MISE A JOUR ETE 2003
(les chroniques sont listées par ordre alphabétique...)
AKIN
"Forecast"
CD 74/100
Atmospheric Metal
France
Ma foi bien plus efficace que son prédécesseur, "Forecast" annonce d'une certaine manière un nouveau point de départ pour le jeune groupe français. La perfection est certes encore loin, mais l'intention y est clairement. Déjà, l'instrumentation est plutôt pas mal fichue; on sent même que des efforts considérables ont été fournis au niveau de la mise en place des compositions. Certains plans tirent d'ailleurs vers le Progressif et à aucun moment Akin ne fait mine de faiblir. Quelques envolées guitaristiques font même décoller l'ensemble et on sent vraiment le potentiel du groupe à pleines narines. La voix par contre doit encore se faire, mais un certain charme s'en dégage déjà et ce serait de la mauvaise foi que de le nier. De très mauvais goût malheureusement la reprise de Moonspell ("Opium"). Elle est jouée d'une façon plutôt originale, il faut l'avouer, mais côté esthétisme musical, c'est pas la gloire. Dur dur de s'attaquer à des hits... M'enfin, passons... Akin semble malgré tout avoir pas mal d'atouts dans son jeu. Reste à voir comment ils s'en serviront au fil du temps... En attendant, n'hésitez pas à vous procurer ce CD qui, pour le même prix, vous offre également une plage CD-Rom avec un clip vidéo, plus l'éternelle section multimédia avec disco/bio etc.
RNO
http://sacral.free.fr / Adipocere
AMOK
"Necrosapiens"
demo MCD 84/100
Brutal Death Metal
Suisse
Pour les incultes, Amok est une grosse bestiole bruyante qui pétarade allègrement à proximité de la berge du Lac de Genève. Dotée d'un charisme saignant, la créature s'embourbe souvent dans ses propres riffs. Expressément. Rien que pour le plaisir de s'en sortir à chaque fois avec brio. Evidemment, quand la technicité se mêle avec le fun, les combinaisons deviennent illimitées... Côté son, le jeune combo suisse a opté pour la formule crade et propre tout en un. C'est là que l'on croit entrevoir en Amok un groupe de pseudo-Grind/Death bien zouave à la Exhumed ou à la Cephalic Carnage. Pourtant, certains de leurs morceaux nous font clairement comprendre qu'ils sont bien plus que cela! Je pense notamment à "Idle And Silent" où le drumming vire au cocktail jazz/drum'n'bass bien rentre dedans... Voilà de quoi en étonner quelques-uns... Quelle claque!!!
RNO
http://www.amoklegion.ch / Hardebaran
ARALLU
"Satanic War in Jerusalem"
CD 84/100
Black metal mésopotamien
Israel
Comme le dit si bien monsieur Butchered, leader chauve du groupe, il y a une différence entre les légions de groupes qui parlent de guerre retranchés en picolant dans leur forêt obscure et ceux, peu nombreux, qui la vivent sous les balles la guerre, la vraie. Car Arallu est né en terre sainte, mais aussi en terrain miné. Si de la sainteté on ne retrouve pas grand chose dans ce " Satanic War ", de la guerre on a par contre un échantillon bien convaincant. Pourtant Arallu ne donne pas dans l'ultra brutalité mais plutôt dans un black évolué qui n'hésite pas à se faire heavy ou très speed-thrash selon l'inspiration (quelques cris suraigus font fortement penser à du Tom Araya et un Slayer en bonne forme). Bien sûr l'une des facettes du groupe s'exprime aussi à travers quelques blastbeats de bon aloi, pour ne pas oublier que le black, à la base, c'est fait pour faire mal. Certains vocaux sont grognés en hébreux pour une touche bienfaisante d'exotisme et en l'honneur de quelques vieilles légendes mésopotamiennes, et le groupe ne se prive pas non plus d'adjoindre des percussions tribales à leur malfaisante mixture ou de s'offrir quelques breaks originaux. L'album est court mais ce n'est pas une raison : la variété est ici de mise, le but principal étant de maintenir une cohérence dans tout cela, et c'est plutôt réussi. En bref Arallu fait preuve d'assez de foi et de rage pour allécher l'auditeur avec sa parade armée - en tout cas il fait bien mieux qu'avec le répétitif " The War on the wailing wall ", son album précédent. Arallu possède le petit quelque chose qui le place en marge de la scène, et c'est tant mieux ! Les souffles brûlants du désert et de la guerre font décidément ployer les âmes les plus dures.
Satha
AVANGUARD
"Howling Through The Soul"
Demo CD-R 77/100
Death Metal
Italy
Vous avez déjà entendu parlé de ce groupe vous ? Moi jamais. Et comme il n'y avait pas de bio et qu'aucun site ne semble exister, je me sens fort dépourvu pour faire la chronique de cette démo. Ce qu'on peut dire à l'écoute des trois titres de " Howling Through The Soul ", c'est qu'Avanguard doit avoir énormément écouté des groupes tels que Death (la manière de mettre les lignes de basse en évidence sur " Expectations " entre autre n'est pas sans rappeler " Symbolic " ou " Individual Thought patterns ") ou Cynic. Musicalement en tout cas, le groupe tient bien la route. Il n'y a rien de vraiment original, mais les musiciens d'Avanguard savent composer et savent manier leurs instruments. Les deux seuls reproches que l'on puisse formuler sont un manque flagrant d'originalité (c'est même parfois quasiment du plagiat) et un chant qui n'est pas du tout à la hauteur. Sur " Rage Untold " notamment, on sent que le chanteur est proche du point de rupture il a beau forcer sa voix un max... il manque de puissance et de coffre. Une bonne démo qui risque malheureusement de passer inaperçue par manque d'originalité, mais qui devrait plaire aux fans de Death.
Georges
BERSERK
"Rites of Supremacy"
CD 67 / 100
Pagan Black Metal
Espagne
Et allez, encore une galette signée chez Oaken Shield ! Décidément un des plus généreux pourvoyeurs de groupes de la scène black française, mais hélas pas forcément toujours au niveau de la qualité. En l'occurrence, c'est à un quatuor ibérique que nous avons affaire. Quoique né sous le soleil de l'Espagne, le groupe n'en est pas moins complètement ancré dans les légendes nordiques et, pour ce second album, continue d'explorer les rites et histoires païennes. Axé autour des affrontements qui opposèrent les tribus païennes ibériques aux hordes chrétiennes, " Rites of Supremacy " se veut musicalement d'inspiration folklorique et plutôt tempéré dans son agressivité. Les rythmes moyens sont souvent privilégiés, le blastbeat se faisant assez discret au fil des morceaux. Si l'album bénéficie d'un livret plutôt bien illustré dans l'esprit païen, on peut regretter la lassitude qui finit par s'instaurer à l'écoute, et ce malgré les chants clairs (un peu insipides) et les claviers légers qui se retrouvent de loin en loin. Comme énormément de groupes, Berserk pêche par manque d'originalité (j'ai un peu l'impression de me répéter, mais que voulez-vous...). Les riffs ont été dépersonnalisés à l'usage, trop entendus, et l'ensemble manque trop de vigueur à mon goût. Pour les adeptes des cultes païens, cet album réserve tout de même quelques surprises et des passages atmosphériques intéressants. Mais il se révèle finalement décevant, surtout face à la concurrence...
Satha
BLODSRIT
"Ocularis Infernum"
CD 70/100
Black metal traditionnel
Suède
Si l'on en croit la fiche promotionnelle de l'album, Nazgul aurait le sens de l'humour : il aurait fondé Blodsrit, déçu de ce que trop de groupes de black modernes privilégient la technique et les arrangements au côté bestial d'accord, mais combien de groupes ont pu tenir le même propos ? si les groupes " techniques " sont nombreux, qu'en est-il des groupes " primitifs " ? lorsqu'on voit la déferlante actuelle des groupes de true black on peut douter fortement qu'il y ait un manque à ce niveau-là. La saturation serait même déjà au rendez-vous. Bon, du sang neuf c'est toujours ça de pris, et Blodsrit, sous la bannière de ralliement de Oaken Shield, grand pourvoyeur du renouveau des formations true black, rend convenablement hommage à ses références Darkthro-mardukiennes. Mais la scène me semble avoir suffisamment payé son tribu aux légendes qui l'ont fondée. On pourra toujours apprécier de retrouver ces bonnes vieilles atmosphères pestilentielles sous une forme revisitée, cependant la gêne demeure, le black metal ne peut pas quand même pas rester éternellement enterré dans cette fosse ! Fort de son parti-pris, Blodsrit accouche donc d'un album de black metal, et voilà du black qui a parfaitement assimilé les tempos lents mais surtout rapides, du black simple avec des riffs black metal, un chant black metal, une batterie ? black metal ! ouiiiiiiii ! Ok, Blodsrit décoche tout de même quelques beaux riffs tragiques et réserve des moments honorables notamment sur " The Rape of Vestal Purity ", où le groupe fait preuve d'un bon feeling old school et d'une sincérité évidente. En dehors de ça, difficile de ne pas voir dans ce projet assez linéaire un énième reflet, à peine déformé, du passé de la scène. Pas mauvais, mais une énorme sensation de déjà-entendu. Et après ?
Satha
BULLETHOLE
"Incarceration"
CD 78/10
Thrash/Hardcore
Grèce
Quand Georges me "refile" un album "Hardcore", je vous avoue que je me méfie énormément Pantera, Machine Head , voire Amen ou Disturbed sont des groupes "Hardcore"! Si le chant n'est ni Death, ni Black, s'il y a l'ombre d'un contre-temps ou que le chant est légèrement haché, ça y est, c'est du Hardcore (ou du Rap!) Cet album de Bullethole débute comme du Hatebreed avec effectivement quelques rythmes "hachés" au niveau guitares et chant. Mais la suite, sans vraiment trahir le style de la première plage, nous rappelle plutôt certains groupes de Thrash contemporains avec un rythme plus rapide et de nombreux breaks, de nombreaux (néanmoins courts) solos, etc Les passages lents ou au tempo moyen sont souvent proche du Power Metal ou du Neo-Metal tandis que le matériel rapide vogue entre Thrash et Metalcore, le tout sans complexe la preuve, le 9ème titre "Moment Of Hate", jouant la carte du Death/Thrash avec des blastbeats, courts mais hyper bien placés!!! On aimerait que le groupe et le producteur y croient un peu plus pour donner plus d'impact aux 10 titres de cet album, mais après 2 ou 3 écoutes "Incarceration" abandonne ses complexes et ne vous laisse plus de marbre. Un très bon groupe comme il en existe malheureusement beaucoup
Steph
http://www.black-lotus-rec.com / Rock Inc.
CIRCE
"Aeaian Echoes"
CD 73/100
Black/Death Metal à tendance Dark/Atmo
France
Voici donc la première production officielle pour des jeunes français de Circe. Bien qu'elle ait été signée par un label à la renommée plutôt modeste (Kaly Records), elle n'en est pas moins à la hauteur pour autant, et ce à plusieurs points de vue, si bien évidemment on prend soin de ne la comparer qu'avec ses pairs exclusivement... Il est logique que Circe ne peut pas avoir le gabarit sonore d'un Cradle Of Filth... D'ailleurs, où iraient-ils pêcher les moyens? Je vous le demande! Cela dit, par rapport à de nombreuses sorties dans le genre, "Aeaian Echoes" s'avère être d'une qualité surprenante. Un son très ouvert, une instrumentation recherchée, fort complète, parfois carrément complexe, sans nécessairement s'emmêler dans des plans chaotiques, des vocaux variés, eux-mêmes apposés sur une trame lyrique intelligemment tissée... Tout sur ce disque fait état d'un dur labeur. Seul le travail sur les voix féminines me paraît un peu trop approximatif. Dommage, car sans cela, il n'y aurait eu absolument aucune ombre au tableau... Cela dit, le groupe a déjà remédié à ce problème puisqu'il vient de dégoter une nouvelle chanteuse! Je suis d'ores et déjà impatient d'entendre ce que ça donnera...
RNO
http://www.worldofcirce.fr.st / Hardebaran
CLOKSEED
"Curled Up With A Shotgun"
MCD 78/100
Hardcore/Industrial/Death Metal
USA
Clokseed, se définissant lui-même comme un combo de style Indus Hardcore, est groupe underground par excellence et ses membres s'en vantent !! Un album et deux MCD sortis dans la plus grande des discrétions - la pochette de ce " Curled Up With A Shotgun " étant tout particulièrement de mauvais goût (un concept qui en devient presque aconceptuel) -, une (auto-)production brute (voire sale) et directe, et une expérience scénique à faire pâlir nombre de musiciens en manque de sensation live (première partie de groupes - parmi tant d'autres !! - tels que Morbid Angel, Anthrax, Fu Manchu, Pissing Razors ). Peu importe la notoriété et les moyens mis à disposition, le plus important est le travail de composition Le son prime sur le reste, et Clokseed nous le prouve une fois encore avec ces trois morceaux mid-tempos, pour lesquels s'alternent voix claire et rugissements féroces, et un titre plus expérimental (l'introduction de " Embrace Me " aux sonorités bruitistes et aux samples peut-être un peu trop convenus). Notons que le jeu aérien de batterie pratiqué par Matt Ferarro demeure assez intéressant, car bien que n'étant pas avare de la double grosse caisse, il n'en oublie pas moins de répartir sa frappe au travers de roulements bien placés. Il résulte de cet amas sonore une certaine cohésion musicale, à partir de laquelle les plus curieux d'entre nous y trouveront leur compte.
Ph.
DARKEST
HOUR "Hidden Hands Of A Sadist Nation"
CD 82/100
Death/Thrash/Hardcore Metal Mélodique
USA
Ce troisième album est produit par Frederik Nordstrom (connu pour ces travaux avec le groupe culte et défunt At The Gates, In Flames, Dimmu Borgir, Sceptic Flesh, etc), ayant largement contribué à établir le son typiquement suédois du Death Metal. Ce choix de la contribution d'un producteur de cette trempe et aussi expérimenté - participation de ce dernier telle, que l'on pourrait penser que ces neuf titres ont été composés par des scandinaves de pure souche nordique - permet à Darkest Hour d'obtenir enfin une musique à l'intonation tant attendue et aux arrangements détonants. Le style des compositions fluctue entre le Death Mélodique, le Thrash et le Hardcore en fonction des plages. La voix n'est pas sans rappeler des groupes tels que Dark Tranquility ou In Flames, et les mélodies explicitées montrent l'influence que ces combos cités ont eu sur ces cinq américains (mais peut-être pas tant que cela dans leur âme) lors de la réalisation de cet album. On peut citer à nouveau At The Gates (période Terminal Spirit Disease/Slaughter Of The Soul) en particulier pour le jeu des deux guitares - lourdes et rentre-dedans -, l'une se plaçant une octave au-dessus permettant la mise en place d'une harmonie usée par beaucoup (tels que Soilwork ou The Crown). Cependant, les neuf morceaux sont mûrs, puissants et surtout riches, l'influence Hardcore apportant énormément et permettant à Darkest Hour de se détacher de la vague Death Metal actuelle. Notons la participation de maîtres à penser du Death Metal suédois lors de l'enregistrement de ce disque : Tomas Lindberg (At The Gates, encore une fois, et plus récemment, ex-The Crown) sur " The Sadist Nation ", Peter Wichers sur " Veritas Aequitas " (Soilwork), Anders Bjorler sur "The Misinformation Age " (The Haunted). La dernière plage de cet album clôture sous la forme d'un instrumental de ton nostalgique un disque à écouter encore et encore sans aucun risque de lassitude.
Ph.
http://www.victoryrecords.com / Hard Life Promotion
DARK
THRONE "Soulside Journey"
digipack CD 90/100
Black Metal
Norway
Et moi qui comptais faire une virée chez le disquaire pour choper "Soulside Journey" en CD!... Oui, car après avoir écouté la cassette un milliard et demi de fois (au moins!), je comptais me procurer cet incomparable chef d'uvre en CD et paf ! Et c'est à ce moment exact que Peaceville décide de rééditer les 4 premiers albums de Dark Throne (plus celui d'Isengard, le projet solo de Fenriz)! Du coup, je me retrouve à réceptionner une belle grosse enveloppe provenant du département promo du mythique label anglais, et - ô joie - j'en sors ces 5 sombres opus auxquels - je l'avoue - je ne m'attendais pas du tout... La belle surprise! En plus ça me fait de économies... Youhou! Curieux de découvrir les modifications qui ont été apportées aux versions originales, j'arrache les cellophanes avec l'empressement d'un gosse qui vient de recevoir sa Noël et... non. Je ne découvre pas mille versions inédites de tel ou tel autre morceau. Aucun inédit ne grossit d'ailleurs les chapitrages d'origine. Par contre, le conditionnement en digipack en jette plein la vue. C'est sobre. C'est concis. C'est pur. C'est tellement Dark Throne... Et puis, quand-même, sur chaque CD, il y a une plage CD-Rom avec des interviews réalisées par le Fenriz et Nocturno Culto. Eux-mêmes. Evidemment. Jamais ils n'auraient supporté d'être dans la ligne de mire d'un Béranger de l'audiovisuel en sandales. Ce n'est pas leur trip et on le sait bien! Rien à dire sur l'album. C'est toujours la même force majestueuse qui s'en dégage... Trop bon!
RNO
DARK
THRONE "A Blaze In The Northern Sky"
CD 85/100
Black Metal
Norway
En deuxième position dans la série des rééditions des albums de Dark Throne, nous trouvons bien évidemment le grandiloquent "A Blaze In The Northern Sky". Cette version digipack, accompagnée d'une nouvelle interview du groupe réalisée par ses membres eux-mêmes (logique quand on connaît leur philosophie...), se trouve être une des plus "freaky". Non pas du fait qu'il s'agit d'une réédition. Pas du tout. Cet album a toujours été un monument de noirceur. Dès sa sortie en fait... Je me souviendrai toujours du choc que j'ai ressenti la première fois où j'ai écouté le titre homonyme de l'album. Il se trouvait sur une compil de Peaceville, entre les différents My Dying Bride, Kong et autres... Et ça faisait tellement tache que c'en était merveilleux. Cette rudesse, cette froideur, mais surtout ce changement part rapport au Dark Throne que l'on connaissait d'auparavant... C'était transcendantal! Si vous avez quatorze and et que vous chiez des briques parce que votre maman ne vous a pas lavé et repassé votre beau nouveau T-shirt Cradle Of Filth, vous risquez de ne rien capter. Si par contre vous êtes un authentique disciple d'antan, vous saurez quoi faire de votre argent... Eternally dedicated to Euronymous. Ne l'oublions pas...
RNO
DARK
THRONE "Under A Funeral Moon"
CD 82/100
Black Metal
Norway
Avec son troisième album, Dark Throne s'enfonçait définitivement dans le trip visuel noir et blanc. La prod restait fidèle, crade, sombre... "pure" diront certains... C'est vrai qu'on leur aurait presque collé une étiquette Punk tellement l'attitude anarchiste y était... Offrez un livre de Anton LaVey à Johnny Rotten et on les confond tous... Bref. Voilà maintenant l'album en version digipack, agrémenté d'une énième interview concoctée par Fenriz et Nocturno Culto eux-mêmes. Quand on voit ça, y'a de quoi se demander comment ils ont pu rester intègres aussi longtemps... Ce sont des fanas; y'a pas à dire... Contrairement à son prédécesseur (A Blaze In The Northern Sky"), "Under A Funeral Moon" fait rejaillir toute la haine que l'on peut concentrer dans le Black Metal. Pourtant, à aucun moment le groupe ne tombe dans les excès gratuits et de mauvais goût. A nouveau, il nous faudra faire usage du qualificatif "pur" pour décrire ce que l'on ressent à l'écoute de cet opus diabolique. Les riffs coulent comme une sorte de flux naturel à travers nos canaux auditifs et on en vient à se demander ce qui est l'uvre du malin... Est-ce mon oreille ou Dark Throne? Rien à taper. J'irais bien cramer un exemplaire de la Bible, tiens...
RNO
DARK
THRONE "Tansilvanian Hunger"
CD 84/100
Black Metal
Norway
"Tansilvanian Hunger" est un album de Dark Throne que je ne connaissais qu'à moitié et c'est la raison pour laquelle je suis vraiment content qu'il ait été réédité (au même titre que les trois albums précédents) par Peaceville, car cela m'a offert l'opportunité de me replonger dans cet océan de noirceur dans lequel je n'avais pas voulu nager à l'époque de sa sortie officielle (allez savoir pourquoi, bordel de dieu...). Reposant sur de puissants tapis rythmiques aux tempi endiablés, l'entièreté de l'album se laisse écouter comme une nuit de grêle qui vous empêche de dormir à poings fermés. Pas de quoi voir la vie en rose en somme, mais je suis certain que les auditeurs avertis sauront prendre leur responsabilités... Par rapport aux autres albums de l'infernal combo norvégien, celui-ci se montre encore plus direct que les précédents, mais on ne peut pas dire qu'il soit meilleur. Il est simplement autre. La marque de fabrique Dark Throne reste cependant cent pour cent reconnaissable... Avec sa plage CD-Rom (interview "auto-réalisée" par Nocturno Culto et Fenriz) et son look "sobre mais luxueux" (digipack), cette réédition saura charmer les plus réticents des Black Métalleux... Comme elle m'a charmée, moi...
RNO
DEEDS
OF FLESH "Reduced to Ashes"
CD 85/100
Death Brutal Costaud
Hollande
Présents depuis 1993 dans la scène Death qu'ils marquent régulièrement au fer rouge, les trois tueurs de Deeds of Flesh lancent une nouvelle attaque sonore en règle contre une certaine apathie du Death brutal. " Reduced To Ashes " va chercher dans les abîmes de la complexité et de la technique musicale le carburant adéquat à son formidable potentiel de destruction. Le groupe finit par impressionner par son acharnement dans la violence et le travail effectué autour de sonorités déjà exploitées des milliers de fois, tant dans les riffs que dans les plans de batterie. En l'occurrence, la horde sauvage peut se le permettre, appuyée par un batteur assez phénoménal. Elle brasse ainsi une avalanche de riffs bien gras et de blastbeat cycloniques laissant à penser qu'il doit être parfois bien douloureux d'être une peau de caisse claire. Les guitares se placent de façon extrêmement dynamique sur les matraquages belliqueux, avec un sens du détail qu'il faut saluer, un mur sonore où hélas la batterie montre quelques faiblesses de production, pas assez épaisse (la double principalement), surtout pour le style du groupe. Au final on se délecte tout de même de cet album précis et ravageur ; du très bon Death brutal joué par un groupe qui a conquis depuis un moment déjà ses lettres de noblesse auprès des fans de l'underground. Du bon, du brut, du solide...
Satha
http://www.uniqueleader-europe.com
DEFORGE
" Freedom Release "
demo MCD 74/100
Thrah Death Metal
Italie
Après avoir écumé les salles et arrière-salles de sa région natale sous le nom de Anonima Disastri, ce quatuor italien a choisit de changer de nom et de sortir ce qui est déjà sa troisième auto production sous le patronyme de Deforge. Les influences de la première heure : Slayer, Sepultura ont fait place à un style plus moderne. Deforge se réclame de la lignée death thrash scandinave actuelle. S'il est vrai que des titres comme " Germinale ", " Vicious Circle " ou " Mindless State " résonnent de cet ambiance particulière aux combos suédois / danois, on est encore assez loin du niveau affiché par les Soilwork, The Defaced, The Haunted et autre Hastesphere. Bien sur, la grosse différence se situe principalement au niveau de la production, les moyens mis à la disposition de Deforge ne sont pas comparables aux sommes accordés à Soilwork ou The Haunted, mais même si " Freedom Release " nous démontre que le groupe affiche un certain savoir-faire, le résultat final reste du domaine de l'ordinaire ce n'est pas mauvais, mais ce n'est pas encore terrible non plus. Si " Freedom Release " s'écoute sans réel déplaisir, il ne procure pas non plus le grand frisson de ce début d'été. Comme on est en période de session d'examens, la mention sera " bien mais peut mieux faire ".
Georges
DETONATION
"An Epic Defiance"
CD 83/100
Melodic Death Metal
The Netherlands
Assez incroyable, cette capacité qu'a le label français Osmose de continuellement régénérer son catalogue. Quand on pense à la quantité de grosses pointures qui ont quitté la bannière 'Osmose' ces dernières années, on ne peut que s'incliner devant l'intelligence et le flair des découvreurs de nouveaux talents du label français. Exit Enthroned, Marduk, Immortal et autres Dark Tranquility plus d'un label ne s'en serait pas remis, mais manifestement cela ne semble pas enrayer la détermination des gens de Beaurainville. Detonation est un nouvel exemple de cette pépinière de talents qu'Osmose parvient à sortir régulièrement. Si je me souviens bien, je dois avoir vu ce groupe en première partie d'Orphanage et si leur N.W.O.S.D.M. m'avait bien plu, je ne m'attendais pas à un album de la qualité de ce " An Epic Defiance ". La grande force des Hollandais de Detonation est de ne pas se borner à suivre le chemin tracé par les In Flames, Sacrilege, At The Gates et Dark Tranquility. Les parties de guitare font inévitablement références aux meilleurs albums des groupes précités et les vocaux de Koen Romeijn rappellent Mickael Stanne ou même Daniel Svensson. C'est principalement au niveau de la rythmique et plus particulièrement des parties de batteries que Detonation s'éloigne de la ligne traditionnelle des groupes de N.W.O.S.D.M., optant pour un style aussi rapide et puissant que sur certains albums de Dissection ou plus technique, qui me fait penser à Theory In Pratice. Si " An Epic Defiance " est un aussi bon album, c'est peut être tout simplement parce que Detonation a su intégrer toutes ces influences tout en conservant un son qui lui est plus personnel.
Georges
http://www.osmoseproductions.com
DEVOURED
"Necrobscenity"
demo CD-R 78/100
Brutal Death Metal
Belgique
On n'y croyait plus depuis longtemps, mais la Wallonie nous réserve encore des surprises! C'est donc avec un certain plaisir que l'on écoute cette première démo de Devoured qui, pour un premier jet, fait preuve d'une cohérence franchement hors normes. Certes, ils n'ont pas inventé le fil à couper le beurre, mais Devoured n'est pas là pour révolutionner un style... Au contraire, ils sont fiers et heureux de pouvoir perpétuer ce genre si pur et authentique qu'est le Brutal Death Metal! Côté technique, l'alien wallon n'a plus trop de leçons à prendre... Rien qu'avec le tannage de peaux signé par le bestial Rebel, on se retrouve déjà aux portes de l'Enfer! Rajoutez à cela l'excellente voix bien caverneuse de Greg, le riffing hyper tranchant de Steph et le soutien ultra efficace de la basse de Xavier... Si vous êtes un fan de Vader, des vieux Bolt Thrower, de Monstrosity et j'en passe, Devoured devrait également vous intéresser...
RNO
http://www.devoured.be.tf / Hardebaran
DOOMSTONE
"Disharmonic "
CD 77/100
Death/Thrash
Germany
Voici un groupe allemand qui ne ménage pas ses efforts. Leur mélange de Death et de Thrash regorge d'idées, est truffé de bons riffs, de breaks et de technique. Les changements de rythme sont légion, la technique est omniprésente tant au niveau des guitares que de la batterie Et même le chanteur fait tout pour varier une voix qui se veut agressive au possible, passant du rugissement Death au beugleries plus Black. Enormément de qualités donc... Pourtant, la sauce ne prend pas réellement et il est difficile d'en comprendre la cause... Y a-t-il trop de fioritures? Trop de technique? Est-ce que la production n'aurait pas du mettre l'accent sur certains éléments plutôt que sur d'autres il est difficile de savoir ce qui cloche ici, d'autant que Doomstone ne ménage pas ses efforts. Probablement que toutes ces bonnes choses manquent de cohésion, que les choses se succèdent un rien trop vite sans laisser le temps à l'auditeur de s'habituer et de mémoriser certains passages clé Dommage, car les ingrédients sont excellents !
Steph
http://www.sod-rec.de / Pitchfork Promotion
DRASTIQUE
"Pleasureligion"
CD 80/100
Black Death Metal
Italy
J'ai toujours particulièrement bien aimé la démarche musicale de Chris Buchman. Ce polonais immigré en Italie n'a jamais cherché la facilité et a toujours considéré le développement de son concept musical bien plus important que toute considération financière et/ou commerciale. " Thieves Of Kisses ", sorti il y a déjà quelques années, marquait les vrais débuts de Drastique. A l'époque, l'orthographe du nom était différente et l'optique musicale sonnait plus techno/electro. Sur certaines plages, on pouvait même remarquer une approche assez similaire à celle de SUP. " Pleasureligion " est assez différent de son prédécesseur ; le style est toujours aussi fouillé, mais Drastique s'oriente plus vers un Death/Black Metal à conception 'baroque'. Toujours aussi surprenant, Chris Buchman nous entraîne vers une musique plus sombre et plus glauque. " Pleasureligion " est typiquement le genre d'album qui est difficile à définir et je suis convaincu que chaque auditeur en retirera quelque chose de différent. Soit on aime, soit on déteste il n'y a pas d'autre alternative ! A vous de voir... Pour les amateurs de reprises (inattendues), Drastique nous délivre une version gutturale du hit de Sandra " Maria Magdalena ". A ma connaissance, c'est déjà la deuxième fois que Sandra est remise à l'honneur (?) par un groupe Metal : To Die For avait déjà repris " In the Heat Of The Night " si on m'avait dit ça il y a une quinzaine d'années
Georges
http://www.beyondprod.com / Masterpiece distribution
ELEMIAH
"Choirs Of Seraphims"
demo CD-R 70/100
Prog Metal Instrumental
France
Fondé en 1999, Elemiah est de ces groupes qui ont déjà bien ramé et qui rameront encore afin de trouver le chanteur qui collera avec le reste de ses musicos. Ce n'est pas qu'ils soient ultra exigeants, mais il est un fait que trouver un bon vocaliste n'est pas chose une aisée, a fortiori lorsque l'on joue du Prog. Heureusement, le quintette français n'a pas chômé en attendant l'arrivé de l'heureux élu. C'est ainsi que "Choirs Of Seraphims" a vu le jour. Il s'agit donc là d'une démo instrumentale, certes, mais elle s'avère pleine de bonnes idées mélodiques qui donnent déjà envie d'entendre le produit lorsqu'il sera finalement "fini"... On imagine bien des choses dans notre tête, mais je suis sûr que ce sera bien plus sympa quand les vides seront comblés... En attendant, on peut déjà se faire une bonne idée du potentiel du groupe. Les plans de guitare sont vraiment bons; toujours empreints d'un extraordinaire sens de l'harmonie. Quand aux parties rythmiques, rien à redire. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, elles ne sont pas trop complexes. Variées, oui, mais complexes... pas vraiment. Seul le bassiste manque de précision dans son doigté, mais bon... la qualité de l'enregistrement (fait maison) n'aide pas forcément à masquer ce genre de petites imperfections... On leur souhaite que leur quête aboutisse!
RNO
ENSHADOWED
" Intensity "
CD 87/100
Death Metal
Greece
Attention, beware, achtung, pas op top album. " Intensity " va en étonner et en décoiffer plus d'un. Les plus surpris seront ceux qui ont acheté le premier album enregistré par ces grecques il y a à peine une dizaine de mois. La première chose qui frappe, c'est que le logo a changé, ensuite on s'aperçoit que le groupe a lui aussi radicalement changé : de " Messengers Of The Darkest Dawn ", n'a survécu que le guitariste fondateur du groupe Necro. Finalement et c'est assez logique si on se réfère à ces modifications, " Intensity " n'offre que très peu de similitudes avec son prédécesseur. Oubliez le pourtant très bon (à défaut d'être très original) black metal à grosse influence scandinave délivré tout au long de " Messengers Of The Darkest Dawn ", " Intensity " officie dans un death metal ultra direct et dévastateur. J'ai envie de dire que tout est parfait sur cet album. C'est rapide, puissant, guttural et surtout jamais répétitif. Si vous voulez vous faire une idée de la qualité de cet " Intensity ", prenez le temps d'écouter le second chapitre (le premier était sur le premier album) de " Jesus Christ Cage " intitulé " Requiem Of Hatred " tout y est, violent, mélodique, personnel en un mot génial. Le genre de sortie qui fait le cauchemar d'un chroniqueur (aucune envie d'écouter autre chose alors que la pile d'albums à chroniquer ne cesse de grimper). 87/100, ce doit être ma meilleure côte de l'année.
Georges
http://www.black-lotus-recs.com / Rock Inc.
ENTOMBED
"Inferno"
CD 88/100
Rock'n Roll Death Metal
Suède
C'est avec délectation que nos oreilles accueillent "Retaliation", premier titre de ce nouvel opus "Inferno" du combo suédois, à la pochette d'un mauvais goût esthétique plus que certain. Le son gras - une caractéristique chez Entombed depuis longtemps déjà - des guitares vient poser les bases (solides et inébranlables) de cet album pour lesquels les riffs entêtants et endiablés se succèdent, mid tempos et rythmes rapides sont usés, le tout accompagné par un jeu de batterie lourd et dynamique de Peter Stjärnvind (ayant remplacé Nicke Andersson depuis l'enregistrement de l'album "Same Difference"). Une production brute, permettant de capter l'essence même du groupe, a été privilégiée au dépend des productions plus claires et surtout plus (presque trop) propres précédemment appliquées. Les fans de la première heure peuvent allègrement - et ils l'ont fait depuis quelques années déjà - passer leur chemin : ce que propose Entombed à présent, une musique qui lui sied à la perfection, est une hymne au Rock et au Metal (et je pèse mes mots). Qui peut en effet rester indifférent et insensible au refrain presque enivrant de "The Fix Is In", à la lourdeur et l'hypnose dégagées par "Children Of The Underworld", à la basse groovy et dynamique qui nous berce continuellement et ce morceau si prenant "Descent Into Inferno", titre le plus abouti, est un doux mélange de volupté et d'intensité sonore. Mieux vaut oublier cependant la mélodie pompeuse et futile "Intermission" qui n'a aucunement sa place ici (peut-être est-il alors préférable de le prendre au second degré, le contraste dégagé par la plage suivante étant si marqué ).
Ph.
http://www.music-for-nations.co.uk / Zomba
FORGOTTEN
TOMB "Springtime Depression"
CD 81/100
Suicidal Black Metal
Italy
Ames suicidaires, fanas de l'autodestruction, camarades kamikazes ; oyez ! Le nouveau Forgotten Tomb atterrira bientôt dans les bacs de votre disquaire ! Tenez-vous donc prêts à affronter l'abyssale froideur de ce sinistre duo qui pourrait bien finalement vous achever ! Préalablement à la sortie de l'album, j'avais lu de nombreuses interviews de Herr Morbid, l'initiateur de ce sombre projet, et je me considérais de ce fait comme un homme averti... Mais je n'imaginais pas qu'une telle qualité serait au rendez-vous ! C'est vrai quoi : une attitude mille pour cent underground, une fervente passion pour le glauque et une imagerie grisâtre qui ne respire aucun sentiment si ce n'est la joie de mourir... tout cela ne laissait rien présager de positif ! Pourtant, grâce à cet enregistrement, Forgotten Tomb se retrouve immédiatement catapulté dans les hautes strates du Metal pour désespérés, aux côtés des grands groupes du genre (Deinonychus, Bethlehem et Shining pour ne citer qu'eux...). Quel exploit soudain ! Il faut dire que ce n'est pas son ambiance hyper prenante qui lui fera défaut ! Mes aïeux... Je crois qu'une descente après une overdose de Valium est encore moins pénible ! Que la musique soit purement Black, plutôt Dark/Doomy ou carrément instrumentale (acoustique), c'est toujours la même sensation de vide qui vous envahit. Après une écoute prolongée de " Springtime Depression ", ne vous étonnez pas si vous avez envie de vous taillader les veines au lieu de gentiment vous raser la barbe au petit matin...
RNO
FORTYTWO
"In The Center Of The Storm"
MCD 70/100
Hardcore/Metal
Norvège
Formé en 2000 et originaire d'Alesund, Fortytwo enregistre enfin son premier mini-CD en 2002 (en autoproduction), cinq titres concis sauce Hardcore/Metal, sans grande originalité ; les arrangements n'étant pas dignes d'être porter aux nues, et le style choisi étant loin d'être complètement nouveau. L'on pense en effet immédiatement à Machine Head - en un plus mélodique tout de même -, toutes époques confondues, le chant de Kristian rappellant parfois celui de l'ex-charismatique, mais à présent clownesque Rob Flynn (à s'y méprendre, comme en témoigne la quatrième plage " Lady Fair Tale "). Un morceau entier à la teinte d'un In Flames nous fait comprendre de plus que les influences ne sont pas totalement digérées (" Desolation "). Cependant, les membres de Fortytwo risquent malgré tout de faire parler d'eux dans un avenir proche mais à la condition extrême reliée à une prise de conscience de leur capacité et de leur potentiel intrinsèques. Ce n'est que le début pour ces novices (de moyenne d'âge de 23 ans), ayant pourtant d'ores et déjà une expérience scénique considérable, on peut donc espérer entendre un premier album qui pourrait les lancer sur le devant de la scène norvégienne.
Ph.
FREYA
"As The Last Light Drains"
CD 80/100
Hardcore/Punk Metal
USA
Constitués par d'ex-membres d'Earth Crisis - Erik Edward, Bulldog et Karl Buechner rejoints par Corey Koniz (derrière les fûts) et Darian Lizotte (guitare et chant) -, Freya surprend tout d'abord par l'incroyable dynamique qui se dégage de leur musique. Deuxième aspect déconcertant que l'on ouïe immédiatement : l'alternance entre chant clair et chant Hardcore (ce dernier étant particulièrement haineux et rempli d'animosité). Cette dualité entre brutalité et douceur/mélodie est aussi une caractéristique générale de leurs compositions, laissant suggérer une influence du Metal Made In USA de ces dernières années, oui, je veux en effet faire allusion à ce style que l'on nomme à tort et à travers "Neo-Metal" Cependant, et ceci peut en effet en rassurer beaucoup d'entre nous, les riffs de guitares - soutenus par une rythmique de batterie qui sans relâche martèle !! - sont beaucoup plus complexes (certains en viennent à nous hanter sans cesse "Negative Infinity", "As The Last Light Drains"), les arrangements tout autres, et la rage propre au Hardcore reste présente tout au long de cet album. Les Treize plages s'enchaînent donc dans une fluidité sonore exquise, trouvant son origine à partir d'une source mêlée de sang et de larmes.
Ph.
http://www.victoryrecords.com / Hard Life Promotion
GENEPOOL
"A Need For Any Need At All"
demo CD-R 74/100
Hardcore/Death Metal
Ecosse
Composé de quatre titres concis - ayant un très léger côté industriel de par les rythmes et les ambiances malsaines générées - ne dépassant pas les quatre minutes, le dernier enregistrement en date de ce combo d'outre-atlantique (plus précisément de Glasgow) est plus que prometteur. L'Ecosse n'est pourtant pas reconnue comme terre produisant des groupes aussi agressifs que celui dont il est question - les formations dans un style voisin ou cousin se comptent en effet largement sur les dix doigts de nos mains. Une première composition au son brut "Punching Judy" - la guitare au son léger et trop en retrait est le principal reproche que nous pouvons faire au niveau de la production - vient chatouiller nos oreilles, nous introduisant d'emblée au style proposé par Genepool. Des riffs originaux situés entre le Death et le Hardcore, appuyés par une base rythmique solide - une cohésion certaine basse/batterie venant renforcer la brutalité et l'efficacité de leur musique. Le chant de leur nouveau membre, Graham Harris, guttural au possible, peut rappeler parfois celui de "Barney" dernière époque, vocaliste charismatique du groupe mythique Napalm Death (à s'y méprendre par moments). L'on reste cependant sur sa fin, ces presque 15 minutes de bestialité pure ne permettant pas de satisfaire nos besoins vitaux de régénérescence musicale Attendons donc patiemment leur premier album.
Ph.
http://www.genepoolmusic.co.uk
GOJIRA
"The Link"
CD 80/100
Metal lourd de chez lourd
France
Pas trop envie d'essayer de décrire le style de Gojira; un trop grand nombre de mes collègues s'y est déjà cassé les dents... Tentons plutôt d'analyser l'ovni d'une façon totalement anti-scientifique; voire animale! Armons-nous d'un scalpel soigneusement affûté et coupons dans la première membrane de surface. Cette couche semi-métallique, qui - à première vue - lui sert de simple cuirasse, n'est autre qu'un trompe-l'il qui a en réalité pour rôle primaire celui de détourner l'attention de ses (faux) congénères; une protection mimétique en quelque sorte... Une deuxième entaille, plus profonde cette fois, révélera une paroi musculaire anormalement surdéveloppée. Voilà de quoi déplacer des montagnes avec finalement très peu d'efforts à fournir! Les Gojira auraient donc apparemment une de ces rares structures atomiques économes. Peu de carburant, une grosse machine; tout cela pour en arriver à un soulèvement énergétique qui n'est pas des moindres. Vive le progrès! Maintenant, filez à la quincaillerie du coin et échangez votre scalpel contre une bonne grosse machette. En plus d'avoir fait une bonne affaire, vous vous retrouvez désormais avec le seul outil qui est capable d'atteindre la bête dans ses retranchements les plus ultimes. Frappez fort (inspirez-vous éventuellement de ce bon vieux Conan) et attendez que la fumée se dissipe (un peu d'imagination, pardi!). Nous pouvons à présent pénétrer dans le cur du système. Et tout semble normal. Du sang, de la chair, des tripes... Quoi, vous croyiez sans doute que nous allions tomber sur l'abominable homme des neiges? Sur un gros ballotin de chocolats? Sur Pamela Anderson en string? Cessez de rêver! Les Gojira ne sont que des humains après tout... Bien qu'on se pose toujours des questions... Et y'a de quoi... Trop balèzes les mecs...
RNO
http://www.gojira-music.com / Next Music
GRABNEBELFÜRSTEN
" Dynastie-Oder Wie Man Herrschaft Definiert "
CD 79/100
Black/Death Metal
Germany
Je ne sais pas trop comment il faut interpréter le slogan imprimé sur la face arrière du livret de cet album : " Grabnebelfürsten > Black Metal ". Le groupe veut-il nous faire savoir que sa musique est supérieure à ce que le Black peut offrir ou cela signifie-t-il qu'il s'agit d'un black metal de qualité supérieure ? Difficile à dire... " Dynastie-Oder Wie Man Herrschaft Definiert " est en tout cas un album intéressant. Pas extraordinaire et sûrement pas de qualité supérieure, mais quand même intéressant. Les six (très long) titres de l'album alternent ambiances Black Metal (tendance scandinave) et parties Death Metal extrême ; le tout assez bien ficelé. " Dynastie " n'est pas parfait pour autant. Certains titres sont trop longs, limite épuisants... La plupart des lignes mélodiques ne sont guères évidendentes et avec une durée qui dépasse facilement les sept minutes, il faut de nombreuses écoutes pour commencer à se retrouver entre les morceaux. Ajoutons également l'utilisation de l'Allemand qui ne facilite pas l'adhésion d'un public non-germanophone. Pour ce qui est des points positifs, Grabnebelfürsten a de (très) bonnes idées. Certains titres sont vraiment très bien arrangés et surtout le groupe ne sonne pas trop " teuton ". Malgré la langue utilisée, malgré les nombreux passages parlés (qu'on croirait sortis des haut-parleurs de stades de football de la Ruhr), " Dynastie " n'est pas un énième album destiné uniquement au marché allemand. De ce fait, Grabnebelfürsten mérite plus d'attention que la plupart de ses compatriotes. Une découverte à faire.
Georges
GREENFLY
" Hidden Pleasures of a Nonexistent Reality"
CD 89/100
Brutal Grinding Death
Espagne
Même si la première démo de Greenfly remonte à 1994, " Hidden Pleasures of a Nonexistent Reality " n'est que le premier album du groupe. Cet album propose 8 titres plus une outro d'un style plutôt difficile à qualifier. En effet, à travers ces 8 titres, le groupe passe du Grind à la old Carcass, Exhumed, Haemorrhage à des passages typiquement plus Death qui sonnent parfois proches Avulsed ou Incantation et même Thrash/Death du début des 90's, à grand renfort de solos parfois à la limite de la démonstration et de breaks bien speed. Si le fait de passer d'Exhumed à Death dans un même titre peut paraître plutôt étrange, le tout sonne pourtant parfaitement carré et reste toujours puissant. C'est album est véritablement une merveille ! ! ! Je n'ai pas grand chose à rajouter si ce n'est que tout fan de Metal extrême en général (sauf Black Metal) trouvera son compte en écoutant Greenfly. Pour information, le 7ème titre n'est autre qu'une reprise de Death " Born Dead ".
Kaigan
HEDFIRST
"Hedfirst"
CD 63/100
Death/Thrash Metal
Pologne
Formé initialement en 2001, Hedfirst, groupe polonais possédant une expérience scénique intra-muros assez enviable (de nombreux concerts à Varsovie en première partie de Hunter), s'était alors fait remarquer la même année après la sortie de leur première démo "Checkpoint" (le combo s'appelait alors Headfirst). Aujourd'hui de retour avec son premier album dans une veine Death/Thrash classique et presque conventionnelle - composé de neuf titres (au tempo varié) dont une reprise, l'excellent "I Hate You" de Verbal Abuse - Hedfirst revient en force, épaulé par le label Crash Music (producteur et distributeur de musique extrême underground aux Etats-Unis et en Europe). Musicalement, la déception vient cependant de toute part. Une production atrocement brute ne permettant malheureusement pas de se rendre compte réellement de la puissance de leur style (des guitares au son trop léger, sans réelle profondeur, un timbre de batterie trop mince à mon goût, une voix bien trop en avant et excessivement crue), des structures Thrash vues, revues, visitées et revisitées Il est cependant difficile d'être novateur dans un style aussi prisé. Les huit compositions proposées, bien que n'étant pas très originales, sont décemment interprétées. Néanmoins, la dernière plage officielle de cet opus (le cover track n'étant pas crédité) ouvre des perspectives sur l'évolution possible de ce quintet. Aux influences plus Dark, ce fragment atmosphérique au rythme incroyablement lent s'écoule durant plus de 7 minutes, certaines sonorités rappelant en outre certaines pièces majeures d'un My Dying Bride ancienne génération.
Ph.
HIMINBJORG
"Golden Age"
CD 88 / 100
Pagan Black Metal
France
"Golden Age" titre fortement évocateur des thèmes habituellement abordés par Himinbjorg, groupe français qui se donne corps et âme depuis 7 ans déjà dans un Black Metal aux inspirations vikings saisissantes de sincérité. On retrouve ici les ingrédients traditionnels du genre mais surtout du style propre à Himinbjorg : les riffs guerriers parfois tragiquement teintés, les chants clairs lointains et fiers comme un appel à la révolte et à la gloire du paganisme, la violence, l'exaltation, et toujours une certaine beauté contemplative. Le moins que l'on puisse dire de cet album c'est qu'il ne calme guère le jeu. Dès le premier morceau on entre progressivement dans le vif du sujet avec des sonorités tout d'abord purement thrash, qui s'installent pesamment avant que les riffs ne s'accélèrent et que n'explose le vent puissant et glacé d'un Black Metal racé. Tout cela ne manque pas de saveur, le souffle épique est bel et bien présent. Quoique logé dans l'hexagone, Himinbjorg invoque les dieux norvégiens avec conviction et rend gloire aux esprits des anciens avec un savoir-faire indéniable. Hypnotisant, authentique, galvanisant et parfois simplement bouleversant, " Golden Age " est bien l'assurance qu'Himinbjorg n'a pas fini de célébrer les véritables valeurs du Black, celles d'une nature souveraine, mystérieuse et sans concession, témoignage de la force des dieux païens et de leur éternelle présence derrière chaque chose et chaque être.
Satha
HORTUS
ANIMAE " Waltzing Mephisto "
CD 80/100
Symphonic Horror Black Metal
Italy
" Waltzing Mephisto " est la première sortie officielle de ce groupe italien qui a la particularité de bénéficier de la présence (surtout promotionnelle) de Diego Meraviglia (alias GroM) batteur de Doomsword et Ancient. Il y a à boire et à manger dans cet album. D'un côté, on nous présente Hortus Animae comme la nouvelle sensation du genre (ce n'est pas tous les jours, qu'un groupe -qui n'a encore rien sorti- peut se permettre de choisir entre plusieurs labels) et sincèrement, pour la nouvelle sensation on repassera, " Waltzing Mephisto " n'offre rien de véritablement révolutionnaire, ni même de nouveau. Le groupe marche sur les traces de Cradle Of Filth alliant ambiances black metal avec des passages gothique et des parties pompeuses de musiques pseudo classique. Franchement, on a déjà entendu ça quelques dizaines de fois auparavant. Certains pans de la musique de Hortus Animae ne sont pas encore complètement au point, les parties de synthés sur " Enter " sont beaucoup trop mises en avant et la fusion " Freezing Moon "-" Tubullar bells " est loin de rendre hommage à ces deux titres (les fans de Mayhem auront d'ailleurs du mal à comprendre ce qui a pu motiver Hortus Animae à reprendre ce superbe titre). D'un autre côté, si on fait abstraction du coté tape à l'il, racoleur et limite efféminé du projet (j'ai d'abord cru qu'un des membres du groupe officiait au sein d'Army Of Lovers), il faut reconnaître un réel talent d'écriture à Hortus Animae, " A Lifetime Obscurity ", " Souls Of The Cold Wind " ou " Welcome The Godless " sont vraiment bien foutus et si c'est vrai que le style a déjà été entendu et revisité à de multiples reprises, " Waltzing Mephisto " fait quand même partie du dessus du panier. Ce qui finalement, justifie une côte plus qu'honorable.
Georges
http://www.black-lotus-recs.com / Rock Inc.
HYMN
TO THE ANCIENT " Promo "
demo MCD 79/100
Doom Metal
Suède
Même sans la bio., il n'est pas trop difficile de deviner les références et motivations de HYMN TO THE ANCIENT. Les trois titres proposés sur cette promo lorgnent ostensiblement vers le doom metal des années quatre-vingt. C'est du Trouble (sans pourtant jamais atteindre la profondeur et la lourdeur d'un album aussi génial que " Psalm 9 "), couplé à du Witchfinder General le tout mélangé à une grosse dose Candlemass (la voix de Messiah Marcolin en moins). Ce n'est pas original pour un sous, mais c'est vraiment bien fait. C'est lourd, mais pas uniformément lourd, les trois compositions sont d'ailleurs assez différentes les unes des autres. Ce qui me plait le plus dans la musique d'Hymn To The Ancient, c'est de délibérément se désintéresser de l'aspect stoner rock psychadélic (rien à faire, je suis complètement insensible aux uvres des dieux en pattes d'éléphant que sont Cathedral et Anathema) pour se concentrer sur une musique ancrée metal avec finalement pas mal de changements de rythmes et d'accélérations (" Ancient Sins "). Hymn To The Ancient n'a rien inventé du tout, mais leur doom metal sonne bien plus authentique et plus intéressant que la plupart des productions actuelles du genre. On en redemande.
Georges
IMPERIOUS
" In Splendour "
CD 81/100
Death Metal
Sweden
Waouw ! ! ! ! Ca décoiffe. Voila bien un album qui ne tergiverse pas beaucoup pas besoin de l'écouter en entier chez son disquaire préféré pour savoir si on va l'aimer ou pas. Du premier au dernier titre, de la première à la dernière seconde un véritable raz de marée de riffs, de vocaux gutturaux et de rythmes effrénés. Il n'y a rien à redire il n'y a rien à jeter dans les onze titres de " In Splendour ". Si vous recherchez les dignes héritiers de la N.W.O.S.D.M., il faudra déchanter ; bien qu'originaire de Suède, Imperious n'offre aucune similitude avec la grande majorité de ses compatriotes qui ont fait la réputation du Gothenburg sound. S'il faut chercher des références à ce " In Splendour " (qui est le premier album du groupe) c'est plutôt du côté du death américain qu'il faut creuser : Nile, Immolation ou surtout Hate Eternal semblent avoir grandement influencés le trio suédois. " In Splendour " est un bon album qui sans l'ombre d'un doute devrait ravir tous les fans de death metal carré et direct. A mon sens bien plus intéressant que le " Remnants Of Deprivation " sorti par Visceral Bleeding (aussi sur Retribute Records) l'année dernière. Du bon, du tout bon death metal.
Georges
http://www.retributerecords.com
INHEPSIE
"Oracle"
CD 83/100
Heavenly Hybride
France
"Oracle" d'Inhepsie, la nouvelle signature de H.A.R. (sous-label de Sacral Prod.), fait partie de ces étranges productions hybrides qui marient entre elles des sonorités Dark, Atmo, païennes, Folk, classiques et j'en passe... Fort heureusement, nous sommes ici bien loin du malheureux patchwork que ce style hétéroclite nous réserve habituellement. On peut d'ailleurs souligner l'étonnante cohérence que l'on découvre tout au long de l'album et féliciter les deux auteurs de ce projet d'avoir su mettre sur pattes un album si bien construit, tant dans son entièreté que dans la trame de chacun de ses morceaux. On ne peut cependant pas parler d'un disque accessible car il est incontestablement - voire expressément - réservé à un public averti. Les habitués de Matutina, Eros Necropsique et autres groupes bizarroïdes français ne rateront pas l'occasion de découvrir une nouvelle perle rare. Quant aux autres, ils devront probablement faire le ménage dans leur esprit avant de pouvoir s'accoutumer aux éléments "non-Metal" et aux mélodies parfois très "gentilles" dont "Oracle" regorge. Personnellement, en tant qu'amateur de musique qui sort de l'ordinaire, j'applaudis des deux mains, car les compositions (signées Jean Suire) collent à merveille avec le timbre particulier de la chanteuse (Cathy Bontant est son nom) et l'ensemble s'avère très agréable à écouter. Bravo!
RNO
http://sacral.free.fr / Adipocere
INVICTUS
"Black Heart"
CD 80/100
Heavy Metal
France
Du bon Heavy digne de ce nom, ce n'est pas tous les jours qu'on en a dans les oreilles. Surtout depuis que la moitié des métallos se sont mis à pomper et repomper les bons vieux riffs d'antan, oubliant la plupart du temps de les mettre à la sauce actuelle et rendant ainsi le plagiat franchement casse-couilles; passez-moi l'expression... Dans ce beau petit monde de citrouilles pourries, Invictus vient remettre un peu d'ordre. Pratiquant un Heavy assez direct mais surtout honnête, les français ont trouvé la manière de nous caresser dans le sens du poil. Leurs compositions sont droites, joliment arrangées, parfois embellies par de très justes interventions de synthé... Et bien que je ne sois pas pour le favoritisme, je dois tout de même mettre une meilleure note au gratteux soliste qui nous a pondu une série de solos d'une qualité exceptionnelle. La production est signée par notre ami Didier Chesneau (Headline) et est vraiment de très bon goût. Pas étonnant que LMP ait sauté dessus...
RNO
http://www.limb-music.de / Hard Life Promotion
ISENGARD
"Vinterskugge"
CD 80/100
Black Metal
Norway
Peaceville ne s'est pas limité à rééditer les quatre premiers albums de Dark Throne. Dans sa lancée, le label anglais a également embarqué le projet solo de Fenriz, j'ai nommé Isengard. On retrouve donc ici les trois chapitres de cette obscure saga écrite par le gardien des forêts norvégiennes. Et pour ceux qui n'auraient jamais prêté l'oreille à cet album (sorti originellement en 1993), j'aimerais préciser qu'il s'agit d'un travail qui - bizarrement peut-être - s'écarte fort des sonorités Dark Throne. Et pas seulement à cause du chant clair. Non. Il existe dans la musique d'Isengard une tendance à sonner folk que l'on ne retrouve sur aucun album de Dark Throne. Doit-on voir en lui un exutoire? Possible... En tout cas, question compacité, la dose y est. On croirait une brique qui vous tombe dans l'estomac. Pire que la demi-douzaine d'escargots sauce bourguignonne. Je vous jure... Un classique que l'on (re-)découvre avec plaisir!
RNO
LAC
PLACIDE "Away"
self-produced CD 75/100
Prog Rock/Metal
France
Un premier coup d'il à la pochette me fait sourciller. Elle me fait en effet penser à ces disques à vocation "thérapeutique" que l'on vend à prix d'or (et sans vergogne) au comptoir des boutiques ésotériques. Je bousille donc rapidement le cellophanage en quête de vérité... Et me voilà à l'écoute de Lac Placide qui est, à sa manière, également "thérapeutique", mais qui n'a finalement pas grand-chose à voir avec les chakras, karmas et autres zouaveries mystiques. Le premier élément prédominant que l'on retrouve dans la musique de nos nouveaux amis français, c'est la guitare qui sonne très années '80. Par moments, ça vire presque au P.I.L. tellement le flanger est poussé. Il y a pas mal de passages acoustiques aussi... En solo, les différents doublages et harmonisations sont intelligemment étudiés et on remarque vite que côté technique, ça gaze plutôt pas mal... Le deuxième élément prépondérant que l'on retrouve sur cet album (autoproduit, soulignons-le), c'est la dualité du chant homme/femme et français/anglais. Personnellement, je ne me sens pas très chaud lorsque les chanteurs évoluent en duo, car leurs voix diffèrent trop l'une de l'autre. La demoiselle sonne un peu comme Annie Haslam, très gentille très et suave (le style "institutrice"), alors que monsieur a une voix franchement plus nasale; genre Phil Collins, mais en plus aléatoire... Question synchro, c'est pas toujours top non plus, et - bien que je comprenne bien que le groupe ait voulu en quelque sorte innover - je trouve que l'on y perd en esthétisme. Cela dit, quand chacun chante sa partie de son côté, il n'y a absolument rien à redire... Bien au contraire, chacun apporte sa pierre à l'édifice et j'apprécie beaucoup. Quant au travail du synthé, il s'avère également primordial. De nombreuses nappes d'ambiance octroient au son global une légèreté similaire à celle de IQ et quelques contrastes font leur apparition sur les parties plus musclées, plus Rock... mais à aucun moment le synthé ne passe en premier plan, sauf bien sûr lorsqu'il accompagne les solos de guitare à l'unisson. Au niveau des structures, on se sent plongés dans un trip plutôt '70s. Pour les connaisseurs, je dirais qu'on n'est pas loin du trip Esperanto dans leur période moins expérimentale. Dans l'ensemble, j'ai la nette impression que ce groupe a de l'avenir... Tout fan de bon Prog sera probablement d'accord avec moi (attention, sinon je tape!).
RNO
LIAR
& SUNRISE "Decontaminate"
split-CD 81/100
Metalcore
Belgium/Poland
Voilà bien un split que je n'aurai jamais du chroniquer et que je n'aurais jamais chroniqué si je ne l'avais écouté (un peu par curiosité). Le metalcore n'est pas vraiment mon rayon et je n'éprouve que très peu d'attrait vis-à-vis de la mouvance straight-edge (je n'y connais et comprends pas grand chose). Si j'ai finalement chroniqué cet album c'est tout simplement parce que les Liar et Sunrise sont vraiment très bons. Liar est un nom qui n'est pas inconnu en Belgique (même si vous ne vous intéressez qu'à la scène Death ou Black). Liar est un nom qui revient depuis de nombreuses années dans les agendas de concerts et c'est quelque chose que l'on comprend mieux à l'écoute des quatre titres enregistrés pour ce split. C'est ultra puissant, composé à partir d'une base thrash survitaminée, des parties guitare enrichies par de nombreux riffs et des vocaux écorchés comme on en autant trop peu dans la plupart des groupes Hardcore. Je ne pense pas me tromper en affirmant que les membres de Liar ont sûrement du suer pendant de nombreuses années pour parvenir à un tel résultat. Les fans de Thrash à la The Haunted, The Defaced ou Soilwork devraient apprécier... Sunrise nous vient de Pologne et lorgne plus vers la scène Death/Thrash metal. Certaines parties de guitares sont parfois proches de la N.W.S.D.M. Le groupe a su intelligemment coupler les éléments des différents styles musicaux et devraient ravir à la fois les fans de Metalcore, de Thrash et de Death mélodique. Assez impressionnant...
Georges
http://www.lifeforcerecords.com
LINEA77
"Numb"
CD 70/100
Hardcore/Fusion/Punk
Italie
L'été est déjà là, et si, pour certains, cette période est synonyme de festivals (pour absorber sa dose annuelle de décibels ) pour Earache, Linea77 est le symbole de la saison chaude. L'album Numb, sorti officiellement le 2 juin 2003, est en effet chargé de cette bonne humeur propre à certains groupes de Fusion, qui donnent plus envie de " danser " que de slammer ou headbanger avec ses camarades C'est une musique festive, rayonnante, Made In Italia - fortement imprégnée de l'air méditerranéen -, groovy (comme en témoigne le jeu de basse slappée dès la première plage " Venus "), aux mélodies entraînantes (" Ants "), rappelant parfois les Red Hot Chili Peppers de la première vague. L'italien est une langue qui possède son propre charme, le titre " Fantasma " ne démentira pas cette vérité première, même s'il est chanté dans un répertoire punk. L'ajout de cuivre sur certains morceaux (" Warhol ") peut nous faire comprendre que l'influence Dog Eat Dog est bien là. Ces onze titres font donc preuve d'une certaine originalité, même si la guitare semble quelque peu en retrait, la batterie parfois simpliste, mais nerveuse, le (ou plutôt les deux ) chant trop linéaire. Des critiques sans en être puisque de toute façon, Linea77 fait la musique qui lui sied, ça se sent, et c'est cet aspect qui séduit déjà sur scène.
Ph.
http://www.earache.com / Zomba
MALEFICENTIA
"Under The Banner Of Suffering"
digipack CD 84/100
Black Metal
France
Cela faisait plusieurs années déjà que l'on entendait parler de Maleficentia... Pourtant, tout projet marqué de leur sceau semblait rester dans l'ombre, un peu comme s'il s'agissait du énième groupe de Black Metal qui cause et recause sans finalement vraiment agir. Mais maintenant que j'ai enfin l'occasion d'écouter ce nouveau "Under The Banner Of Suffering", je puis vous assurer que Maleficentia est sans contestation possible un de ces rares groupes qui savent se distinguer de la masse... Si le sextette français ne fait ni dans l'extravagance ni dans la virtuosité, il sait par contre faire preuve d'un étonnant savoir-faire en matière de composition. Les riffs sont plus ou moins simplistes, mais ils s'avèrent également d'une monstrueuse efficacité. Quant à la performance vocale, elle ne s'aventure guère dans d'autres registres que ceux qui sont reconnus et appréciés dans la pure tradition Black Metal (bien qu'elle soit parfois secondée par une deuxième voix qui évolue dans un registre nettement plus guttural, plus Death Metal...). Selon leur intentionnalité, de nombreuses nappes de synthé s'ajoutent à l'ensemble et solidifient ou embellissent l'ossature des différents morceaux. Dans tous les cas, elles créent des atmosphères souvent plus chaudes, plus feutrées, voire carrément suffocantes pour le mental. D'autres passages se dirigent plus vers le symphonique, comme sur l'instrumental "Toward The Eternal Bliss", qui n'est autre qu'un excellent prélude au morceau "Maleficentia" qui sonne vraiment très "evil" et très mélodique à la fois. Enfin... dans l'ensemble, je crois qu'on peut parler d'un vrai petit chef-d'uvre!
RNO
http://www.melancholia-records.com
MISANTHROPIC
" Soulreaver "
CD 82/100
Death Metal
Germany
Pas vraiment ce à quoi je m'attendais... Composé entre autre d'anciens membres de Nocte Obducta et d'Agathodaimon, je pensais que " Soulreaver " allait nous décharger une nouvelle dose de Black Metal germanique Rien de tout ça pourtant ; Misanthropic ne montre d'ailleurs que peu d'affinités avec le Black Metal. Signé sur Xtreemmusic (le label de Dave Rotten - Avulsed), " Soulreaver " ne délivre pas non plus le old-school Death Metal à gros relents américains qui composait jadis la quasi-totalité du catalogue de Repulse Rec. (l'ancien label de Dave). Misanthropic, en fait, délivre un Death Metal à la fois puissant et mélodique. Après quelques écoutes, j'en arrive à la conclusion que ce " Soulreaver " est vraiment bien foutu. La plupart des titres offrent des parties mélodiques très accrocheuses sans qu'une quelconque influence N.W.O.S.D.M. ne se fasse sentir et malgré la présence de parties de synthé discrètes, c'est principalement au niveau de la manière dont les titres sont construits que l'on retrouve l'origine des mélodies. Par certains aspects, Misanthropic se rapproche plus d'Hypocrisy ayant rencontré Centinex. Des titres aussi bien foutus que " Restless Life ", " Admission Free " ou le superbe " Living You " ne peuvent que convaincre les amateurs de Heavy Death Metal mélodique. Une excellente surprise !
Georges
MUTIILATION
" Majestas Leprosus "
CD 86/100
France
Artisan parmi les artisans du true black metal, colporteur de maladies terribles telles que la peste, le choléra, ou le scorbut, que l'on croyait rayées de la surface du globe, grand héritier de l'esprit bourru de nos ancêtres moyenâgeux et de la tendance séculaire des infâmes à pratiquer la magie noire, voilà Meyhna'ch (ne me demandez pas de prononcer ce nom) et sa créature Mutiilation, à l'origine d'une nouvelle toile de terreur et de sang, peinte de pigments ardents et scintillant comme des braises. Afin d'éviter des redites interminables on ne citera pas les influences de M. Meyhna'ch, sachez juste qu'il suffit pour cela de prendre les premières productions de la scène black, les vraies, les plus intègres, celles dont les marques au fer blanc suintent encore à l'heure actuelle leur poison. Le fléau Mutiilation prend un malin plaisir à se propager par le biais d'une production pour le moins économe et donc parfaite, des guitares ignobles comme un chant morbide et crasseux jailli du fond des grottes. Mutiilation a le sens de la mélodie entendons-nous : Mutiilation sait faire cracher un distillat de l'enfer à ses instruments et passer sa partition désenchantée sous le bat d'une rythmique acharnée. Vous cherchez l'esprit true black ? il est là, très précisément, consumé dans les vocalises sans retenue de Meyhna'ch, un son réellement caverneux et des riffs à réveiller les morts. Mutiilation porte décidément très haut et brillamment l'étendard de la corruption : une catastrophe pour la vie, une célébration pour le black metal.
Satha
NAER
MATARON "River at Dash Scalding"
CD 77/100
Grèce
Black brutal
Troisième album pour le trio grec qui a sorti, pour fêter ça, ses plus belles couleurs de guerre du placard à rimmel A l'image de leurs haches apprêtées avec professionnalisme pour les photos promo, et bien sûr des maquillages qui une fois de plus ressemblent à des peintures conceptuelles, voilà un black metal plutôt bien carrossé, aux reflets d'un noir éclatant. D'emblée, " Up from the Ashes " (1998), le premier opus, semble très loin. Naer Mataron a depuis cette époque radicalement durci le ton et plongé ses instruments dans un bain de plomb en fusion. Forts d'un nouveau batteur adepte des pointes de vitesse (étonnant ?), nos amis grecs abattent ici 13 cartes de rage bouillonnante, de riffs tordus et douloureux, hurlent et se débattent si bien qu'on finit par se laisser convaincre que la haine, c'est quand même toujours sympa quand c'est bien mis en valeur. Le groupe s'est offert en outre la participation de MZ-412, projet indus-sataniste d'un certain Mr. Nordvargr, certainement quelqu'un de bien vu son joli nom. Nordvargr qui amène donc de son côté quelques percussions massives et ambiances du 36e dessous, qui ne font que noircir un peu plus le tableau déjà bien enténébré de " River at ". Une fois de plus, et c'est une plaie d'une certaine frange du black actuel, on aura beau chercher de l'originalité non, décidément, y en a pas. Il reste cependant ce quelque chose de très soigné et sale à la fois, cette obscurité sans concession et ce côté volcanique piquant dirons-nous. Un autre éclat, assez attirant, de l'agression sonore.
Satha
http://www.black-lotus-recs.com / Rock Inc.
OBLOMOV
"Wishing the renaissance"
Demo CD-R 75/100
Melodic black doom death metal
Tchèquoslovaquie
Deuxième démo pour Oblomov, groupe de quatre jeunes gens aux cheveux longs vivant prés de Prague et dévoués à un style de metal communément appelé melodic black doom death metal, ce qui en soi ne veut rien dire et se trouve être une ouverture vers pas mal de potentialités musicales (et autant d'ornières dans lesquelles se perdre). Oblomov définit ce style à sa façon, à travers de fréquentes et insistantes lignes mélodiques tissées à la guitare (très marquantes et réussies sur Disintroharmony, le morceau d'ouverture) et des flambées symphoniques sur la base d'un clavier qui permet au groupe de s'échapper un peu de structures death-black pas toujours convaincantes, et qui gagneraient à s'affirmer. Les morceaux se renouvellent régulièrement mais on ressent parfois une certaine uniformité, notamment dans les parties de batterie parfois trop linéaires, lesquelles se répètent de loin en loin sur chacune des quatre pistes. Cependant Oblomov finit toujours par retomber sur ses pattes pour un nouveau sursaut mélodique et rien ne les empêche de se lâcher dans des plans plus progressifs, où les musiciens s'expriment joyeusement sur leur instruments - quelques bouffées d'air frais qui dévoilent encore un autre visage de la formation. Il reste que cette demo possède de bons atouts et des passages épiques convaincants. Oblomov pourrait dans l'avenir choisir plus franchement sa voix : entre progressif, doom, death ou black metal, et surtout cette constante vigueur mélodique, la voie est largement ouverte !
Satha
OLC
SINNSIR "The throne of dead emotions"
CD 73 / 100
Black Metal
France
Le nom du groupe est original, on ne peut pas en dire autant du titre de l'album. Enième production Oaken Shield, subdivision de Adipocere records, Olc Sinnsir semble vouloir jouer au plus méchant, au plus misanthrope, au plus désespéré. Ténébreux, veuf, inconsolé devant l'éternel, le groupe joue un Black extrêmement noir aux riffs chargés de haine et d'une pesante mélancolie, les deux se complétant fort bien. Là-dessus rien à redire, c'est même assez plaisant. Les paroles sont déclinées en français et anglais et traitent de thèmes tellement usés qu'on se demande encore comment les groupes font pour bien vouloir se les approprier encore. Mais allons, ne soyons pas trop durs ; après tout, il ne s'agit pas de pop-rock. Le seul problème des paroles en français, c'est qu'elles exigent tout de même une certaine cohérence et de la maîtrise Dans le cas présent, elles m'ont parfois bien fait rire, je ne suis sans doute pas assez veuf et inconsolé pour apprécier. Bref, en dehors de ces défauts, l'album se révèle très brutal, intense et assez spontané, c'est-à-dire qu'il pêche quand même par manque d'originalité mais qu'il compense par la noirceur affirmée de son univers. Pour les influences, on pourrait évoquer la facette la plus violente et tragique d'un Anorexia Nervosa, mais ne cherchez pas l'aspect symphonique, il est ici consumé au profit de riffs crépitants et d'un blastbeat absolument chaotique. Allez, pour le plaisir : " tendez vos poignets vers ces lames froides comme nos rêves ".
Satha
PAGANIZER
"Murder Death Kill"
CD 80/100
Death Metal
Sweden
Si je ne me trompe pas, " Murder Death Kill " est déjà le quatrième album des Suédois de Paganizer (en un peu plus de quatre ans, c'est pas trop mal !). Si vous avez aimé le précédent " Dead Unburied " (sur Forever Underground et chroniqué dans ces pages), vous ne pourrez qu'apprécier ce nouvel opus. La production et le mix (Talarzcyk et Swanö) sont d'un niveau supérieur et rehaussent encore un peu plus le potentiel de Paganizer. En ce qui concerne le style, il n'y a vraiment rien de changé sous le soleil de Suède... " Murder Death Kill " délivre neuf titres de Death Metal façon Swedish old-school. On en est à se demander si le revival de la première vague du Death Metal suédois ne devient pas également un phénomène de mode. Rien que ces derniers mois, on a vu sortir des albums de Bloodbath, Grave, Kaamos, Immersed In Blood... et quelques sorties démo de 9th Plague ou Strangulation attestent déjà que le phénomène n'est pas prêt de s'arrêter en si bon chemin. On se croirait revenu à la glorieuse époque des Nihilist, Evocation (que les fans du genre essayent de se procurer la démo de se groupe !), Afflicted et autres Deformity ou Repugnance. " Murder Death Kill " n'est pas original pour un sou ; c'est basique et primaire mais quand c'est bien pensé et exécuté comme c'est le cas sur les 9 plages de cet album, l'originalité est une qualité tout à fait dispensable et le plaisir immédiat que l'on éprouve à l'écoute de titres tels que " Crowl To The Cross ", " Mourning Life " et " Dead Souls " suffit largement. Encore !!!
Georges
RISING
MOON "Promo 2003"
demo 79/100
Melodic Death Metal
Italy
J'avais quitté Rising Moon en 2001, juste après la sortie du mini album " European Aliens " et le moins que l'on puisse dire, c'est que je le retrouve un album et une promo plus tard exactement dans les mêmes dispositions qu'il y a deux ans. Ce qui m'avait le plus surpris et qui continue de m'étonner, c'est en fait le pays d'origine de ce groupe. Ils ont beau composer et jouer un Death plus suédois que les meilleurs groupes suédois, Rising Moon nous vient quand-même d'Italie et sauf erreur de ma part, l'Italie n'a jamais été un berceau de la N.W.O.S.D.M. Les trois premiers titres de cette nouvelle promo vont sans aucun doute émerveiller les fans d'At The Gates et autres In Flames et Dark Tranquility ; duo de guitares, rythmique puissante, multiples changements de rythmes, vocaux gutturaux hurlés à pleins poumons tout y est ! Le quatrième titre, " Almost Insignifiant ", qui devrait également être la plage titulaire du prochain opus (déjà le quatrième), sonne différemment. Le rythme y est plus lourd, plus poussif c'est un peu plus original, mais c'est aussi le titre le plus mou, le moins intéressant de cette nouvelle promo. Le problème majeur pour Rising Moon est à mon sens de ne pas avoir percé lors de la sortie de son premier ou deuxième album. A l'heure actuelle, et au vu de la multitude de groupes officiant dans le même registre, Rising Moon risque de passer inaperçu. Centinex et Unleashed sont parvenus après de multiples déboires et de nombreux albums à devenir une valeur sure de la scène Death Metal européenne Rising Moon pourrait à force d'abnégation et de volonté suivre le même chemin.
Georges
SHADOW
SEASON "The Frozen"
MCD 80 / 100
Dark Black Metal
Norvège
Quelques stars ont été réunies pour ce projet où l'on retrouve en invités autour des membres fondateurs Winter et Void, Sanrabb de Gehenna et Dolgar de Forlorn aux vocaux, mais surtout l'illustre Trym derrière les fûts, où il s'acquitte une fois de plus parfaitement de sa tâche. Musicalement, " The Frozen " fusionne des sonorités Black pour les riffs et Death, notamment au niveau des voix plutôt gutturales, tandis qu'un violon se dépose parfois en nappes plus volatiles pour alléger la sauce et lui donner un côté plus émotionnel (" Phantom in the Glass "). Par exemple, le morceau " Cataclysmic Ancient Illusion " débute sur un beau moment de Black brutal avant d'aller vers des horizons plus Death et de se replier sur lui-même dans une implosion Dark Metal, puis de repartir pour une nouvelle accélération. Ainsi, le groupe conserve toujours son aura de violence tout en variant ses moyens d'expression et en profitant d'un son conséquent. Les quatre morceaux ont été travaillés et cela se sent. " The Frozen " dégage une ambiance glauque à souhait et peut se montrer d'une brutalité implacable (" Frozen "). On pourrait regretter que les musiciens ne soient pas allés plus loin malgré les moyens qui s'offraient à eux afin de nous gratifier d'une mixture musicale plus dérangeante et extrême ; l'effort est déjà louable et mériterait plus de prises de risque. Un album devrait voir le jour l'année prochaine, à surveiller donc, en espérant qu'une bonne claque sera donnée au style.
Satha
http://www.soundriot.net / Rock Inc.
SOZIEDAD
ALKOHOLIKA "Tiempos Oscuros"
CD 58/100
Hardcore Metal Hispanique
Espagne
Formation hargneuse de Metal Hardcore existante depuis trois années, Soziedad Alkoholica tente une percée hors Espagne avec ces treize plages entièrement beuglées, voire parfois meuglées, dans sa langue natale. Et ceci grâce à l'aide et au support que leur prodigue leur présent label dévoué et originaire de Madrid - j'ai nommé Locomotive Music (pour informations, le site web dont l'adresse est inscrite à la fin de cette chronique mais il vous est nécessaire de posséder quelques notions en langue hispanique). Après une entrée en matière (la première plage de cet album au même nom que l'album "Tiempos Oscuros") presque mélodique et entêtante (le reste n'étant malheureusement pas aussi riche), aux arrangements marquants, s'enchaînent des morceaux variés (de par leur construction, bien qu'un sentiment d'homogénéité ennuyeuse transparaît dès la première écoute), aux tempos plutôt rapides. Les riffs, peu originaux - précisons-le - car pris et repris maintes fois par nombre de formations, sont cependant puissants (influencés par un style bien plus Metal que Hardcore). Nous pouvons dès lors supposer que leur musique prend toute sa dimension sur scène, car idéale pour pogotter à l'ancienne (préférable à un "jump" totalement inoffensif et surtout inadapté pour ce genre musical). Le point fort cependant : une production claire et propre, rendant l'ensemble plus qu'audible. A conseiller à tout fan de Hardcore souhaitant agrémenter sa discothèque d'un album de plus
Ph.
http://www.locomotivemusic.com / Rock Inc.
STURM
"Fragmente"
CD 50/100
Generic Electro Metal
Germany
A force de mélanger les genres pour obtenir un brin d'originalité, certains groupes frôlent le n'importe quoi. Sturm nous balance un zeste de Metal, un soupçon de Hardcore, du Metal industriel, du Neo Metal et un chant qui passe par tous les tons possibles mais rarement avec succès. Et si la langue allemande apporte un plus chez des Rammstein, In Extremo, Die Apokaliptische Reiter et autres Dritte Wahl, ce n'est pas le cas ici, car le chanteur ne semble pas toujours hyper professionnel et frise de temps en temps (quel euphémisme!) le ridicule, d'autant qu'il est impossible d'identifier le style auquel se réfère le groupe. Pour être honnête, il faut admettre que certains passages musicaux sont assez intéressants, bien joués et bien produits. Mais la recherche de l'originalité pour l'originalité gâche souvent les efforts consentis et si le style peut parfois laisser perplexe, c'est généralement au chanteur qu'incombe la responsabilité du naufrage. S'ils en étaient à leur coup d'essai, il nous serait encore permis d'espérer, mais après au moins trois albums, la situation est plus que critique... A croire que le groupe répète chez le chanteur et qu'il leur fait une petite gâterie après coup!
Steph
http://www.sod-rec.de / Pitchfork Promotion
VARIOUS
"Face Your Underground Vol. I"
CD 80/100
Death Metal
Belgium
Avant tout, un grand bravo à nos amis de Deathmetal.be. En quelques mois, l'e-zine belge s'est construit une réputation plus qu'enviable sur la scène nationale. Non content de promouvoir l'underground belge via le site www.deathmetal.be, le zine vient de sortir une compilation de plus de vingt titres reprenant une grosse partie de notre scène underground. On ne peut que se féliciter du niveau d'ensemble et si on garde à l'esprit que les groupes aussi importants qu'Ancient Rites, Enthroned, Panchrysia et Oceans Of Sadness ne sont pas présents sur cette compil, on peut être fier de notre production nationale. Contrairement à nos voisins, qu'ils soient du nord, du sud ou de l'est, le public belge a souvent tendance à considérer que ce qui se fait ailleurs est plus intéressant que ce qui se crée chez nous. Les Allemands ne jurent que par leur scène nationale, les Français crient au génie dés qu'un de leur groupe sort un CD moyen et nos amis néerlandais ont une telle production qu'ils semblent souvent se désintéresser de ce qui peut se faire ailleurs qu'aux Pays-Bas. Très franchement à l'écoute des 21 titres de cet album, il n'y a aucun complexe à nourrir par rapport à nos voisins. Aborted, Ill Fares The Land, Orchrist, Disown, Solipsist, Endor, Welkin, Culpable Homicide, Serial Butcher, In Quest, Fleshmould, Demonizer, Leng Tch E, Aeons Of Old, Suhrim, Shadows Veil, Axamenta, Mortifer, Gorath et Urzamoth ont tous de quoi vous faire vibrer et pour seulement 5 euros, il serait stupide de s'en priver.
Georges
SINGLE
BULLET THEORY " Route 666 "
CD 81/100
Modern Death
U.S.A.
La première bonne nouvelle de cet album est la présence de James Murphy au mixage final. Non pas que le talent studio de J. Murphy soit un gage de qualité, mais le fait de le retrouver crédité sur la pochette de " Route 666 ", atteste que l'état de santé du guitariste temporaire de Death, Testament ou Disincarnate évolue favorablement. Single Bullet Theory semblait absolument vouloir la présence de Murphy pour le mixe final de leur premier album et c'est donc assez logiquement que les parties de guitare sont particulièrement bien mises en évidence sur ce " Route 666 ". Les dix titres de l'album proposent une musique aux sonorités très éclectiques à un death metal de base, on associe de nombreuses et multiples touches thrash, le tout couplé à un environnement parfois plus 'moderne'. Pantera, Machine Head, Soilwork,Meshuggah, Konkhra, Obituary, The Defaced sont des noms qui viennent à l'esprit à l'écoute de Single Bullet Theory. Au niveau vocal, on alterne des parties hurlées à des passages ultra gutturaux, le tout toujours en corrélation avec la ligne musicale proposée. Single Bullet Theory apparaît un peu comme un vrai caméléon musical qui a l'intelligence de marier les différents styles qui l'inspirent.
Georges
SKINLESS
" From Sacrifice to Survival "
CD 90/100
Brutal Death Metal
USA
Je pense que cet album était attendu avec impatience suite à l'excellent et précédent album " Foreshadowing Our Demise ". Cependant, je pense que ce nouvel opus risque de surprendre plus d'un fan de Skinless Skinless est toujours Skinless, mais cet album marque réellement un tournant, ou du moins un changement, dans la carrière du groupe. On retrouve les principaux éléments qui ont rendu " Progression towards Evil " et " Foreshadowing our Demise " si mémorables, à savoir les puissantes parties Mosh, les plans plus groovy et bien sûr les blast beats, mais c'est l'ajout de nouveau éléments qui peut paraître déstabilisant. Les parties plus " musical " peuvent parfois faire penser à Wicked Innocence sur l'album " Worship ". La batterie est également différente, désormais plus proche d'Origin, donc plus technique, ce qui plutôt un bon point. En fait, " From Sacrifice to Survival " est un album plutôt contrasté et les exemples sont nombreux, comme le fait d'avoir placé une sorte d'interlude instrumental plutôt calme juste après le titre " Deathwork ", plus proche de ce que donnait Skinless il y a quelques années Au final, je pense qu'il faut pas mal de recul et plusieurs écoutes pour réellement apprécier cet album, et ne pas rester fixé sur " Foreshadowing " en espérant une suite logique. Un très bon album
Kaigan
STUBORA
"What We See Is Not What We Wanna See"
self-produced CD 77/100
Metal/Hardcore
France
Apparemment insatisfaits de leurs cônes et bâtonnets (entre autres...), les Stubora nous reviennent avec un album qui exprime leur révolte face aux trop nombreuses injustices de ce monde. "Encore un" me direz-vous... Pourtant, à l'écoute de ce nouvel opus (qui a tout de même mis cinq longues années à voir la lumière du jour), on se rend compte que la démarche des français n'est pas nécessairement des plus banales. En effet, si le contenu donne l'impression d'être parsemé de clichés, la musicalité de l'ensemble relève immédiatement le niveau et octroie à nos jeunes amis une force de conviction jusqu'alors cachée, voire carrément oubliée... Cela dit, si leur hargne a su les mener vers de tels rivages, c'est aussi parce qu'elle a été secondée par un profond désir d'aboutir... Mais ne nous méprenons pas! Malgré cette pseudo-facilité, on devine que le groupe a tout de même du faire un gros travail de retouche afin de ne pas se perdre à mi-chemin entre violence et émotion... Et c'est tout en leur honneur, car ils auraient aussi bien pu se laisser aller sans réfléchir plus loin que le bout de leur nez... Résultat: dix titres ravageurs, chargés d'adrénaline et bien plus; de quoi se faire dévisser la tête dans le moshpit. A nous désormais de faire monter les enchères...
RNO
http://www.stubora.com / Manitou Promotion
SVARTSYN
"Destruction of man"
CD 75 / 100
Evil Black Metal
Suède
Présents depuis 1991 dans la scène Black Metal, et ayant donc assisté à la genèse du style, Svartsyn débarque avec un nouvel opus hargneux et particulièrement malsain. " Destruction of Man " ambitieux programme qui semble toujours autant faire rêver nos amis Black Metalleux, décidément pas prés d'abandonner leurs projets nihilistes. Tant mieux. Composé de seulement deux membres, dont l'ex-batteur de Dark Funeral, Draugen, le groupe développe une musique forcément obscure et agressive, mais avec toutefois ce petit quelque chose qui fait l'identité d'un groupe. Les morceaux ne se contentent pas d'être un alignement de riffs sans saveur ; ici les structures évoluent avec vivacité au-dessus d'un gouffre béant. La batterie construit une base rapide et, il faut le reconnaître, entraînante, sur laquelle se plaque un riffing parfois inventif et qui peut sonner Heavy, mais ne vous détrompez pas, c'est bien de Black Metal primitif dont il s'agit et les écarts restent minimes. Véritables tempêtes électriques, les morceaux évoquent une fois de plus la colère des démons et de leur maître cornu, une source d'inspiration un peu usée à laquelle on ne prête même plus attention à la longue. Ce qui compte c'est l'énergie négative qui parcourt cet album, même si elle s'épuise peut-être un peu sur la distance, à défaut de se renouveler. Nécessite une écoute pour en juger.
Satha
TAINE
" Cealalta Parte " + " Promo2003 "
demo CD-R 76/100
Strange metal
Roumanie
Passons sur les huit premiers titres de cette promo. Enregistrés, il y a plus de cinq ans, ils ne servent qu'à attester de l'évolution du groupe et de sa plus grande maturité. Les quatre dernières plages démontrent le son actuel de ce Taine venu de Roumanie. Si vous êtes à la recherche d'un metal original, je suis persuadé que Taine sera pour vous une découverte assez excitante. Le groupe sort très régulièrement des sentiers battus et je suis relativement embêté de devoir l'inclure dans une catégorie bien spécifique. Il faut bien commencer quelque part, donc sans prendre trop de risques, je dirai que c'est du métal avec parfois quelques touches death thrash, parfois une ambiance plus moderne, plus nu metal industriel. On peut également déceler une approche assez étrange (sorte de déferlante peu conventionnelle propre au grind ou au jazz). C'est ça et rien de tout ça aussi, car Taine cherche principalement à définir son propre style, à imposer ses propres structures musicales assez loin des règles habituelles des différents genres qui composent le metal actuel. J'en arrive au bout de cette chronique et je ne suis vraiment pas certain qu'elle vous aura donné une meilleure idée de la musique composée par Taine. Le plus surprenant est de retrouver une reprise (hommage ?) assez fidèle de " The Philosopher " de Death (Chuldiner était vraiment un compositeur exceptionnel mais ça vous le saviez déjà).
Georges
TAO
MENIZOO "Tao Menizoo"
digipack CD 83/100
Polymorphic Metal
France
Partagé entre de nombreux courants qui ne se recoupent pas toujours automatiquement, le Metal moderne semble malgré tout offrir aux esprits créatifs un plus large terrain de jeu qui leur permet de s'épanouir sans avoir affaire à des restrictions imposées par les esprits forts du commerce. Ainsi, parmi les fervents amateurs de cette liberté enfin réacquise, nous retrouvons des groupes comme Tao Menizoo; des groupes qui n'ont pas froid aux yeux et qui ne lésinent pas sur le panachage. Et malgré ce que l'on pourrait croire, ces groupes ne sont pas nécessairement ceux qui sonnent le plus "patchwork" au final. Tao Menizoo fait d'ailleurs preuve d'une cohérence plus qu'honnête et ce, à tous niveaux. Faut-il s'exalter pour autant? La réponse est oui... Oui, car nos quatre metalheadz français ont tout de même réussi à se rapprocher très fort d'un style qui est quasiment exempt de plans "déjà-vu" sans que celui-ci sonne comme une vulgaire fumisterie issue de l'esprit de cabochards fanas d'expérimentations en tous genres. Cela dit sans vouloir froisser les amateurs d'expérimental, cela va de soi... L'album, autoproduit, compte bien onze morceaux, les uns plus "spéciaux" que les autres. Une touche d'Indus bien lourd vient également enfreindre les règles pour le plaisir des oreilles sensibles aux chatouillis bio-mécaniques... Il y a bien des traces de S.U.P. dans tout ça, mais je pense que Tao Menizoo veut nous surprendre encore plus que les frères Loez... A suivre en tout cas...
RNO
http://www.taomenizoo.fr.st / Hardebaran
THROCULT
" Soldiers Of A Blackened War "
CD 84/100
Black Death Metal
U.S.A.
Groupe américain qui m'était jusqu'ici totalement inconnu, Throcult attérit sur mon lecteur cd avec un superbe " Soldiers Of A Blackened War ". On comprend mieux à l'écoute de ce premier album pour quoi Crash Music a directement proposé un contrat de trois albums à ce groupe débarqué de son Colorado natal. Les six titres (accompagné de la traditionnelle et inutile intro) proposent un mélange somme toute original d'éléments de black et de death metal. La formule est connue et archi connue toute la question est de savoir si Throcult a su insuffler son propre souffle à ce mélange détonnant. La réponse dépasse largement les espérances habituelles d'un premier album. Les titres " Dark Cloud Holocaust ", " Salem ", " Eclipse Of The Blood Moon " ou " Kill Or Be Killed " (ces trois derniers font l'objet d'une version vidéo) délivrent en plus d'un excellent mélange de fureur black death, une petite touche personnelle qui tient autant de la qualité de composition de Throcult que de l'apport de parties de synthé complètement intégrées à la musique du groupe. Cet album est très bon, assez original et donc franchement supérieur à la moyenne.
Georges
TOTAL
DEVASTATION "Roadmap Of Pain"
CD 84/100
Industriel/Hardcore/Hardcore Metal
Finlande
La surprise, cette bombe nommée "Roadmap Of Pain" (véritable carte routière de la douleur !!!), nous vient tout droit de Finlande. Avis à ceux qui s'étaient désintéressés de l'Indus Metal, Total Devastation est là pour vous réconcilier avec ce style que nous avions cru perdu. Pouvant Rappeler parfois de façon trompeuse Static X en beaucoup plus construit, plus accrocheur et beaucoup plus brutal (autant dire que nous sommes très loin du Wayne Static Band), pour exemple le titre "I Am God", les compositions sont de savantes et intéressantes combinaisons d'agressivité, de hargne, de mélodies et de courts moments d'accalmie. Laissez-vous emporter par cette vague atmosphérique si entraînante et dangereuse (l'entrée en matière de "Production Peak"), ces breaks d'une violence extrême tel les derniers instants de "Fragments", ces rythmes lourds et hypnotiques appuyés par une basse inlassable et inassouvie, ce chant extrême situé entre le Hardcore, le Death et le Black qui tente de nous anesthésier Laissez-vous envahir par ces nappes synthétiques légères et aliénantes S'enchaînent alors passages Hardcore, Death ou Indus pur et dur, et ce pour plus de 45 minutes. Total Devastation, jeune groupe plein d'avenir - formé seulement en 1998 - s'impose avec cet opus original et novateur comme le chef de file du Metal Indus, car sans tomber dans aucune facilité ou le déjà-vu, le mariage entre tant de style est fait à la perfection, la production frôlant de plus de très près l'excellence Un deuxième album est, nous a-t-on dit, déjà en préparation.
Ph.
WACO
JESUS " Filth "
CD 81/100
Brutal Death Metal
USA
Second album de Waco Jesus, toujours avec une pochette aussi crade mais quand même moins extrême que celle du précédent ; sûrement parce que le groupe est désormais signé sur Morbid Records. Ce nouvel album contient 10 titres pour 25 minutes, ce qui est plutôt court pour un album. Mais je pense que si " Filth " avait duré quelque chose comme 35 ou 40 minutes, il serait rapidement devenu lassant. Musicalement, " Filth " reste assez proche du précédent album " Destruction of Commercial Scum ", donc assez proche de Lividity, mais désormais un peu plus groovy avec des rythmiques un peu plus catchy qui peuvent faire penser à ce que faisait Dying Fetus sur " Purification Through Violence ", voire Suffocation sur certains points. Un album court, certes, mais néanmoins intense et bien brutal qui aurait sûrement valu plus le coup s'il était sortit en format Mcd qui aurait justifié les 25 minutes.
Kaigan
YORBLIND
"Yorblind "
demo CD-R 79/100
Melodic Death Metal
France
Première production d'un groupe français (venant de la région parisienne, si je ne me trompe pas), " Yorblind " propose un Death Metal à fort penchant mélodique. Première expérience studio, les cinq titres de " Yorblind " renferment les qualités et les défauts de bon nombre de premières auto-productions. De qualité inégale, certains titres sont beaucoup mieux construits que d'autres. " Rejection ", " Garden Devil " et " Place Of Death " sortent vraiment du lot mais nous donnent l'impression que les autres titres sont là pour faire nombre. Musicalement, Yorblind se rapproche de la N.W.S.D.M. (Dark Tranquility, Sacrilege ou In Flames) couplé avec quelques environnements plus Thrash (Soilwork, The Defaced), le tout relevé par des vocaux et des changements de rythmes dignes du " Heartwork " de Carcass. Il y a énormément de groupes évoluant dans ce registre musical et il sera difficile de se faire une place au soleil. Cela étant, Yorblind ne se contente pas de reprendre les recettes éculées, vu que le groupe tente d'apporter sa propre touche à un Death mélodique de base. Qui plus est, et malgré quelques passages plus hésitants, Yorblind semble posséder un réel potentiel qui ne pourra que se développer avec le temps. Déjà une bonne démo et je reste persuadé que le meilleur reste à venir...
Georges
http://membres.lycos.fr/yorblind
YOUR
SHAPELESS BEAUTY "My swan song"
CD 84/100
France
Dark death black
Your Shapeless Beauty fait partie des groupes phares de la scène metal française, un quintet qui travaille sa petite mixture musicale dans son coin et affirme au fil du temps un style de plus en plus personnel. Les horizons black du début se sont un peu délayés dans des compositions désormais moins disparates, plus denses et aidées par un son cette fois-ci à la hauteur. Your Shapeless a su toutefois garder au cours de sa mutation les sonorités qui font son identité et sa cohérence artistique, avant tout des mélodies aisément reconnaissables et l'adjonction de passages dark-ambient. Les volutes des instruments à cordes viennent y enlacer les échardes des guitares pour des plans qui visent avant tout à transmettre des émotions, qu'elles soient obscures et désespérées ou tout simplement belles. Les morceaux évoluent de façon logique, partagés entre des passages rapides où l'agressivité reste toujours au service de la mélodie, et des plongées dans l'univers qui forme le visage progressif du groupe, des interstices musicaux qui visent à définir plus en profondeur l'âme de cette musique. L'ensemble reste bien metal et la technique des musiciens est excellente, notamment au niveau de la batterie et de la double pédale. Tout l'art de nos français consiste bien à suspendre de loin en loin leur musique dans les airs après avoir pris un bel élan plein de distorsion ; c'est alors que la musique devient délectable : les notes ne touchent plus le sol, et ce ballet sonore donne une nouvelle image d'un metal moderne et de qualité.
Satha
YWOLF
"Night of the Werewolf"
CD 57/100
Atmosphérique soporifique
Hongrie
Je n'ai rien contre la musique atmosphérique, au contraire cela a fait partie des arguments qui m'ont projeté dans le black : ces ambiances moyenâgeuses, fantastiques, qui étaient comme une porte ouverte vers l'univers dont je rêvais, m'ont toujours accroché. Mais ici Night of the Werewolf donne trop l'impression d'assister à une succession d'intro-outro insipides comme on en trouve très souvent dans les albums de metal. S'il n'y avait que ça car Ywolf aligne aussi avec une candeur presque touchante des poncifs médiévaux agaçants (bruits de cloches, etc) et a bien du mal à approfondir ses atmosphères au-delà de la simple représentation d'un univers médiéval de surface. Beaucoup de sons présents sur cet album sont, à mon goût, d'une qualité très médiocre et ce n'est pas un moindre souci. Lorsque l'on fait de l'atmosphérique, autant faire un effort sur les textures sonores bon sang ! car ici on a souvent droit à de l'analogique sans relief, sonnant comme du Bontempi pour premier âge. Non décidément, ces pistes instrumentales accompagnées de quelques grognements narratifs m'ont globalement laissé de marbre, malgré quelques timides et sporadiques réussites, et ce n'est certainement pas le remix " indus " dansant (hum) en clôture de l'album, assez ridicule, qui redorera le blason de Ywolf. Je ne saurais trop conseiller de privilégier des groupes tels que le génial Dargaard par exemple, à côté desquels Ywolf fait pâle figure. Ses paysages sont trop superficiels, trop artificiels. Tout au plus une musique d'ambiance pour boutique de jeux de rôles et de plateaux, qui plaira peut-être aux amateurs de ces deux univers.
Satha
ZERO
CIPHER "45 Minutes of Fairy Tale Endings/45 rpm"
2CD 65/100
Neo/Hardcore Metal
UK
Cet ensemble double CD permet à l'auditeur de découvrir Zero Cipher au travers de leur démo autoproduite trois titres "45 rpm" (sortie en 2001) et de leur nouvel album intitulé "45 Minutes of Fairy Tale Endings " (crû 2003). Un avant-goût nous est livré avec ce premier enregistrement cité - produit par Duncan Cipher lui-même (Guitares/Chant) - : des compositions mid-tempo, durant lesquelles s'alternent chant clair et chant saturé (un quelconque effet serait-il d'ailleurs utilisé ?), accompagnés de riffs Hardcore quelque peu basiques le tout étant de plus assorti de scratchs et samples judicieusement placés. Reproches majeurs liés à ce premier opus : la simplicité des mélodies et des arrangements, ainsi qu'une production brute (en particulier, une batterie beaucoup trop en avant avec un son de caisse claire presque insupportable). Nouveau Line-Up pour ces 18 titres dans une veine Neo/Hardcore Metal, riches en harmonies diverses et (trop) variées Remarquons que si l'album est dans la même lignée que la démo (même style, même producteur), les arrangements sont tout de même de bien meilleure qualité - l'utilisation d'instruments autres, tels que violons et violoncelles apportant une contribution non négligeable. Zero Cipher nage malgré tout dans un registre original, l'hétérogénéité des plages présentées étant un plus indéniable.
Ph.