 15 jours sans voir la pluie). Donc, tout mis ensemble, je suis aigri heureusement, il nous reste la musique. A de très rares exceptions près (Sadist, Faust ), les productions made in Italy ne sont guère réjouissantes. Bulldozer, U. Tozzy, Mortuary Drape, Goatreich 666, Nefarium ne sont pas des fleurons de la scène musicale. Eligor fait partie de ces groupes qui me soulagent, " In Nomine " est assez médiocre (même pas besoin d'être méchant), du symphonic Black Metal déjà entendu des dizaines de fois auparavant. Ca manque d'originalité, de profondeur et tout simplement de talent. Il y a bien quelques points positifs mais ils sont finalement trop peu nombreux que pour vous en parler. . Pour les fans du genre, je n'ai rien compris et je deviens vraiment trop vieux donc pour les mails d'insulte, c'est comme d'habitude, vous envoyez à RNO qui fera suivre.
Georges
http://www.eligorinnomine.supereva.it / MKM Promotion
FONY
"Routine Irregular"
CD 80/100
Neo-Metal/Rock
Angleterre
Pour cet album "Routine Irregular" du quintet anglais, l'influence Neo-Metal est toujours bien présente, comme en témoignent les alternances entre chant clair/chant rauque, ainsi que la succession des passages plus calmes et plus énergiques. Le groupe Deftones, principalement (et pour certaines plages seulement), peut être cité comme source d'inspiration. Cependant, ces onze titres contiennent autre chose qu'une simple formule toute faite et prête à l'emploi, puisqu'ils sont empreints d'un véritable feeling et d'une véritable personnalité - une certaine maturité étant de plus une caractéristique majeure de ce second opus. Les mélodies de guitares et du chant se succèdent sans aucune perte de puissance, les arrangements étant de plus particulièrement accrocheurs (reprise de la dynamique au moment opportun, enchaînements parfois surprenant de certaines mesures). Pour illustrer ce constat verbal, les morceaux les plus plaisants - "Black Widow And A Film Noir" et "Emeritus", pour exemple - sont à passer et repasser afin d'être convaincu du potentiel ravageur de Fony. Quelques plages plus calmes et parfois mélancoliques - "Helium", "Circles" - viennent parfois nous accorder une pause sonore agréable, preuve de la capacité de ce combo à changer d'atmosphère sans perdre aucune cohérence.
Ph.
FOREVER
UNTIL OCTOBER "Forever Until October"
CD 80/100
Emocore
Angleterre
Ce quintet britannique nous prouve que l'Emocore n'est pas mort, et que bien au contraire, peu de choses ont été dites et faites. Le territoire du Hardcore émotif fut sauvagement et massivement emprunté ces dernières années - pourra-t-on m'affirmer -, mais nombre de zones restent toujours inexplorées. S'étant fait remarquer précédemment lors de la sortie de son EP trois titres "Perfect", le combo Forever Until October propose ici avec leur premier album proprement produit (pour résumer, un son clair et net appréciable d'un bout à l'autre) aux dix titres accrocheurs une musique moins commerciale que son compatriote Hundred Reasons (certaines compositions et la voix de Phil Darroch peuvent tromper l'auditeur qui pourrait confondre les deux formations) et beaucoup moins expérimental et novateur que le cultissime At The Drive In (définitivement difficile à égaler). Dès la première plage "Krom" la magie opère immédiatement, car ces cinq anglais nous offrent un pur concentré de mélodies dissoutes intelligemment associées à des mesures plus dynamiques et rentre-dedans C'est cette combinaison subtile qui nous séduit et nous captive d'un bout à l'autre, chacun des instruments ayant son rôle qui lui est propre (guitares complémentaires et basse possédant sa propre mélodie le tout, bien sur restant en harmonie). Bien que les morceaux semblent avoir déjà été entendus auparavant (mais ce n'est qu'illusion), ils ne peuvent nous empêcher de réécouter ces trop courtes 35 minutes
Ph.
IMPALED
NAZARENE "All That You Fear"
CD 78/100
Motorhead version Black
Finlande
Houlà Mikka et ses acolytes se sont sérieusement déchaînés sur ce coup-là ! Après l'accalmie (apparente j'en déduis): le déluge ! " Absence Of War Doesn't Mean Peace ", le précédent opus de nos sympathiques antichrétiens finlandais, était un chouia plus civilisé, il faut l'avouer Bande de faux jetons ! Tout ça n'était donc qu'une diversion pour nous en tartiner une double couche au tour suivant ! Notez que, si l'écoute de " All That You Fear " est tout sauf une sinécure, on ne peut pas pour autant nier que l'album a en soi un côté très épuré, ce qui le rend quelque peu difficile à cerner, mais également incontestablement appréciable. Tuomo, le nouveau gratteux de service, a - semble-t-il - abattu un sérieux boulot pour s'adapter au style Impaled. Osmotique, le p'tit gars ! Il ne nous reste plus qu'à espérer que celui-ci ne s'explosera pas la tronche dans les escaliers comme son défunt prédécesseur Au niveau musical, on passe des typiques grooves Punk'n'Roll bien sales à de confondantes déflagrations rythmiques où l'on a l'impression d'halluciner comme des fous tellement ça speede ; le tout sur des riffs et des sonorités bien " evil " - le mix du fameux Mikko Karmila ne réussissant pas vraiment à adoucir les angles De rares morceaux, comme " Suffer In Silence " et " All That You Fear " (le title-track) ramènent paix et sérénité en la demeure et nous rappellent qu'on a tous en nous un certain sens de la mélodie qui ne demande finalement pas grand-chose pour s'épanouir. Cela dit, je vous conseille de rester sur vos gardes. Un disque d'Impaled Nazarene, ça reste toujours de la testostérone à haute concentration. Plus un soupçon de Jack Daniel's bien évidemment
RNO
http://www.osmoseproductions.com
INHUME
"
In For The Kill "
CD
Brutal Death / Grind
France
"In For The Kill" est un concentré de brutalité maîtrisée. Je pense que cela définit assez bien cet album. En effet, avec cet opus (à l'artwork brutal Death/Grind des plus hideux), les Français d'Inhume ne font certes pas dans la dentelle mais ce n'est ni décousu, ni basique pour autant. C'est d'ailleurs, peut-être trop cousu dans le sens où les morceaux s'enchaînent sans transitions sur les mêmes rythmiques et quasi les mêmes riffs. Le chant est, de plus, guttural, basique et monotone, mais une production bien puissante et un batteur qui en a sous le pied et dans les bras (ça blaste et ça double à gogo !), viennent rehausser le tout. " In for the Kill " ravira donc les accros du genre... mais juste eux !
Ilann
http://www.osmoseproductions.com
KAIPA
" Keyholder "
CD 88/100
Prog Rock
Sweden
" Notes From The Past ", le précédent opus des Prog Rockers suédois, était d'un tel niveau qualitatif que jamais je n'aurais cru que le groupe capable de remettre le couvert et de nous régaler à nouveau, surtout après un an seulement... Pourtant, " Keyholder " a tout d'un album réussi et ce, sous tout angle que l'on puisse imaginer. Le génie compositoire des " nouveaux " Kaipa (reformés depuis deux ans à peine, rappelons-le) s'avère donc perdurable dans le temps, ce qui réjouira sans aucun doute les amateurs du genre qui, bien souvent, sont des mélomanes instinctivement assoiffés de fraîcheur et de hardiesse. Pour leur plaisir et non exclusivement, ce sont donc huit longs (parfois très longs) morceaux que l'on retrouve ici, chacun comportant un nombre plus que signifiant de figures harmoniques plus accrocheuses les unes que les autres, ces dernières étant souvent alliées à d'intenses mélodies vocales. Et à nouveau, le duo Patrick Lundström/Aleena fonctionne à merveille, grâce à l'aspect quasi-théâtral et ultra sincère qu'il porte en lui. Certains titres comme " End Of The Rope " sont tellement expressifs qu'on croirait les vivre Sans déconner ! Kaipa n'est plus très jeune, mais ils savent encore mettre de solides claques !
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
KOOKS
" Symptoms Of Mental Disorder "
demo CD-R 70/100
Hardcore
Belgique
La scène Hardcore belge est - ce n'est un secret pour personne - surpeuplée au plus haut point. Fort heureusement pour eux, Kooks n'est pas de ces groupes qui infestent le milieu sans même se soucier d'où il place ses pions. Le combo wallon n'en est effectivement pas à sa première tentative, vu qu'il nous livre ici un produit entièrement mature qui devrait aider à finalement faire parler de lui (surtout qu'il a été enregistré chez le désormais mythique André Gielen). Maintenant, si Kooks fait de toute évidence dans le riffing ultra basique, il faut également avouer que sa musique n'en est pas moins intéressante, ne fusse que pour son côté rythmique structuré et pêchu qui en fera headbanger plus d'un. Trois titres seulement, c'est peu par rapport aux déferlantes proposées actuellement par de nombreux autres groupes, mais comme dirait le Schtroumpf à lunettes : mieux vaut trois titres propres que six bâclés, n'est-ce pas, mmh ? Jetez un il sur le site du groupe pour trouver un point de vente si l'aventure vous tente... Et n'oubliez pas de récupérer votre il ensuite
RNO
LICKGOLDENSKY
"The Beautiful Sounds Of
"
CD 78/100
Hardcore Metal
USA
Avis aux connaisseurs, Lickgoldensky contient d'ancien membre du combo US Turmoil. En provenance de Philadelphie, ce quartet outre-atlantique risque de tout ravager sur scène avec ces neuf nouveaux morceaux coups-de-poing (le tempo - rapide - restant presque le même pour tout l'album) Mais, la chose qui frappe de plein fouet : le package d'un (bon) goût esthétique prononcé côtoie malheureusement un son et une production qui ne sont pas à la hauteur des compositions. L'ensemble est en effet compressé dans les aigus, enlevant ainsi toute profondeur à la musique de Lickgoldensky. C'est au mix que la batterie est la moins épargnée, puisque le timbre de la caisse claire en devient presque insupportable (trop léger au niveau du rendu de la frappe). Dommage, car les titres (courts, car ce sont 9 plages se partageant 22 petites minutes) sont sauvages et chirurgicaux à la manière d'un Converge première génération, le chant hargneux au possible faisant de plus immédiatement référence à celui de J. Bannon. L'influence Hardcore Old-School n'est pas bien loin, Sick Of It All ou encore Madball étant pris pour exemples ("Breakfast", "How Are You Doing? " ).
Ph.
http://www.escapeartistrecords.com
LOS
SUAVES "Si Yo Fuera Dios"
CD 57/100
Hard Rock'n Roll
Espagne
Doté de dix compositions dans une veine Rock'n Roll classique dans ses arrangements, ses mélodies et sa production, ce "Si Yo Fuera Dios" démontre que si pour certains le Rock est mort, et bien son cadavre bouge encore de manière frénétique Populaire dans son pays natal - depuis 25 ans, le combo a apparemment déjà vendu plus de 500 000 disques !! -, Los Suaves reprend en effet les éléments standard et typiques d'une musique pouvant sembler quelque peu vieillissante : enchaînements de refrains et couplets à la AC/DC, riffs basiques (mais tout de mêmes parfois encore efficaces), solos presque interminables Ce quintet en vient même à nous imposer une balade (parmi d'autres qui jalonnent cet album) longue de presque huit minutes (le titre "11 minutos" qui porte assez mal son nom) me ramenant à mes plus jeunes années quand j'en étais venu à découvrir certaines formations dont je tairais aujourd'hui le nom. Le chant enroué n'est pas sans rappeler celui d'un Lemmy de MotörHead dans sa meilleure forme vocale, qui aurait pris des cours accélérés de langue hispanique. Certaines harmonies et ambiances restent le point fort de cet opus, puisque parfaitement maîtrisées. A conseiller à tout individu nostalgique désireux de prolonger le doux rêve pour lequel il est difficile de s'extirper
Ph.
http://www.locomotivemusic.com / Rock Inc.
MAGELLAN
" Impossible Figures "
CD 82/100
Prog Rock
USA
A l'instar du grand navigateur portugais auquel ils ont adroitement emprunté leur patronyme, les frères Gardner font ici preuve de grande persévérance - loin d'eux l'idée de laisser les vagues emporter l'uvre de leur vie " Impossible Figures ", le cinquième opus des américains, ne s'avère guère différent de son prédécesseur, mais une chose lui garantit une saveur incontournable : il a été conditionné dans un sachet-fraîcheur qui lui garde gentiment toutes ses vitamines. En effet, s'il est vrai que le son de Magellan commence à nous être drôlement familier, il est également un fait que les deux Gardner ont toujours su pimenter leurs offrandes d'une manière bien particulière et - surtout - au goût du jour. Ainsi, de la même façon que ses aïeuls, " Impossible Figures " s'assure, grâce au bon goût de ses compositeurs, un statut d'album nouveau dans tous les sens du terme. Côté pratique, on remarquera qu'un seul invité est présent sur l'upper-deck : Jason Gianni. Cela n'a peut-être rien d'étrange en soi, mais si l'on jette un il sur la liste d'embarquement de la traversée précédente, j'ai nommé " Hundred Year Flood ", une seule chose pourra nous titiller les méninges : la question " après une telle fiesta, pourquoi ce soudain désir de plus d'intimité ? ". Restrictions imposées ou simple volonté d'en revenir à la basicité du trio ? Allez savoir Ce qui est certain en tout cas, c'est qu'aucun fan de Prog Rock ne saurait être déçu par ce nouvel album. C'est moi qui vous le dit
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
MARIA
BLONDE "Hearts Always Bleed"
MCD 86/100
Noise/Rock
France
Mini album d'une demi-heure pour six titres, "Hearts Always Bleed" est une hymne aux harmonies savamment pensées et aux atmosphères nostalgiques propres à la Noïse. Dès les premières notes de la plage "It's Time to Know", l'on pense rapidement à Blonde Redhead - que le groupe cite lui-même comme principale influence (ou tout du moins l'une des majeures) -, mais pas uniquement... Mogwaï, Slint, et bien d'autres ont été des sources d'inspiration pour ce trio bordelais, qui non content de nous hypnotiser du début à la fin, tente de nous bercer par des mélodies pures et simples (et non pas simplistes, ne vous méprenez pas). Les moments d'accalmie sont le plus souvent accompagnés de montées en puissance nous laissant pantois d'admiration. Les compostions sont en effet maîtrisées, les arrangements - nous pouvons l'affirmer - presque parfaits (quelques samples viennent à de rares moments agrémenter le tissu sonore noïsy), tandis qu'en matière de production, rien n'a été négligé : un son de guitare appréciable et audible (en clair et en saturé !), qui ne masque en rien le jeu de basse dynamique et inspiré. Une réussite pour ces mélomanes qui ne devraient pas attendre bien longtemps avant de connaître un succès mérité.
Ph.
NEAL
MORSE " Testimony "
2CD 83/100
Prog Rock
USA
Si le départ de Neal Morse de Spock's Beard s'est révélé quelque peu brusque mais surtout inattendu pour la plupart de ses fans, il n'en était pas moins nécessaire, voire carrément vital. En effet, l'enjeu spirituel devenait trop important et cela se ressentait dans les dires de Neal lorsqu'il s'adressait à la presse suite à la sortie de " Snow ". Quelque part, on eût pu se douter de quelque chose ; seulement voilà, on croit toujours en l'éternel et on n'imagine pas que des actions comme faire et défaire font toutes deux partie intégrante de la vie Sur " Testimony ", le premier double album solo signé par Neal, on retrouve d'une part la matérialisation d'un poids que l'auteur avait dans le cur et de l'autre la désintégration de ce même poids par une puissante volonté de tout reprendre da capo. En soi - et connaissant les antécédents de l'auteur - on peut dire que la musique sur " Testimony " n'est pas des plus spectaculaires, mais elle est néanmoins empreinte d'une extrême profondeur et d'une sincérité à couper au couteau. Côté instrumentation, aucune exagération : c'est plein quand ça doit l'être et c'est vide quand ça doit l'être aussi. C'est-à-dire qu'on a affaire à une continuité de morceaux qui ne repose sur aucun pur principe d'homogénéité ; le mot clé ici étant étant la mise en couleurs de différents canevas, tous reliés les uns aux autres par un fil conducteur, certainement pas par un " sound " bien défini. En résulte une iconographie riche en variations et - plus important encore - haute en émotions. Un travail humain. Tout simplement
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
NIENTARA
" Consequences "
CD 85/100
USA
Metal HxC
Difficile de mieux commencer, Nientara, jeune groupe de Metalcore nous balance avec Consequences un EP 5 titres remarquable. Mélange de HxC et de riffs Death/Black qui rappellera Absidia voire Reprisal, la musique du combo est relativement originale et accrocheuse dès la première écoute. Voix écorchée, plans drums monstrueux, riffs léchés et très riches, tout y est. Sur " I love you, I will kill you ", on retrouve une rythmique saccadée sur le refrain à briser plus d'une nuque, en plus de tous les autres changements de rythmes étourdissants qui sont l'un grands points fort de Nientara. Le tout ressemblant même parfois à du Killswitch Engage (et oui, rien que ça !) pour notre plus grand plaisir et est superbement produit ; même l'artwork est super classe. Si après ça vous n'êtes toujours pas tentés, je ne vois pas ce qu'il vous faut de plus
MattH
http://www.lifesentencerecords.com
NU
DAWN Compilation
CD 85/100
Hardcore/Punk/Noise/Rock/Metal
France
Une très bonne initiative de la part de cette association "Core Zé Ames" qui mérite d'être saluée bien bas Réunir sur une compilation la quintessence de la scène française underground actuelle est en effet le reflet d'une volonté (bien rare de nos jours ) des plus admirables. Et pour ceux qui souhaitent découvrir le renouveau du paysage musical de l'hexagone tout en élargissant leurs horizons (du Hardcore au Metal, en passant par la Noïse), ces 18 titres - pour autant de groupes - sont destinés à leurs douces oreilles (initiées ou non). Le groupe nantais Right 4 Life, officiant dans un style Hardcore/Noïse, ouvre les hostilités et annonce la couleur Dynamise, puissance, agressivité et mélodies sont en effet les mamelles de ce recueil sonore. Certaines formations surprennent par leur côté professionnel et la maîtrise des compostions est telle qu'elle impose spontanément le respect. La production est de plus homogène et - nous pouvons le dire - bonne d'un bout à l'autre de ce disque. Avec des groupes tels que Biocide, Second Rate (dont l'album a été enregistré au studio forces motrices avec David Weber aux manettes), Sunken Eyes (avec une légère préférence pour ce combo, mais cela n'engage que moi ), Sleepers (qui n'est plus à présenter), Uneven, D-Basser (la chronique du dernier enregistrement en date étant en ligne), Mind The Step et les autres, autant dire que l'avenir nous réserve quelques surprises exquises et surtout de bon ton.
Ph.
OSTRACIZED
" Prelude To Destruction "
demo MCD 79/100
Thrash Death Metal
France
J'ai failli ne jamais vous parler de ce groupe français en fait, j'ai même failli ne jamais l'écouter. La poste belge étant ce qu'elle est, le colis, dans lequel ce cd se trouvait, m'est arrivé partiellement plié (ne me demandez pas comment. Je ne comprends pas trop bien : mon facteur est en fait une facteur et même si son physique n'est pas ce qu'on peut qualifier d'hautement féminin, je ne me l'imagine pas arriver à plier un paquet de CDs). La démo d'Ostracized était malheureusement la principale victime des bons soins de la poste belge et " Prelude To Destruction " présente une grande fissure sur toute une largeur. La plupart des lecteurs refusent d'avaler le cd, mais finalement, j'ai ai trouvé un qui accepte de le lire et j'ai donc pu entendre le Thrash/Death enregistré par Ostracized. Les quatre titres de " Prelude To Destruction " oscillent entre un Death Metal traditionnel mais bien ficelé et un Thrash plus proche de At The Gates et autres In Flames que de la mouvance américaine. La première plage " Anryu - Tenah " est à mon sens la plus intéressante. Les passages Death y sont bien plus présents qu'ailleurs et Ostracized y gagne en impact et efficacité. Quelques solos de guitare comme sur "In The Depth Of The Earth" ne sont pas franchement indispensables mais ce n'est finalement qu'un détail tant l'ensemble s'avère particulièrement réussi. Un bon groupe et une bonne démo.
Georges
PLAYING
ENEMY "Ephemera"
MCD 84/100
Hardcore Metal/Noïse
USA
Ce mini-CD de par sa disparité et son originalité pour ses trois compositions ne laisse présager que du meilleur pour la suite. En effet, Playing Enemy - trio originaire de Seattle ayant déjà sorti un premier album "Cesarean" en 2000 sans faire l'unanimité - tente ici de nous surprendre en empruntant la voie de l'expérimentation. Et autant vous dire que c'est plutôt réussi L'essai sonore commence tout d'abord par ce titre "John Q. Russia" fortement imprégné par un Hardcore Noïsy lourd et sale (pouvant rappeler le combo US Kiss It Goodbye et son unique album trop injustement méconnu) et pour lequel une voix malsaine et criarde côtoie une musique des plus dérangeantes Puis, c'est par ce "Must Bring Own Weapon", plage plus groovy, plus progressive et surtout beaucoup plus synthétique, au chant trafiqué par un effet vocodeur bas de gamme que l'on se convainc de l'efficacité de Playing Enemy à nous étonner Enfin, cette cover "You've Got To Be Crazy", qui fera trembler tout fan de Pink Floyd, grâce à sa puissance et son dynamisme (venant presque à en faire haïr l'original), est la preuve ultime de la détermination de ces américains d'innover et de faire évoluer leur style.
Ph.
http://www.escapeartistrecords.com
PROMAETHEUS
UNBOUND " Reforging Pneuma "
demo MCD 82/100
Black Death Metal
Italie
Parfois, il ne faut pas grand chose comme je suis d'un naturel consciencieux (tu parles) je suis retourné voir ma chronique de " Puer " (la précédente réalisation de Promaetheus Unbound) et je suis doublement surpris par ce " Reforging Pneuma " pour les avoir descendus en flammes et dans les grandes mesures lors de la chronique de la précédente démo, je m'attendais à ce que nos amis italiens nous oublient à jamais, donc d'abord surpris de recevoir leur nouvelle production. Ensuite et surtout parce que j'ai l'impression d'écouter un tout autre groupe. C'est devenu bon et même très bon. Ils ont viré le précédent chanteur ( ?) une très bonne décision car si le précédent était mauvais, celui-ci est par contre terriblement efficace. Musicalement, le groupe a légèrement modifié son approche initiale et son Black/Death Metal actuel est de la meilleure facture. Qu'il se fasse rapide et direct ou plus lent et opprimant, le style de Promaetheus Unbound fait mouche à chaque titre. J'ai revérifié encore une fois (ce n'est pas un pléonasme c'est juste pour être bien certain de ce que j'avance) et je confirme : il s'agit bien du même groupe ! Plus qu'une révolution, un véritable coup de tonnerre. Une très, très bonne démo.
Georges
http://www.promaetheus-unbound.com
PSYCROPTIC
"The scepter of the ancients"
CD 67/100
Death brutal
Australie
Des death brutalleux tasmaniens ! Car ils sont bien originaires de Tasmanie, ces quatre bourrins, région connue pour ses diables, et ça tombe bien... Une petite originalité pour rattraper un peu cela-même par où pêche " The Scepter of the ancients ". Bien sûr, ceux qui renouvellent le genre ne sont pas légion c'est vrai et c'est bien dommage. En tout cas, Psycroptic y va franchement dans sa déclinaison personnelle d'un Death brutal très technique où les changements de plans sont systématiques : on prend son temps puis on accélère, on décélère et on en remet une couche, si bien qu'on finit parfois par se perdre un peu dans les méandres de leurs compos. Personnellement je préfère le Death old school, c'est plus simple et plus accessible à un certain " groove ". La cover assez horror-heroic fantasy aurait laissé imaginer un petit quelque chose d'ambiancé dans les morceaux, une atmosphère, mais hélas, rien de tel ne vient faire briller la sauce du groupe qui se contente d'aligner les pistes avec bonne volonté mais sans offrir ce petit plus devenu nécessaire. Psycroptic s'adresse avant tout aux malades de death brutal. Le son est clair et assez gras, supportant correctement le jeu des musiciens, et vous aurez deux voix pour le prix d'une : une grasse, une plus claire, mais bon on connaît la chanson. Bref, tentez une écoute si le style vous interpelle encore.
Satha
http://www.uniqueleader-europe.com
RINGWORM
"The Promise"
CD 80/100
Hardcore Metal
USA
Tout commence par l'émission d'une vérité première "There is no god", énoncée froidement et avec assurance Et ce sont ensuite 15 titres (pour moins de 35 minutes) dans une pure veine Hardcore qui déboulent, que l'on se prend en pleine tête, et nombre de nous autres savent comme ce peut être tout simplement jouissif. Pour ceux ou celles qui souhaitent découvrir ce combo underground méconnu en Europe et qui n'en est qu'à son deuxième album ("Birth Is Pain" produit et distribué par Victory Records), l'occasion se présente de reprendre les choses à la genèse. En effet, réédité par Deathwish, le premier opus "The Promise" (sorti il y a 10 ans) est ici agrémenté de quelques extraits des démos enregistrées par le groupe entre 1990 et 1991, ainsi qu'un morceau live. L'ensemble des titres a été de plus remastérisé et l'artwork revu entièrement par J. Bannon (ne faisant bien sûr rien à moitié, comme toujours package Deluxe cartonné et iconographie mystique ont été déployés). Musicalement très linéaire et très direct, l'on comprend rapidement que le désir de Ringworm n'a jamais été de faire dans la dentelle : riffs efficaces, rythmiques binaires mais brutales (une batterie assez technique cependant), jeu de basse très proche de la guitare, sans solos, arrangements classiques de Hardcore et un chant hargneux au possible. Le son bien que renouvelé garde l'essence même du style : poussiéreux et abrupt. En somme, un enregistrement culte
Ph.
SEETHINGS
"Parallels"
CD 76/100
Neo-Metal
Suède
Une chose est sûre, Seethings (combo nommé anciennement Forcefeed) n'évolue pas dans un style neuf Le Neo-Metal qui - aux dires de certaines mauvaises langues - se répand comme la peste ou le choléra (propagation rapide et nombre élevé de victimes) est effectivement la voie prise par ces scandinaves. Pour les amateurs avides d'ambiances et de structures classiques inspirées par le Metal nouveau, Paralells leur est dédié. Bien au-dessus musicalement d'un bon nombre de formations à l'inspiration nulle et aux compositions insipides, cet album peut définitivement créer la différence et permettre à certains auditeurs de sortir du carcan créé par nombre de majors. Sans tomber ni dans la facilité, ni dans la simplicité sonore, les plages restent variées, mélodiques et intéressantes du point de vue des arrangements et les quelques montées en puissance sont effectives (tels "Isotone" et "This Hole"). Cependant, les intonations prises par le chanteur peuvent rappeler spontanément les plus grosses pointures tels que Linkin Park, Staind et compagnie. Enfin, notons l'atout majeur de ce premier disque, représenté par le sieur Daniel Bergstrand (Meshuggah, Strapping Young Lad parmi tant d'autres), ayant par pur plaisir et avec une réelle volonté (tout du moins à l'origine) enregistré et co-produit ces treize titres.
Ph.
SINK
" Slave "
CD 70/100
Alternative Pop/Rock
Belgium
Sink a décidément tout du groupe méga clean. Pas un cheveu pour couvrir leurs petites oreilles, un look gris/noir des plus austères qui soient en ce monde pourtant déjà si terne, un booklet qui ressemble au " spécial Art-déco moderne - hiver " de chez Ikea - bref, on ne s'attend à rien de très touchant Pourtant, l'ambiance Sink est une ambiance feutrée certes, mais également très personnelle où il arrive que l'on croise nos propres fantômes, essence primaire de notre être subconscient. Sink, c'est un peu comme du Placebo passé sous l'eau chaude. De la Pop croisée avec du Rock Alternatif qui vous renverse l'esprit ; une mixture finalement assez efficace si l'on ne tient compte que de l'effet produit par rapport à celui escompté. Quelques touches Goth/New Wave rajoutent parfois un côté dansant, comme sur " Made Of Stone " et " No Excuse ", les deux derniers titres de l'album. Les amateurs sauront en faire bon usage... Finalement sympathique.
RNO
Magnet Records / Bang Distribution
SPEARING
JOCASTA " The Cassandra complex "
CD 75/100
USA
Hardcore
Décidément, Life Sentence est le label qui sait dénicher les groupes qui apportent de l'originalité au Hardcore ! Et c'est du Metalcore mélodique enrichi à l'Emocore, au Noise et au Rock'n'Roll qui se retrouve au programme de ce 7 titres. La versatilité du chant, entre cris gutturaux et chants clairs, est remarquable, ce qui paraît parfois comme des manques de justesse devient vite l'un des points forts du groupe surtout sur " Methuselah ", titre phare de cet EP qui condense parfaitement tout ce fait le groupe. Rappelant parfois Atreyu, nos cinq gaillards parviennent tout de même à créer leur univers, torturé, rempli de peine et d'émotion. Même si ce disque ne révolutionne pas le Hardcore mélodique, on ne lui retirera pas pour autant ses immenses qualités. Un combo à suivre donc...
MattH
http://www.lifesentencerecords.com
SPOCK'S
BEARD " Feel Euphoria "
CD 81/100
Prog Rock
USA
On sait désormais avec une précision quasi-micrométrique ce que Neal Morse apportait à Spock's Beard. En effet, depuis l'arrivée de Dave Meros à la basse et au chant, le groupe a subi une indéniable métamorphose. Quant à savoir si celle-ci peut librement s'apparenter à une dégradation ou - au contraire - à une amélioration (au niveau musical j'entends), je vous laisserai seuls juges En tout cas, nul ne pourra infirmer le fait que le successeur de Neal Morse apporte avec son chant " un certain quelque chose " qui n'est pas dénué d'importance puisqu'on y ressent - fait non négligeable, je pense - beaucoup de chaleur, de la présence, ainsi qu'une forte personnalité. Je crois que le mot charisme synthétise bien le tout... Au niveau proprement musical, Spock's Beard n'a pas cherché plus loin que dans livres de recettes écrits de leur propre plume de par le passé. Quelques plaisantes échappées plus inusuelles, souvent assez frénétiques, se sont habilement glissées par-ci par-là dans le tas, mais globalement, on reconnaît la cuisine du chef les oreilles bandées. Fait qui me paraît étonnant dans le cadre de cette période de transition pour le groupe, la deuxième moitié de l'album s'avère être une sorte de mini-concept divisé en six parties de longueur courte à moyenne. Malheureusement, la petite histoire morcelée de Sid n'atteint pas le degré d'excellence qu'atteignait celle de Snow (sur " Snow ", le précédent double CD de Spock's Beard). Enfin, ce n'est que mon humble avis que je ne vous oblige pas à partager La première partie de l'album en tout cas m'a vraiment bien plu. Espérons qu'ils continuent plutôt dans cette voie-là
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
SYMPHONY
X " The Odyssey "
CD 75/100
Progressive/Symphonic Metal
USA
Le fait d'avoir vu le groupe sur les planches la semaine passée ne m'ôtera pas l'impression première que " The Odyssey " avait gravé au burin dans mon esprit, à savoir qu'aucun morceau de ce nouvel album ne vaut même le plus mauvais de " V ", son prédécesseur... Déjà, la production, hyper compressée, bourrée d'écho - j'ai presque eu du mal à reconnaître le pourtant inimitable Russell Allen - m'avait laissé un sentiment de léger " foirage ". Mais c'est réellement au niveau des compositions que l'enjeu s'est fait. Si les américains sont toujours au top au niveau technique et créativité, il semble qu'ils aient ici perdu une partie plutôt signifiante de leur accessibilité. Certains me diront qu'ils s'en branlent ; tant que ça shredde, ça le fait Et je peux comprendre ; mais ne pas souligner ce que j'ai souligné serait revenu à entrer dans un petit jeu hypocrite dans lequel je ne me complais pas des masses. Symphony X est toujours un très grand groupe, mais s'il ne redresse pas la barre, il risque de s'enliser dans une sorte de boue routinière où le piquant est remplacé par le fade et où le feeling s'efface comme une très vieille photo qui se meurt sous la lumière des projecteurs Bon, je m'arrête, je ne voudrais pas non plus vous dégoûter de cet album qui est quand-même d'un niveau nettement supérieur à ce que l'on entend habituellement dans le genre Et à force de l'écouter, on y découvre de très bons passages.
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
THE
DREAM IS DEAD "Taking Friendly Fire"
MCD 92/100
Hardcore Metal
USA
Grâce à ce premier mini-CD aux cinq titres énergiques et énervés, The Dream Is Dead détient aujourd'hui avec ce "Taking Friendly Fire" époustouflant son ticket d'entrée dans la cour des grands. Fortement influencées par un Hardcore Metal nouvelle génération instauré et perpétré par des formations très inspirées telles que Converge, Dillinger Escape Plan ou encore Burnt By The Sun, les plages viennent insidieusement installer au plus profond de notre âme un sentiment de mal-être. Est-ce au travers de ces riffs de guitares presque chirurgicaux ou encore de ces notes et rythmes qui déboulent que le processus se fait ? Ou peut-être est-ce ce chant criard et haineux qui ne cesse de clamer quelques vérités qui blessent - tel que "Enough of your liberal vision and its romanticizing of poverty" du titre "The Relativist" - et qui nous laissent nous charger de certaines de nos angoisses presque oubliées ? Pour résumer simplement, la musique dégagée par ces quatre ricains est brutale et maîtrisée, tout en conservant une certaine puissance sonore et un feeling pouvant parfois faire défaut à certains combos n'ayant conservé de ce style que le côté violent et primaire. Le morceau "The Day Of The Winner" remporte la palme, puisque étant la composition la plus aboutie, la plus attrayante et surtout la plus malsaine mais rassurez-vous, le reste est tout de même d'un niveau incroyablement bon.
Ph.
http://www.escapeartistrecords.com
THE
MUTANTS "Voodoo Blues"
CD 75/100
Rock Psyché Sixties
Finlande
Album essentiellement instrumental, ce "Voodoo Blues" comporte les éléments majeurs d'un Rock de type psychédélique des années 60, aux consonances Afro-Jazz (pour les connaisseurs, un parallèle peut être fait avec le groupe de Fusion-Jazz US unique en son genre : Weather Report). Plus rythmique et hypnotique que jamais, l'ensemble des compositions représente un plaisant mélange planant, mélodique et efficace. Moins agressif qu'un Hendrix au top de sa forme physique, il n'en ressort pas moins une certaine dynamique (en particulier, le titre "Stampede Caravan" qui sonnerait presque Ska-Rock). Il suffit de presser la touche play et The Mutants le fait pour vous : une séance radicale d'envoûtement sans prise de tête et surtout sans absorption quelconque de narcotiques. Testez en premier lieu les plages "Sin Hipster" et "Lumbago" et vous m'en direz des nouvelles. Tout se fait en douceur pour accéder à une certaine lasciveté. Le jeu classique emmené par les deux guitares, la basse et la batterie est suivi de près par un saxophone parfois frénétique et un synthétiseur analogique tout droit sorti des Sixties. Certains pourront trouver tout ceci lassant et peu original au bout du compte. Ce qui importe, je pense, c'est que ces finlandais le font juste pour le plaisir de jammer et enregistrer cette musique qui leur convient parfaitement.
Ph.
THE
QUILL "Hooray ! It's A Deathtrip"
CD 80/100
Stoner Rock
Suède
En provenance de Suède, The Quill pourrait faire de l'ombre à Spiritual Beggars, son homonyme musical, bien que ce dernier par son changement de line-up ait effectué un virage d'une quelques dizaines de degrés. Ici, par ce "Hooray ! It's A Deathtrip" (titre quelque peu primaire ), ce combo nordique continue avec ce quatrième album (déjà le premier étant apparu dans les bacs en 1995 !) ses pérégrinations dans le monde de la musique période Seventies (Citons Led Zeppelin et Black Sabbath comme principales influences). Certaines compositions en viennent même à nous faire planer par leurs simples sonorités et ambiances (pour exemple, les titres "Hand Full Of Flies" et "Come What May"). L'ensemble se veut une musique profondément Rock, sur laquelle viennent se poser parfois quelques solos dans le pur esprit d'autrefois. Le chant de Magnus Ekwall n'est pas sans rappeler par touches celui de Chris Cornell, à l'époque où il officiait dans le groupe bourré de talents Soundgarden. D'ailleurs, l'on peut parfois se méprendre et attribuer à ce dernier quelques-unes des plages écoutées ("Spinning Around", "Too Close To The Sun" ). La production est quant à elle signée Daniel Bergstrand (In Flames, Strappi,ng Yound Lads, Meshuggah ), qui montre ainsi sa capacité d'adaptation pour des styles presque opposés (en matière de production, j'entends).
Ph.
http://www.spv.de / Petting Zoo Propaganda
THE
URBANE " Glitter "
CD 68/100
Pop/Rock
UK
De temps en temps, Inside Out s'offre une brève escapade dans l'univers mielleux de la Pop, produisant ainsi quelques galettes destinées aux fervents adeptes des grosses mélodies gentillettes et gluantes à souhait. En tant que pairs, nous ne pouvons ni les juger, ni leur reprocher de tels écarts à la règle, mais bon sang, il semble tout de même évident que les fans de musique un poil plus couillue - qu'il s'agisse de Rock ou de Metal - n'y trouveront pas vraiment leur compte ! Le réel problème est que ces personnes risquent de se faire une opinion inexacte sur le mythique label allemand qui a pourtant plus d'un groupe génial dans son catalogue... Maintenant, l'avantage d'un tel disque, c'est qu'il est malgré tout vachement bien foutu. Pourléché à outrance peut-être, mais quasiment irréprochable sur la forme. Sur le fond par contre, je déborde de scepticisme Des titres comme " Chain Smoking " ou " 12 " (les deux premiers de l'album) ont encore quelque chose de très accrocheur au niveau des mélodies. Malheureusement, la plupart des titres suivants me rendent carrément malade. A part peut-être " In-Between " et " Something ". Sinon, le reste n'est autre qu'un pitoyable étalage de niaiserie où l'on passe son temps à chercher cette putain de télécommande de la chaîne hi-fi (qui disparaît toujours quand elle ne doit pas) afin de mettre fin à la géhenne. Avec tout son background artistique, John Mitchell (Arena) aurait franchement pu faire mieux. Mais bon, y'a pas que lui qui chie des morceaux je suppose. C'est ça un groupe
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
THE
TANGENT " The Music That Died Alone "
CD 65/100
Prog Rock
USA
Je ne sais pas si le titre est à prendre au deuxième degré, mais il est un fait qu'il est tangent, au même titre que le nom du groupe Nous retrouvons sur cet album - entre autres - David Jackson, le saxo de Van Der Graaf Generator (vas-y papy !), ainsi qu'une sympathique panoplie de musicos progressifs les uns plus rodés que les autres L'ensemble sonne - vous l'aurez deviné - drôlement plein et complexe. Malheureusement, à mon avis, cette zique est absolument inécoutable pour les non-initiés. On se croirait revenus à l'époque de " Fragile " (Yes) où le délire musical était fort en vogue. Les bases rythmiques jazzy, les mélodies free et/ou out, les harmonies hyper, presque trop, travaillées ; tout y est Honnêtement, j'ai du mal à accrocher, mais je ne puis trouver la faille Tout est tellement bien construit et parfaitement arrangé C'en est frustrant à la fin ! C'est un peu comme le cadeau de Noël qu'on a tellement désiré pendant des mois et qui en définitive nous déçoit lorsqu'on l'a déballé... Pour les accros uniquement !
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
TOMAS
BODIN " Sonic Boulevard "
CD 89/100
Ethno/Prog Rock Atmosphérique
Troisième et nouvel album solo pour le synthé des Flower Kings qui, bien qu'il soit toujours porteur de l'inimitable empreinte de son maître, s'avère franchement plus écoutable que l'insolite (c'est le moins que l'on puisse dire) " Pinup Guru " sorti l'an passé. Mais que les fans de la bizarrerie Bodinesque se rassurent immédiatement : ce cher Tomas n'est pas tombé dans la compo à deux sous. Loin de là ! " Sonic Boulevard " renferme en effet son quota de riffs tordus. De plus, il faut admettre que ce n'est pas tellement dans le spectre de sonorités utilisées, mais plutôt dans l'intentionnalité de l'uvre qu'un changement est survenu. Pour preuve, on remarquera que les nouvelles créations de l'artiste reposent toujours sur des bases à la fois ethniques et progressives qui ont cela de spécial qu'elles n'interfèrent jamais en direct avec le sentiment aérien que cette même musique nous laisse après et pendant coup. Vous en conviendrez Danse-t-on les rythmes de bossa ? Swingue-t-on sur les shuffles jazzy ? Moi pas en tout cas. Je me laisse juste taquiner par le groove, me laissant ainsi conduire vers cette puissante lumière qui perce au travers les élégantes brumes mélodiques droit issues de l'esprit saugrenu mais finalement très sain de leur père Et croyez-moi, j'y prends mon pied !
RNO
http://www.insideoutmusic.com / CMM
TOXIK
HOLOCAUST " Evil Never Dies "
CD 77/100
Thrash Metal
U.S.A.
Dans le genre, " Evil Never Dies " doit être une sorte de 'best of'. Ce brave Joel Grind (fondateur, multi-instrumentiste, chanteur et parfois aussi compositeur de ce Toxik Holocaust) a du passer ces dernières années à compiler ce qui se faisait de plus 'ringard' dans l'imagerie Metal. Déjà le nom Toxik Holocaust : tout un programme. Ensuite, la pochette, plus puéril, ça n'existe pas (même mon garçon de six ans a éclaté de rire en la voyant). Ensuite les titres allez, rien que deux ou trois pour se faire plaisir : " War Is Hell ", " Atomik Destruction ", " Exxxecutioner ", " Enemy Of Jesus " et j'en passe et des meilleurs. C'est vous dire si j'étais motivé pour descendre cette daube et puis, déception totale, c'est même pas mauvais (déçu, déçu) Je n'irai pas jusqu'à dire que " Evil Never Dies " est un album fabuleux, mais il faut reconnaître que Joel Grind a composé une douzaine de titres assez bons dans leur genre c'est à dire un Thrash Metal (pas trop imaginatif) enrichi par quelques passages qui lorgnent vers le Black rapide. C'est pas original pour un sou, mais c'est bien foutu. Une espèce d'hybride entre Living Death et Possessed couplé avec notre Demonizer national.
Georges
TWILIGHT
OF CHRIST " Hymn To Eternity "
demo MCD 70/100
Death Metal
Pologne
En règle générale, j'ai un penchant positif vis à vis des groupes venant de Pologne. Je ne sais trop pourquoi, je leur trouve une inclinaison quasi naturelle à proposer une musique rapide et violente. Vader, Behemoth, Dissenter sont quelques exemples d'une multitude de groupes qui sévissent dans le pays de J.P.II. Twilight Of Christ avec son " Hymn To Eternity " fait vraiment bien pâle figure au milieu de la production polonaise. Très sincèrement, aucun des cinq titres de cette démo ne sent la poudre il n'y a vraiment pas grand chose à ce mettre sous la dent. La production n'est pas terrible mais même le " Selani " n'aurait pas pu faire grand chose pour sauver " Hymn To Eternity ". C'est mou, ça manque de changement de rythmes (pour tout dire, c'est même parfois monotone) enfin ça manque un peu de tout. En plus, le groupe a cru bon de rehausser la plupart de ses compositions avec un chur (deux asthmatiques en phase terminale) larmoyant ça crée un bruit de fond qui devient vite énervant. Déjà qu'on a du mal à imaginer les parties de guitares venir rajouter plusieurs couches de lamentations n'arrange pas grand chose. Moyen, moyen 70/100 et je suis généreux ce matin.
Georges
http://www.twilightofchrist.prv.pl
V.A.
" Dédales "
CD 83
Various
France
N'ayant que vaguement entraperçu la bande-annonce de l'obscur polar Franco-belge, j'aurais franchement du mal à vous dire si cette compilation colle bien au mood du dernier film de René Manzor. Cela dit, je trouve la galette très intéressante grâce à l'étonnante variété de styles qu'elle explore. Petite précision avant de parler de son contenu : il s'agit de musiques inspirées du film, pas de la B.O. ! Pour ceux qui auraient vu le film, le détail a son importance, surtout s'ils n'ont pas aimé la zique balancée à l'écran Qu'avons-nous donc in ze player ? Du Hardcore, du Emocore, du gros Rock Atmo, avec quelques noms qui feront sans aucun doute tilt dans votre oreille (Watcha, Aqme, Gojira etc...), bref, pas grand-chose de neuf pour les connaisseurs de la scène Metal française actuelle, mais d'autre part, aucune mauvaise surprise non plus puisque le département A&R de chez Sony a - ben tiens ! - opté pour la crème de la crème exclusivement. Quelques morceaux bien cool à découvrir tout de même, dans un style assez différent, comme le conclusif " Missing Down " de Appel Doorn J'irais bien me louer le film un de ces quatre
RNO
Sony Music / Bang Distribution
VEXED
" Nightmare Holocaust "
CD 75/100
Thrash Metal
Italie
Je n'avais pas été spécialement impressionné par le MCD " Blood Upon The Void " (qui était pourtant bien supérieur à la démo " Abyss Of The Agony "). Du Thrash Metal modernisé par quelques éléments Death/Black. Pas mal foutu, mais pas de quoi crier au génie ni même de quoi se démarquer de la masse de groupes uvrant dans le même registre. " Nightmare Holocaust " est un cran supérieur à son prédécesseur. La conviction du groupe est intacte, la volonté d'offrir un Thrash dévastateur et fidèle à ses racines reste particulièrement intéressante et la voix du chanteur (si on oublie sa prestation sur " Bastard Massacre " un sous Macabre) s'est légèrement plus musclée (tiens, je ne sais même pas si ça existe une voix qui se muscle sinon, vous me pardonnerez). Finalement, le plus gros problème de Vexed est d'absolument vouloir rendre hommage au Thrash Metal européen (principalement allemand) des années quatre vingt. J'ai par moments le sentiment que le groupe s'étouffe avec ses propres racines et influences et qu'il gagnerait à sortir des sentiers battus. Enfin, c'est sûrement une question de goût et il n'est pas surprenant que Vexed (qui est italien, le premier des deux bonus nous le rappelle) soit signé sur un label allemand c'est typiquement, le genre de Thrash qui peut cartonner outre-Rhin. Pas mauvais, mais à choisir, je préfère Toxik Holocaust (sur le même label).
Georges
VORKREIST
" Sabbathical Flesh Possession "
CD 80/100
Death Black Metal
France
Ah Paris !!! Sa tour Eiffel, ses Champs-Elysés, ses quartiers chauds et ses bas-fonds encore plus chauds. Sortant des décombres laissés par des groupes tels que Arkhon Infaustus et Antaeus, Vorkreist débarque fin 2003 avec un premier opus particulièrement réussi. Contrairement à ses voisins sus-cités, c'est à l'étranger que ces cinq Parisiens ont trouvé refuge. Profitant d'un moment d'inattention d'Osmose, Xtreem Music a immédiatement signé Vorkreist. Toujours à la recherche de nouveaux talents, Dave Rotten a rapidement compris que ce Vorkreist pouvait concurrencer (et à très courts termes) les plus belles promesses du genre. C'est peut être aussi et surtout le seul reproche (à part une production pas toujours puissante) que l'on peut faire à ce groupe. C'est bon, vraiment bon mais parfois un poil trop conventionnel. Du Death à l'ancienne avec un rien de black et on écrase tout sur son passage. D'un autre côté, si Vorkreist n'a rien inventé son old school Death Metal est super puissant et impressionnant de bout en bout. Du bon et parfois même du très bon Death. Surtout ne pas se priver.
Georges
WAVE
" See Through Hearsay "
demo MCD 77/100
Rock Metal
Finlande
J'ai du y regarder à deux fois pour m'en assurer j'étais persuadé être en train d'écouter la nouvelle démo d'Unshine et en fait non, c'est un autre groupe finlandais qui avait débarqué sur mon lecteur. Si vous connaissez Unshine, pas besoin de vous farcir le reste de ma prose totalement inintéressante, Wave en est une copie presque conforme. " See Through Hearsay " comporte deux titres et tout a semble-t-il été construit pour et autour de la voix de Mira Warlatscheff. Elle est manifestement, l'élément central que le groupe veut faire passer en avant. A juste titre d'ailleurs car sa voix à la fois chaude et pas trop énergique (j'avais envie de dire molle) est assez bonne et diffère agréablement des centaines de diva soprano qui se sont bombardés chanteuse on ne sait plus trop pour quelle mauvaise raison. Musicalement, Wave avec son Heavy Rock atmosphérique mollasson devrait principalement plaire aux fans de Gathering, Morning (en mieux) et autres Theatre of Tragedy. Rien de révolutionnaire donc ni de bien transcendant à dire vrai, mais une démo courte et finalement assez sympa qui s'écoute sans trop de déplaisir. Ni plus, ni moins.
Georges
WINGS
OF SCARLET " Before the great collapse "
CD 95/100
USA
Metal HxC
Attention à
vous, le label américain US Life Sentence nous gâte ! Ce premier
disque de Wings Of Scarlet compte à coup sûr comme l'une des meilleures
sorties de 2003 : du Hardcore de très grande qualité avec beaucoup
de métal, une grosse touche Death et des approches mélodiques
du plus bel effet. Le groupe nous offre sept excellents titres où se
rencontrent leurs influences principales, créant ainsi des rythmes plombés
agrémentés de riffs mélodiques surprenants et de voix caverneuses
(ainsi que de quelques spoken words). La production est quant à elle
au niveau des compositions, offrant au groupe une puissance de feu imparable.
On appréciera aussi les textes, tournant autour du véganisme,
des dérives du mode de vie occidental, du viol sur " We scream hope
" et " Before the great collapse " est une très belle
réflexion sur la vie, l'amour, la mort et la religion. Ce disque est
certainement l'une des uvres les plus séduisantes que le Hardcore
Metal US nous a fourni depuis quelques temps. A tout point de vue
MattH
http://www.lifesentencerecords.com
WUNJO
"Extralucide"
CD 60/100
Neo-Metal
France
Bien que ce deuxième album de Wünjo (rappelons que le quintet a sorti en 2001 son premier album autoproduit "Ventoline") soit musicalement au-dessus de ce qui caractérise la scène Neo-Metal française actuelle, ce combo ne déroge pas à la règle qui consiste à introduire des éléments typiques et déjà-vu de ce style musical tant adulé. En effet, les clichés propres à ce courant dit "Neo" - qui n'est plus si nouveau en y réfléchissant - sont utilisés à tout va, le long des presque 60 minutes constituées par les 13 plages chantées en bon français. Korn (on ne compte plus la quantité de riffs qui s'est inspirée de ces mélomanes), Deftones, Linkin Park (dans une moindre mesure ici), Static X (par moments) - et j'en passe - ont été pris pour cibles artistiques par nombre de formations, dont Wünjo. Dommage Car "Extralucide" a presque tout pour plaire: une production irréprochable, une image conceptuelle implicite sortant du lot, quelques arrangements intéressants et peu communs En espérant que le style propre de ces parisiens s'affine avec le temps, car s'il y a bien une chose dont ne nous ne pouvons douter, c'est qu'ici, le potentiel musical n'a pas été exploité dans son intégralité.
Ph.
http://www.wunjo.net / Bang Distribution
ZUBROWSKA
" One On Six "
CD 78/100
Death Grind core
France
Les pontes d'Xtreem Music auraient-ils décidé d'envahir le marché français ou la scène underground française va-t-elle devenir la nouvelle capitale du Death Metal ? En tout cas, c'est le second groupe français (avec Vorkreist) à signer dernièrement un deal avec le label madrilène. Zubrowska est un bon groupe comme il y en a déjà quelques-uns uns sur le marché. Leur Deathcore avec gros penchant Grind est bien foutu mais ne diffère pas beaucoup de ce qu'on peut déjà entendre ailleurs et pas plus loin que chez nous d'ailleurs avec Headmeat. Une alternance de vocaux gutturaux et beaucoup de passages hurlés (pas toujours très convaincants), de multiples changements de rythmes, de bons breaks et quelques phrasés de guitare assez techniques. L'ensemble sonne bien à l'oreille (même si la production n'est pas extraordinaire) mais manque peut-être d'un rien d'originalité. " One On Six " est un rien au-dessus de la moyenne (on n'oubliera bien vite l'horrible " When Satan Plays Disco People Die ") et je reste persuadé que le groupe n'en est qu'aux débuts de son évolution. Le meilleur reste à venir...
Georges